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tyran

tyran

nom, masculin · /tiʁɑ̃/

Usage : d'usage courant (6.50 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Personne qui exerce un pouvoir absolu et oppressif, sans se soucier des lois ni des droits d'autrui.

    Le tyran a fait taire toute opposition par la terreur.

    Synonymes : despote, dictateur.

    « Je ne fus plus cet homme malhonnête et tyran, qui voulais sacrifier tous mes amis à mon ambition et à mon caprice ; on ne parla dans la conversation que de la tendresse qu'on avait pour moi »Cardinal de Retz (1613-1679)

    « Les grands le traitaient de tyran [Louis XI], parce qu'il ne leur permettait pas de l'être »Charles Pinot Duclos (1704-1772)

  2. Personne qui impose sa volonté de façon autoritaire et abusive à son entourage.

    Au bureau, c'est un vrai tyran qui impose ses caprices à tous.

    Synonyme : despote.

    « Ne se contentant pas de faire le petit tyran dans une fête »Antoine Hamilton (1646-1720)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Grammaire et formes (2)
  • tyrans : pluriel · /tiʁɑ̃/
  • tyran : singulier · /tiʁɑ̃/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 6 sens

s. m.

  1. Dans l'antiquité, parmi les Grecs, celui qui s'emparait de l'autorité souveraine sur une communauté républicaine, soit qu'il l'exerçât avec modération et douceur, soit qu'il en abusât. Pisistrate fut tyran d'Athènes.

    C'est ce qu'on appelle un tyran ; il ne fait pas le mal par le seul plaisir de le faire ; mais le mal ne lui coûte rien, toutes les fois qu'il le croit utile à l'accroissement de sa grandeurFénelon (1651-1715)

    Ce fut alors que parut une suite de souverains connus sous le nom de tyrans, parce qu'ils jouissaient d'une autorité absolueJean-Jacques Barthélemy (1716-1795)

  2. Celui qui a usurpé la puissance souveraine dans un État (sens qui a vieilli). Les trente tyrans, voy. TRENTE.

    La soif de commander enfanta des tyransBoileau (1636-1711)

    Puisqu'il [César] était tyran, il n'eut point de vertusVoltaire (1694-1778)

  3. Prince, usurpateur ou non, qui gouverne avec injustice, avec cruauté, en foulant aux pieds les lois divines et humaines.

    Aux noces d'un tyran, tout le peuple en liesse Noyait son souci dans les potsLa Fontaine (1621-1695)

    Ses yeux indifférents [de Néron] ont déjà la constance D'un tyran dans le crime endurci dès l'enfanceJean Racine (1639-1699)

  4. Par extension, il se dit de tous ceux qui tyrannisent. Il est le tyran de sa famille. C'est un tyran dans sa maison. Ce chef est un tyran pour ses subordonnés. Tyran domestique, se dit d'un homme qui tyrannise sa famille, sa maison. Il est le tyran de sa compagnie, il a pris dans sa compagnie une autorité dont il abuse. Fig. Adjectiv.

    Et donnons un tyran à ces tyrans du monde [les Romains]Pierre Corneille (1606-1684)

    Et la fuite est permise à qui fuit ses tyransJean Racine (1639-1699)

  5. Fig. Il se dit de choses dont on compare l'action à la tyrannie des hommes. L'usage est le tyran des langues, l'usage prévaut sur les règles de la grammaire.

    Secrets tyrans de ma pensée, Respect, amour, de qui les lois....Pierre Corneille (1606-1684)

    Mon Dieu ! que votre amour en vrai tyran agit !Molière (1622-1673)

  6. Oiseau du genre faucon. Genre d'oiseaux sylvains ou de passereaux de la famille des gobe-mouches.

    Le nom de tyran donné à des oiseaux doit paraître plus que bizarreBuffon (1707-1788)

Étymologie : Provenç. tiran ; catal. tirá ; espagn. tirano ; ital. tiranno ; du lat. tyrannus qui est le grec τύραννος. L'anglais dit tyrant ; c'est une orthographe qu'il a reçue de l'ancien français, et que l'ancien français, par erreur, avait adoptée, prenant ce mot pour un participe présent.

Historique : XIIe s. Et en la croix vous pendirent tyrant XIIIe s. Ne ja, pour nul desirier, [je] Ne remainrai avecque ces tirans Qui sont croisés à loier Pour dimer clers et bourjois et serjens XIVe s. Et pour ce nous ne disons pas que les tyrans soient prodiges [prodigues] Je vous deliverrai de ceste gent tirant Mesmes vont les Juifs Pietre le roy blasmant ; En derrieres de lui l'apeloient tirant XVe s. Est licite de adompter et endormir par belles paroles les oreilles du tyran Adonc marcha avant le tyrant [bourreau], qui print la royne par la main ; si la mena jusque à l'estache XVIe s. Il sembloit, qua…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 5 sens

n. m.

  1. Il se disait, chez les anciens, d’un Roi. Ultérieurement, il a été pris en mauvaise part et a désigné Celui qui avait usurpé la puissance souveraine. Les tyrans furent nombreux dans la Grèce du sixième et du cinquième siècle avant notre ère : Pisistrate fut l’un des plus célèbres.

  2. Il se dit, chez les modernes, de Celui qui exerce la puissance souveraine arbitrairement et sans contrôle.

  3. Il se dit encore de Celui qui gouverne avec injustice et sans aucun respect pour les lois divines et humaines. Ce n’est pas un roi, c’est un tyran.

  4. Il se dit figurément de Tous ceux qui abusent de leur autorité. Cet homme est le tyran de sa famille. Il est tyran dans sa maison.

  5. Fig., L’usage est le tyran des langues, En matière de langue, l’usage est souverain maître.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée tyran#62996.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.