trêve
nom, féminin, /tʁɛvə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) — Académie 1935 (6 sens)
Littré (1873)
s. f.
Cessation temporaire de tout acte d'hostilité. Trêve marchande, trêve durant laquelle le commerce est permis entre deux États qui sont en guerre. Trêve de pêche, ou trève-pêcherie, convention de respecter les pêcheurs des deux partis. Trêve de Dieu, ou trêve du Seigneur, répit interposé par l'Église aux combats entre seigneurs féodeaux, différente de la paix de Dieu qui était perpétuelle, et par laquelle l'Église imposait la paix à l'égard des ecclésiastiques, des femmes, des enfants, des laboureurs paisibles.
M. le maréchal de Créquy leur avait refusé une trêve pour enterrer leurs morts — Pellisson (1624-1693)
Après avoir perdu la bataille et demandé lui-même une trêve qui lui fut incontinent accordée — Fléchier (1632-1710)
Fig. Relâche. Son mal ne lui donne pas de trêve. N'avoir ni paix ni trêve, n'avoir pas un moment de repos. Elliptiquement, trêve de, trêve à, se dit pour faire cesser quelque chose.
Filles de l'Achéron, pestes, larves, Furies.... Pour mieux agir pour moi, faites trêve aux enfers — Pierre Corneille (1606-1684)
C'est une bonté de la Providence que nous fassions trêve aux tristes réflexions qui seraient en droit de nous accabler journellement — Mme de Sévigné (1626-1696)
Étymologie : Provenç. trega, tregua, treva, trev ; espagn. tregua ; portug. tregoa ; ital. tregua, triegua ; de l'anc. haut-allem. triuwa, triwa ; goth. triggua, confiance, sécurité ; allem. trauen, se fier.
Historique : XIIIe s. Ensi fu la treve prise de cels de l'ost et de la cité Thodres li Ascres.... avoit trives à l'empereour Henri, et ne li avoit mie bien tenues Trive est une coze qui done seurté de le [la] guerre, el tans que ele dure Trives brisies et asseurement brisié sont bien cas de haute justice Et se trée, sofferte ou porprise, se prenoit entre lesdites parties.... XVe s. Legier cœur et plaisant folie.... Vous font ceste melencolie : Mais c'est un mal dont on relieve ; Faictes à vos pensées triefve Il leur dit : seigneurs, je recongnois Sebille et contremande la treve ; trop avons tardé, mais gar…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Suspension d’armes, cessation de tout acte d’hostilité pour un certain temps, par convention faite entre deux états, entre deux partis qui sont en guerre. Une trêve de dix ans. Demander, accorder une trêve. La trêve va expirer. Prolonger la trêve. Rompre, enfreindre la trêve.
Trêve de Dieu, Convention que l’église établit au XIe siècle entre les seigneurs féodaux, et en vertu de laquelle ils devaient cesser les hostilités entre eux, depuis le mercredi soir jusqu’au lundi matin, par respect pour les jours où se sont accomplis les derniers mystères de la vie de JÉSUS-CHRIST.
TRÊVE s’emploie dans le langage courant pour désigner Toute suspension d’hostilités entre adversaires.
Il signifie, au figuré, Relâche. Son mal ne lui donne point de trêve, ne lui donne ni paix ni trêve. Donnez quelque trêve à votre esprit.
Faire trêve à une chose, La cesser. Faites trêve à vos plaintes. Faisons trêve à nos railleries.
Par ellipse et fam., Trêve de cérémonie, trêve de compliments, Ne faisons plus de cérémonie, plus de compliments. Trêve de raillerie, Cessez de railler, parlez sérieusement.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- trêves — pluriel — /tʁɛvə/
- trêve — singulier — /tʁɛvə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée trêve#62739.