troupeau

troupeau

nom, masculin, /tʁupo/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Troupe d'animaux domestiques élevés et nourris dans un même lieu. Absolument, un troupeau se dit le plus souvent d'un troupeau de brebis. Le loup attaqua le troupeau.

    Un sort malencontreux Conduit en cet endroit un grand troupeau de bœufs — Boileau (1636-1711)

    Ils [les Juifs] firent d'Amalec un indigne carnage, Et jusqu'aux vils troupeaux tout éprouva leur rage — Jean Racine (1639-1699)

  2. Il se dit des dindons, des oies. Troupeau de dindons.

    Pour qu'un troupeau d'oies privées prospère et s'augmente par une prompte multiplication, il faut, dit Columelle, que le nombre des femelles soit triple de celui de mâles — Buffon (1707-1788)

  3. Fig. Le troupeau de l'évêque, du curé, le peuple du diocèse, de la paroisse. Le troupeau de Jésus-Christ, l'Église.

    Heureux si, averti par ces cheveux blancs du compte que je dois rendre de mon administration, je réserve au troupeau que je dois nourrir de la parole de vie, les restes d'une voix qui tombe et d'une ardeur qui s'éteint ! — Bossuet (1627-1704)

    Il y a longtemps, ô Église, que l'on frappe sur vos pasteurs, et les troupeaux sont dispersés — Bossuet (1627-1704)

  4. Fig. et par dénigrement, troupe, multitude de personnes.

    ...Je crains des chrétiens les complots et les charmes, Et que sur mon époux leur troupeau ramassé Ne venge tant de sang que mon père a versé — Pierre Corneille (1606-1684)

    Tout a fui, tous se sont séparés sans retour, Misérable troupeau qu'a dispersé la crainte — Jean Racine (1639-1699)

Étymologie : Bourguig. tropéa ; provenç. tropel, trepel, tropeil ; espagn. tropel ; dimin. tiré du bas-lat. troppus, troupeau (voy. TROUPE).

Historique : XIIe s. Saisne entrerent dedans, cinq cent à un tropel XIIIe s. Au roc [avec le roc, la tour] [il] en prist un grant tropel [de pièces], Et dist eskec : moult li fu bel Il regarde sus sa main senestre ; si vit un tropiau de Turs, là où il y en avoit bien huit qui s'estoient arestez pour veoir la jouste Si fist toz les cors des crestiens assambler après la bataille en une piece de terre, et chascuns i traïst moult volantiers les cors de ses amis les uns près des autres par tropeiaus XVe s. Retrancher la mauvaise chair de la bonne et la brebis rongneuse du trouppel XVIe s. Le bon pasteur, Dit l'…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Troupe d’animaux domestiques de même espèce, qui sont élevés et nourris dans un même lieu. Troupeau de moutons, de brebis, de vaches. Un troupeau de dindons. Troupeau de tant de têtes. De riches troupeaux. Garder les troupeaux. Faire paître les troupeaux. La maladie se mit dans son troupeau.

  2. Employé absolument, il se dit presque toujours d’un Troupeau de moutons ou de brebis. Le loup est venu faire du ravage dans son troupeau. Le berger du troupeau.

  3. Il se dit figurément, en termes religieux, d’une Réunion de fidèles sous la direction d’un pasteur spirituel. Le troupeau de l’évêque, du curé. Le bon pasteur donne sa vie pour son troupeau.

  4. Le troupeau de JÉSUS-CHRIST, L’église.

  5. TROUPEAU se dit encore, figurément, et par mépris, d’une Troupe, d’une multitude d’hommes. Un troupeau d’imbéciles, d’ignorants. Le servile troupeau des imitateurs.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • troupeaux — pluriel — /tʁupo/
  • troupeau — singulier — /tʁupo/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée troupeau#62608.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.