tripe
nom, féminin, /tʁipə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. f.
Boyau d'un animal. Vendre des tripes. Mou comme tripe. Vomir, rendre tripes et boyaux, avoir des vomissements excessifs. Il ne faut jamais s'épouvanter à moins qu'on ne voie ses tripes dans son giron, Il ne faut pas s'effrayer à moins que le danger, le mal ne soit très grand.
La vilaine bête ! mais de quoi s'avise-t-elle de vous apporter son cœur sur ses lèvres, et de venir ... rendre tripes et boyaux en votre présence ? — Mme de Sévigné (1626-1696)
Les tripes qu'on mange, qui sont les estomacs du bétail ruminant, savoir la panse, le feuillet, le bonnet et la caillette. Des tripes à la mode de Caen. Terme de cuisine. Œufs à la tripe, œufs durs coupés par tranches et fricassés avec des oignons.
Nom donné, dans la manufacture des tabacs, aux feuilles qui forment l'intérieur du cigare.
Un cigare se compose de trois parties : l'intérieur ou tripe, la sous-cape et la cape ou robe ; la tripe forme les 60 0/0 du poids total ; la sous-cape enveloppe la tripe ; et le tout est roulé dans la robe — MARQFOY
Au plur. Résidu de la cuite de la colle à papier.
Peau en tripes, peau de bœuf débourrée, pelée et trempée ; elle a été passée dans un bain de chaux.
Sorte d'étoffe veloutée, qui se fabrique au métier comme le velours ou la peluche, ainsi dite à cause de sa ressemblance avec l'intérieur de la panse des ruminants. On dit toujours, tripe de velours, afin de prévenir toute équivoque.
Morceau d'étoffe dont les chapeliers couvrent leur peloton.
Étymologie : Espagn. et portug. tripa ; ital. trippa ; angl. tripe ; tripa, stripa, dans le Gloss. latinogerman. de Diefenbach. L'origine en paraît être dans le celtique : kimry, tripa ; irl. triopas ; basbret. stripen, bien que Scheler indique l'allemand Strippe, bande de cuir.
Historique : XIIIe s. Tripes de porc et de mouton XIVe s. Irons mangier des tripes, qui vont au feu boillant ; Car certes j'ai si faim qu'onques je n'u si grant XVe s. Ung livre couvert de trippe de veloux XVIe s. Ils avoient esventré 15 ou 16 corps de Bourguignons, et desvidoient leurs trippes comme les trippiers à la riviere Les tripes d'un fagot [l'intérieur] Le tout pour la tripe Tripe pleine ne combat bien ni ne fuit bien Tout aille, tripes et boyaux Messer Guaster [est le] premier maistre es ars du monde.... les corbeaux, les gays, les papeguays, les estourneaulx il rend poetes.... et leur apprend la…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Boyau, estomac d’un animal. Manger de la tripe. Il s’emploie surtout au pluriel. Le sanglier donna un si furieux coup de défense à ce chien qu’il lui fit sortir les tripes. Des tripes à la mode de Caen.
Fig. et pop., Rendre tripes et boyaux, Vomir avec de grands efforts.
En termes de Cuisine, OEufs à la tripe, OEufs durs coupés par tranches et fricassés.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- tripes — pluriel — /tʁipə/
- tripe — singulier — /tʁipə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée tripe#62417.