tuyau
nom, masculin, /tɥijo/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) — Académie 1935 (6 sens)
Littré (1873)
s. m.
Petit canal de fer, de plomb, de bois, de terre cuite, etc. Tuyau de fontaine. Les tuyaux d'une conduite de gaz. Les tuyaux d'un poêle. En tuyaux d'orgue, se dit d'objets rangés à côté l'un de l'autre et dont la longueur est décroissante. Tuyau de poêle, se dit, par plaisanterie, du chapeau rond que portent les hommes.
Les pennes de la queue sont en tuyaux d'orgue comme dans le faisan, et non point toutes égales — Buffon (1707-1788)
Ouverture de la cheminée depuis le manteau jusqu'en haut. Tuyau dévoyé, tuyau de cheminée qui est détourné de la direction verticale.
Ouverture et canal d'une fosse d'aisances.
Le bout creux de la plume des oiseaux, par opposition à la tige.
Les porcs-épics, les hérissons, par les tuyaux dont ils sont couverts, semblent nous indiquer que les plumes pourraient appartenir à d'autres qu'aux oiseaux — Buffon (1707-1788)
Tige creuse du blé et de certaines plantes.
Quand le fruit de Cérès De ses tuyaux dorés enrichit nos guérets — Tristan L'Hermite (1601-1655)
Vers le Xe siècle, en même temps que les hosties étaient substituées au pain, les fidèles qui vinrent recevoir la communion, burent le vin, non plus à même le calice , mais en humant, au moyen d'un chalumeau ou tuyau, le liquide consacré — DE LABORDE
Par extension, tout ce qui a la forme d'un tuyau. Familièrement. Parler dans le tuyau de l'oreille, dire quelque chose dans le tuyau de l'oreille, parler bas, en secret à quelqu'un.
Pour sucer quelque liqueur, les lèvres servent de tuyau, et la langue sert de piston — Bossuet (1627-1704)
Gros pli cylindrique qu'on fait à du linge empesé, surtout à une garniture, à une dentelle ou bande de tulle ou de mousseline. Il y a de gros et de petits tuyaux.
Se dit de plusieurs coquilles.
Tuyau à tonnerre, synonyme de quennon.
Étymologie : Provenç. et espagn. tudel ; de l'anc. haut-allem. tûda ; dan. tûd ; holland. tuit, tuyau d'après Diez, qui rejette le lat. tubellus proposé par Ménage, à cause que tubellus n'a pu donner tudel.
Historique : XIIe s. Ci naist de la chanson et racine et tuiax [branche], Dont li chans et li dis est mirables et niaz XIIIe s. Puis qu'il [les blés] deviennent grant, et qu'il voelent monter en tuel Cil fel [ce félon, Renard].... Qui quatre des tuiax m'a tret De la destre ele et de la qeue XIVe s. Ele bouta son pié dedans le tuel de la cuisine Une cuiller d'or et un tuyau d'or à administrer et recevoir le corps N S. Prenez un tuel, et le boutez entre cuir et char, et le soufflez XVe s. J'ai veu qu'on ne souloit querir Que robes à quinze tuyaux, Larges manches et haulx chappeaux En maniere d'une clef à tue…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Tube, conduit de fer, de plomb, de fer-blanc, de terre cuite, etc. Tuyau de descente. Poser des tuyaux. Tuyau d’orgue. Tuyau de poêle. Tuyau de cheminée. Tuyau d’arrosage.
TUYAU désigne encore le Bout creux de la plume des oiseaux, de la tige de leur plume. Un tuyau de plume d’oie.
Parler dans le tuyau de l’oreille, dire quelque chose dans le tuyau de l’oreille, Parler bas, dire quelque chose en secret.
TUYAU se dit encore d’un Gros pli cylindrique qu’on fait à du linge, à une garniture de dentelle, de tulle ou de mousseline.
Il se dit, figurément et populairement, dans le langage des Courses, d’un Renseignement donné aux parieurs sur le gagnant probable.
Il se dit, par extension et populairement, de Toute sorte de renseignement qu’on dit venir de personnes bien informées. Un bon tuyau.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- tuyaux — pluriel — /tɥijo/
- tuyau — singulier — /tɥijo/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée tuyau#62939.