pron. pers. de la seconde personne du singulier et des deux genres
Tu est toujours employé comme sujet. Tu l'as voulu. Que demandes-tu ? Tu y étais. Tu nous parleras. Substantivement, le tu, le toi, l'action de tutoyer.
Cléanthis : Ah ! ah ! tu t'en avises, Traître, de t'approcher de nous ! - Sosie : Mon Dieu ! qu'as-tu ? toujours on te voit en courroux — Molière (1622-1673)
M. de Bussy demande si l'on doit se tutoyer en amour ; et, après avoir dit que cela est indifférent, il finit par ces vers : Le vous me paraît plus galant ; Mais je trouve le toi plus tendre,
Toi s'emploie comme régime direct. Qui a-t-on voulu désigner ? toi. Il veut vous voir, toi et ton frère. Il n'y a que toi qui puisses le faire. Comme régime indirect ou comme régime de préposition. Je compte sur toi. On a parlé de toi. C'est par toi que cela se fera. À qui a-t-on voulu parler ? À toi.
Aide-toi, le ciel t'aidera — La Fontaine (1621-1695)
À ta faible raison garde-toi de te rendre ; Dieu t'a fait pour l'aimer, et non pour le comprendre — Voltaire (1694-1778)
Par abus et par oubli de l'ancienne langue, toi est employé comme sujet dans certains cas déterminés. Il l'est, en jonction avec un nom, ou avec un autre pronom. Ta sœur et toi, venez nous voir. Nul autre que toi n'aura l'héritage. Personne que toi n'est si bien placé. Il l'est dans les réponses. Qui sera chargé de cette besogne ? toi. Il l'est devant le pronom relatif. Il l'est par réduplication. Toi, tu oserais le défier ! Toi, tu soutiens telle opinion, et moi telle autre. Elliptiquement. Il l'est par opposition avec un nom ou un autre pronom. Toi et moi nous irons ensemble. Toi et ton frère, que faites-vous aujourd'hui ? Toi et lui, vous êtes deux fripons. Il l'est avec c'est, c'était, etc. Toi joue aussi quelquefois le rôle d'un substantif.
Voudrais-je t'affliger, toi que j'aime tant ? Que répondras-tu à cela, toi qui.... Et toi, soleil, et toi qui dans cette contrée Reconnais l'héritier et le vrai fils d'Atrée — Jean Racine (1639-1699)
Ô toi, qui vois la honte où je suis descendue, Implacable Vénus, suis-je assez confondue ! — Jean Racine (1639-1699)
Te s'emploie comme régime direct. Je veux bien t'attendre. Je te crois un peu fourbe. Comme régime indirect. Je te le promets. Il t'est parent, voy. LEUR. L'e de te s'élide devant une h muette ou une voyelle. Tu t'honores par cette conduite. Ne t'amuse pas en chemin.
Pourrais-tu te résoudre à me quitter ainsi ? — Molière (1622-1673)
Je devrais sur l'autel où ta main sacrifie Te.... mais du prix qu'on m'offre il faut me contenter — Jean Racine (1639-1699)
Toi-même, voy. MÊME. Substantivement, un autre toi-même, voy. MÊME.
Familièrement. Être à tu et à toi avec quelqu'un, être assez intime pour le tutoyer et en être tutoyé.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).