triomphe

triomphe

nom, masculin, /tʁijɔ̃fə/

Définitions

  1. Grand succès, victoire éclatante remportée sur un adversaire ou une difficulté.

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  2. Accueil enthousiaste réservé à quelqu'un après une réussite.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  3. Émotion de joie intense ressentie après une réussite éclatante.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — ébauche — en attente de relecture · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) · 1873 (11 sens) — Académie 1935 (10 sens)

Littré (1873) — entrée 2

s. f.

  1. Jeu de cartes qui a beaucoup de rapports avec l'écarté. Jouer à la triomphe.

  2. À certains jeux de cartes, la couleur qu'on retourne ou que désigne celui qui fait jouer, et qui emporte toutes les autres. De quoi est la triomphe ? Quelle est la triomphe ? La triomphe est de cœur. Fig. Voilà de quoi est la triomphe, voilà de quoi il s'agit maintenant.

Étymologie : Triompher : la carte qui triomphe, l'atout.

Historique : XVe s. Lesquelz se esbatirent à jouer aux quartes au jeu du triumphe

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 1

s. m.

  1. Terme d'antiquité romaine. Honneur accordé chez les Romains à un général qui avait remporté une grande victoire ; il consistait en une entrée solennelle et pompeuse, où marchaient le vainqueur, l'armée victorieuse, les captifs et les dépouilles. Petit triomphe, voy. OVATION. Char de triomphe, char sur lequel le triomphateur était porté. Mener en triomphe, faire aller à la suite du char de triomphe. Fig.

    On sait bon gré à Plutarque, qui fait sans cesse mention de triomphes chez les Romains, d'avoir fait une peinture exacte et détaillée de celui de Paul-Emile, qui fut un des plus magnifiques — Rollin (1661-1741)

    Celui-là seul avait droit de demander le triomphe, sous les auspices duquel la guerre s'était faite — Montesquieu (1689-1755)

  2. Arc de triomphe, sorte d'arcade sous laquelle passe une marche solennelle de victoire. Fig.

    Vainqueur des Turcs et des Tartares, il [Pierre le Grand] voulut accoutumer son peuple à la gloire comme aux travaux ; il fit entrer à Moscou son armée sous des arcs de triomphe, au milieu des feux d'artifice.... — Voltaire (1694-1778)

    On se couronne de ses propres mains, on se dresse un triomphe secret à soi-même — Fléchier (1632-1710)

  3. Fig. Action de triompher. Porter quelqu'un en triomphe, le porter sur les bras pour lui faire honneur. Son entrée fut un triomphe, un véritable triomphe, on l'accueillit, à son entrée dans la ville, avec de grandes démonstrations de joie, de respect, etc. En triomphe, d'une manière triomphale. En triomphe, signifie aussi avec une satisfaction qui triomphe.

    Voilà donc le triomphe où j'étais amenée ! — Jean Racine (1639-1699)

    Que vos heureux enfants dans leurs solennités Conservent de ce jour le triomphe et la gloire ! — Jean Racine (1639-1699)

  4. Grande victoire, succès militaire éclatant. Gagner un triomphe, obtenir un succès.

    Ce vaillant homme [Machabée] reçut le coup mortel, et demeura comme enseveli dans son triomphe — Fléchier (1632-1710)

    Et ce triomphe heureux qui s'en va devenir L'éternel entretien des siècles à venir — Jean Racine (1639-1699)

  5. Succès éclatants, en général. Jour de triomphe, jour marqué par quelque événement glorieux, par quelque grand avantage.

    Mais c'en est une [douceur] ici bien autre et sans égale, D'enlever, et sitôt, ce prince à ma rivale, De lui faire tomber le triomphe des mains.... — Pierre Corneille (1606-1684)

    Mme de Vaubecourt a gagné son procès avec triomphe, comme vous — Mme de Sévigné (1626-1696)

  6. Fig. Grands effets obtenus, victoires remportées, en parlant de choses. C'est le triomphe du courage que de se vaincre soi-même. Le triomphe de l'habileté est de paraître n'en pas avoir. Le triomphe de l'éloquence. Le triomphe de l'amour, de la beauté. C'est son triomphe, c'est une chose où il excelle, où il réussit particulièrement.

    La grandeur et la gloire ! pouvons-nous encore entendre ces noms dans ce triomphe de la mort ? — Bossuet (1627-1704)

    M. le Tellier dit, en scellant la révocation de l'édit de Nantes, qu'après ce triomphe de la foi il ne se souciait plus de finir ses jours — Bossuet (1627-1704)

  7. Par moquerie, grand succès d'une chose qu'on n'estime pas ou qu'on veut tourner en ridicule.

    Il [le public à l'Opéra] ne soupçonne pas les stratagèmes, les illusions du maillot.... c'est là le triomphe des coussins et de la garniture — Louis Reybaud (1799-1879)

  8. Satisfaction triomphante.

    Et vous, heureux Romains, quel triomphe pour vous, Si vous saviez ma honte, et qu'un avis fidèle De mes lâches combats vous portât la nouvelle ! — Jean Racine (1639-1699)

  9. Fig. Éclat comparé à une pompe triomphale.

    Enfin.... je le quittai [Arnauld d'Andilly], et vins ici, où je trouvai tout le triomphe du mois de mai : le rossignol, le coucou, la fauvette.... — Mme de Sévigné (1626-1696)

  10. Au plur. Bruit éclatant d'une solennité.

    Nous aurions entendu de notre abbaye les triomphes, les fanfares et la musique de Chelles, au sacre de l'abbesse — Mme de Sévigné (1626-1696)

  11. Triomphe de Lille, variété d'œillet. Triomphe de Jodoigne, variété de poire.

Étymologie : Provenç. triomfe ; espagn. triunfo ; ital. trionfo ; du lat. triumphus, forme archaïque triumpus, le même que θρίαμϐος, la procession de la fête de Bacchus.

Historique : XIIIe s. Et quant Charles ot toute Lombardie conquise et toute la terre de Ytaille [Italie] sozmise à soi et à sainte Eglise, il ala à Rome o [avec] grant triumphe XIVe s. Triumphe estoit celui grant honneur que l'en fesoit à aucun prince roumain, quant il revenoit à Rome d'aucune bataille où il avoit eu très noble victoire Comment cil qui avoit victoire Eüe sus les anemis, Si ert [était] o trimphe en Romme mis XVe s. Toute la grand triomphe [joie] qu'en cet hostel souloit comblement abonder, est par cas flappie et ternie XVIe s. Il dressa un triumphe superbe en toute autre magnificence d'appa…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. T. d’Antiquité romaine — Honneur accordé chez les Romains à des généraux d’armée après de grandes victoires et qui consistait à faire une entrée pompeuse et solennelle dans Rome. Le Sénat lui décerna le triomphe, les honneurs du triomphe. Char de triomphe. La pompe d’un triomphe. Arc de triomphe.

  2. Mener des captifs en triomphe, Les mener chargés de chaînes, après le char du triomphateur. Cléopâtre se donna la mort pour éviter d’être menée en triomphe.

  3. Par extension, Porter quelqu’un en triomphe, Le soulever de terre, le porter sur les bras pour lui faire honneur, pour lui témoigner la joie qu’on a de le voir. Le prince, à son retour de l’armée, fut porté en triomphe jusque dans son palais.

  4. Fig., Son entrée fut un triomphe, un véritable triomphe, On l’accueillit, à son entrée, avec de grandes démonstrations de joie, d’enthousiasme, etc.

  5. TRIOMPHE se dit, dans le langage courant, des Victoires, des grands succès militaires. Les triomphes de ce général. Les triomphes d’Alexandre.

  6. Il se dit encore des Succès éclatants qu’on obtient dans les lettres, dans les arts et, en général, de tout avantage signalé qu’on obtient sur quelqu’un. J’ai assisté à votre triomphe. J’ai bien joui de votre triomphe.

  7. C’est son triomphe se dit d’une Chose où quelqu’un excelle, où il réussit particulièrement. Ce rôle est le triomphe de tel acteur.

  8. Jour de triomphe, Jour marqué par quelque événement glorieux, par quelque grand avantage qu’on a remporté sur ses ennemis ou sur ses rivaux. Ce fut pour lui un jour de triomphe.

  9. Fig., Le triomphe de la vertu, le triomphe de la vérité, etc., Les victoires que la vertu, que la vérité remportent sur le vice, sur l’erreur, etc.

  10. Poétiquement, Le triomphe de l’amour, le triomphe de la beauté, Les grands effets de l’amour, de la beauté. On dit dans un sens analogue : Le triomphe de l’éloquence.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • triomphes — pluriel — /tʁijɔ̃fə/
  • triomphe — singulier — /tʁijɔ̃fə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée triomphe#62403.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.