tuteur
nom, masculin, /tytœʁ/
Voir aussi : forme féminine tutrice
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
s. m. et f.
Celui, celle qui est chargé d'une tutelle. Tuteur officieux, celui qui est chargé de la tutelle officieuse. Tuteur ad hoc, celui qui est nommé à un mineur pour un objet déterminé. Fig. Il n'a pas besoin de tuteur, se dit d'un homme qui sait conduire ses affaires. Fig. Fig. Tuteurs des rois, s'est dit des parlements sous l'ancienne monarchie.
.... toi-même, des tiens devenu le bourreau, Au sein de ton tuteur [Cicéron] enfonças le couteau — Pierre Corneille (1606-1684)
L'abbé de Coulanges veut rendre le compte de ma tutelle ; et c'est une nécessité que ce soit aux enfants dont on a été tutrice — Mme de Sévigné (1626-1696)
Fig. Celui, celle qui protège.
Ces grands tuteurs des États [les princes]
Les souverains ne sont que les conservateurs des lois, les exécuteurs de la justice, les pères et les tuteurs du peuple — Fénelon (1651-1715)
Terme de jardinage. Bâton contre lequel on attache une plante faible, tortue ou mal dirigée, qu'on veut soutenir ou redresser. Corset tuteur, sorte d'enveloppe solide, en bois, en fer, qu'on met autour d'un jeune arbre pour le protéger dans sa croissance.
Les quenouilles du maïs étant destinées à servir de tuteurs ou de rames au légume grimpant — Chateaubriand (1768-1848)
Étymologie : Provenç. tuaire, tuador ; du lat. tutatorem, protecteur, de tutari, protéger (tutor aurait donné ture). En provençal tuaire, en français tutere est le nominatif, de tutátor ; tuador, tuteur, est le régime, de tutatórem. C'est de tuteur, maître de pension, que vient l'anglais tutor, précepteur.
Historique : XIIIe s. Cil qui est tuteres por enfans sousaagiés, n'est pas tenus à fere les besongnes des enfans à son coust Doner tutors as orfelins qui n'en ont point XIVe s. Or est terre mere et nourrice De toutes choses, et tutrice Madame Aliz de Partenay, tutreisse desdiz heritiers XVe s. Tuteur d'enfans [celui qui les tient en pension] XVIe s. La deesse tutrice de cette amoureuse ardeur [l'amour] Tuteurs et tuteresses Le parlement, jadis tuteur des roys
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n.
Celui, celle à qui la tutelle est confiée. Tuteur honoraire. Tuteur onéraire. Tuteur légal. Tuteur testamentaire. Il faut créer, nommer un tuteur à ces mineurs. On l’a nommé, on l’a fait tuteur. La mère est tutrice naturelle de ses enfants. Le mari est de droit tuteur de sa femme interdite.
Tuteur ad hoc, Celui qui est donné à un mineur pour un objet déterminé.
Subrogé tuteur. Voyez
SUBROGER.
TUTEUR, en termes de Jardinage, se dit d’une Perche qu’on met en terre à côté d’un jeune arbre, d’une plante et à laquelle on les attache pour les soutenir ou pour les redresser.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- tuteurs — pluriel — /tytœʁ/
- tuteur — singulier — /tytœʁ/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée tuteur#62926.