tristesse
nom, féminin, /tʁistɛsə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. f.
Sorte de souffrance morale dont le propre est de peser sur l'âme, et qui d'ordinaire apparaît dans l'extérieur. Au plur. Terme de médecine. Tristesse ébrieuse, nom donné à un état d'hébétude chez les personnes qui abusent de l'alcool.
Nos plus heureux succès sont mêlés de tristesse — Pierre Corneille (1606-1684)
Le fils qui est sage est la joie du père, le fils insensé est la tristesse de sa mère — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Mélancolie habituelle de tempérament. C'est un homme qui est né avec un fond de tristesse.
Voilà les horreurs de la séparation.... toutes les tristesses des tempéraments sont des pressentiments, tous les songes sont des présages — Mme de Sévigné (1626-1696)
Il se dit de ce qui inspire la tristesse.
Le bruit de ces torrents et de la mer est d'une tristesse qui serre le cœur — Mme de Genlis (1746-1830)
Il se dit des lieux sans agréments, des fêtes sans gaieté, etc. Les appartements de cette maison sont d'une grande tristesse.
Le bal du mardi gras pensa être renvoyé ; jamais il ne fut une telle tristesse : je crois que c'était votre absence qui en était la cause — Mme de Sévigné (1626-1696)
Étymologie : Provenç. tristicia, tristessa ; espagn. tristeza ; ital. tristezza ; du latin tristitia, de tristis, triste. Le mot le plus usité dans l'ancienne langue était tristor.
Historique : XIIIe s. Tristesce et moleste sont choses mauvaises, et sont contraires au delit [plaisir] XIVe s. Toutes choses que l'en fait par force et par violence et contre sa volenté, l'en les fait avecques tristesse Et se au contraire il vient à un homme beneuré pluseurs grandes males fortunes et adversités, il le tribulent et troublent et lui font tristeces XVIe s. Il delibere de mourir en cette tristesse, n'ayant autre plaisir que de suivre son enfant au sepulcre Je crains la cruauté de vos fieres maistresses, J'ay part à vos soupirs, je gouste vos tristesses De tristesse et ennuy nul fruict
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Affliction, état de dépression morale causé par quelque événement fâcheux. Profonde, extrême tristesse. être accablé de tristesse. Il est tombé dans une grande tristesse. Il est d’une tristesse mortelle. Quelle est la cause de votre tristesse? S’abandonner à la tristesse. Un voile de tristesse couvrit son visage. Chasser, dissiper la tristesse.
Il signifie aussi Mélancolie de tempérament. C’est un homme qui est né avec un fond de tristesse. La tristesse est naturellement répandue sur son visage.
Il se dit encore des Choses où se marquent de la tristesse, de la mélancolie. Le dîner, la soirée a été d’une grande tristesse à la suite de cette nouvelle.
Il se dit des Choses dont l’aspect nous met dans un état de tristesse. Ce paysage est d’une tristesse pénétrante.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- tristesses — pluriel — /tʁistɛsə/
- tristesse — singulier — /tʁistɛsə/
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