trophée
nom, masculin, /tʁɔfe/ ou /tʁofe/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. m.
La dépouille d'un ennemi vaincu que l'on mettait ordinairement sur un tronc d'arbre dépouillé de ses branches.
La joie des Grecs après la victoire était bien plus modeste : ils érigeaient des trophées, mais de bois, c'est-à-dire d'une matière peu durable, et que le temps avait bientôt consumée ; et il était défendu de les renouveler — Rollin (1661-1741)
Toute dépouille prise à un ennemi, et dont on se pare. Fig.
Ce conquérant vient mettre à vos pieds tous les trophées de l'Allemagne — Voiture (1597-1648)
Ton épée est à moi ; mais tu serais trop vain, Si ce honteux trophée avait chargé ma main — Pierre Corneille (1606-1684)
Assemblage d'armes formant un groupe, et élevé en souvenir d'une victoire, d'une conquête. Sculpter des trophées sur un arc de triomphe. Fig. Fig. Faire trophée de quelque chose, en tirer vanité.
Ô apôtres de Jésus-Christ, c'est vous qui êtes les vainqueurs du monde ; et voilà qu'on met à vos pieds les dépouilles du monde vaincu, ainsi qu'un trophée magnifique qu'on érige à votre victoire — Bossuet (1627-1704)
N'attendez pas que.... je représente ce grand homme étendu sur ses propres trophées — Fléchier (1632-1710)
Fig. et dans le style soutenu, victoire.
Je pourrais.... vous montrer, vers les bords du Rhin, autant de trophées que sur les bords de l'Escaut et de la Sambre — Fléchier (1632-1710)
Terme de peinture et de sculpture. Espèce d'ornement représentant le groupe d'attributs particuliers à une science, à un art. Des trophées de musique. Des trophées de chasse. Il y a aussi des trophées de marine, de religion.
Étymologie : Lat. tropæum, de τρόπαιον, qui vient de τροπὴ, action de mettre en déroute, de τρέπειν, tourner.
Historique : XVIe s. En memoyre de la proesse que avez presentement faict, je veulx eriger ung trophée Jadis entre les Grecs, quand l'honneur y vivoit, Le vainqueur des vaincus maint trophée elevoit
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Dépouille d’un ennemi vaincu, que l’on mettait ordinairement sur un tronc d’arbre dont on avait coupé les branches.
Il se dit aussi d’un Assemblage d’armes, de drapeaux, élevés et disposés avec art, pour conserver le souvenir d’une victoire, d’une conquête. Dresser, élever, ériger un trophée. Sculpter des trophées sur un arc de triomphe.
Il signifie encore, figurément et dans le style soutenu, Victoire. Tout fier de ses trophées. Fier de tant de trophées. De glorieux trophées.
TROPHÉE, en termes de Peinture et de Sculpture, se dit, par extension, d’une Sorte d’ornement représentant un assemblage de divers objets employés dans une science ou dans un art, et qui en sont comme les attributs. Il avait fait sculpter sur les lambris de son salon des trophées de musique, d’astronomie, de chasse, de labourage, etc.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- trophées — pluriel — /tʁɔfe/ ou /tʁofe/
- trophée — singulier — /tʁɔfe/ ou /tʁofe/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée trophée#62553.