tribut
nom, masculin, /tʁiby/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
s. m.
Ce qu'un État paye ou fournit à un autre État pour marque de dépendance. Enfants de tribut, les enfants que le Grand Seigneur lève en certains pays par forme de tribut sur les chrétiens qui sont ses sujets.
Après divers avis on résout, on conclut D'envoyer hommage et tribut [à Alexandre] — La Fontaine (1621-1695)
Carthage fut obligée à payer tribut — Bossuet (1627-1704)
Impôt que lèvent les gouvernements.
Ils [les sénateurs, à Rome] déchargèrent le menu peuple de tout impôt, ajoutant que les pauvres payaient un assez grand tribut à la république, en nourrissant leurs enfants — Bossuet (1627-1704)
Lorsqu'il fut question de payer le tribut à César — Massillon (1663-1742)
Fig. Ce qu'on est obligé d'accorder, de souffrir, de faire. Payer le tribut à la mer, se dit d'un homme qui, embarqué pour la première fois, a le mal de mer. Payer le tribut à la nature, mourir.
L'estime et le respect sont de justes tributs Qu'aux plus fiers ennemis arrachent les vertus — Pierre Corneille (1606-1684)
Ni l'or ni la grandeur ne nous rendent heureux.... Des soucis dévorants c'est l'éternel asile.... L'humble toit est exempt d'un tribut si funeste — La Fontaine (1621-1695)
Dans le langage de la galanterie, hommage amoureux.
Le plus parfait objet dont je serais charmé N'aurait point mes tributs, n'en étant point aimé — Molière (1622-1673)
Son mari [de Mme de Vins] a donc payé le tribut aux yeux de Mme D*** ; vous lui apprendrez comme il faut en être jalouse — Mme de Sévigné (1626-1696)
Rétribution.
Je sais qu'un noble esprit peut sans honte et sans crime Tirer de son travail un tribut légitime — Boileau (1636-1711)
Et nos voisins frustrés de ces tributs serviles Que payait à leur art le luxe de nos villes [il s'agit de l'établissement des manufactures sous Louis XIV] — Boileau (1636-1711)
Fig. et poétiquement. Les fleuves portent à la mer le tribut de leurs ondes, ils s'y jettent.
Étymologie : Prov. trabug, trabus, trahut, traut, treu, et aussi tribut, trebut ; esp. et ital. tributo ; du lat. tributum, de tribuere, distribuer, qui vient de tribus, tribu, et signifie répartir par tribu.
Historique : XIe s. E le treüd d'Espagne la grant tere XIIe s. E rechut de ces citez David, cume sires, servises e truud XIIIe s. Il me retenoient le treü Que trestuit homme m'ont deü XVe s. Si nous avions jà jusques à mille lances, nous ferions un si grand treü en Angleterre qu'il y parroit [paraîtrait] quarante ans à venir Jà estoit venu Bouciquaut en l'age et au temps que amour naturellement a coustume de prendre le treü et la paye de tous jeunes nobles courages XVIe s. Il n'imposera peage ou treu, sinon du consentement des electeurs Tributs et impositions faites sur le peuple
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Contribution périodique qu’un état impose à un peuple vaincu comme signe de la dépendance. Payer tribut. Un lourd tribut.
Il se dit figurément de Ce qu’on est obligé d’accorder, de faire, de supporter. L’estime, le respect est un tribut qu’on doit à la vertu, au mérite. Payer un juste tribut d’éloges. Un tribut d’estime et de reconnaissance. Offrir en tribut ses premiers ouvrages.
Il a payé le tribut à la mer se dit d’un Homme qui s’est embarqué sur mer et qui s’en est trouvé incommodé.
Payer le tribut à la nature, Mourir. On dit aussi : Payer le tribut à la mort.
Fig. et poétiquement, Les fleuves portent à la mer le tribut de leurs ondes, Ils s’y jettent, ils s’y déchargent.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- tributs — pluriel — /tʁiby/
- tribut — singulier — /tʁiby/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée tribut#62265.