tréteau

tréteau

nom, masculin, /tʁeto/ ou /tʁɛto/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Pièce de bois longue et étroite, portée sur quatre pieds, qui sert à soutenir une table, et, particulièrement, les tables des cabarets, un échafaud, un théâtre. Fig. Fig. Être entre deux tréteaux, être toujours au cabaret, ne faire qu'ivrogner.

    Heurtant table et tréteaux [il] versa tout sur mes chausses — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Enfin il monta sur un tréteau, et, prenant une voix plus assurée, il dit.... — Montesquieu (1689-1755)

  2. Nom que les nattiers donnent à une pièce de bois garnie de clous à crochets, auquels ils attachent les cordons de paille qu'ils veulent tresser.

  3. Au plur. Théâtre de charlatan, de saltimbanque.

    Quand le doge et les sénateurs de Gênes le virent [un charlatan] prôner ses remèdes sur une table à tréteaux,

    Mais pour un faux plaisant.... Qu'il s'en aille, s'il veut, sur deux tréteaux monté, Amusant le pont Neuf de ses sornettes fades.... — Boileau (1636-1711)

  4. Par extension, théâtre où l'on représente des pièces bouffonnes. Une pièce de tréteaux. Les tréteaux de la foire. Fig. Monter sur les tréteaux, se faire comédien.

    Hardi et Garnier n'écrivirent que des platitudes d'un style insupportable ; et ces platitudes furent jouées sur des tréteaux au lieu de théâtre — Voltaire (1694-1778)

    Bientôt l'ennui des pièces françaises porterait la nation au frivole opéra comique, et plus loin encore aux boulevards, à ce ramas infect de tréteaux élevés à notre honte — Beaumarchais (1732-1799)

Étymologie : Angl. trestle. Diez le tire du néerland. drie-stal, siége à trois pieds, ce qui est peu satisfaisant soit pour le sens, soit pour la forme. Le celtique offre au contraire une bonne étymologie : kimry, trestyl, tréteau, de trawst, poutre ; bas-bret. trenstel, de treust, trest, poutre.

Historique : XIIIe s. Il fist aporter un tretel, et fist oster sa greve [bandeau], et se fist roigner [couper les cheveux] en la presence du roy XIVe s. Messagiers et garçons d'estables Dressent fourmes, trestiaux et tables Et quant tu yras coucher, si le metz sur le tretel emprès ton chevet XVe s. L'autre, dit l'un, vint desservir, Et oster tables et tretiaulx Il s'assist sur ung tretel qui estoit à l'entrée de l'espinoy, et se print à reposer Si veit une table d'argent qui estoit dessus quatre trostaulx ; mais les tresteaulx estoient si beaulx et si riches comme ceulx qui estoient environnés d'or et d'ar…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Pièce de bois portée sur quatre pieds et qui sert à soutenir des tables, des échafauds, des théâtres forains, etc. Il faut deux tréteaux pour soutenir une table. Il renversa table et tréteaux.

  2. TRÉTEAUX, au pluriel, se dit d’un Théâtre de saltimbanque, d’un Théâtre où l’on représente des pièces bouffonnes et populaires. C’est un comédien qui n’est bon qu’à monter sur des tréteaux. Il faut renvoyer cette pièce aux tréteaux de la foire.

  3. Fig., Monter sur les tréteaux, Se faire comédien.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • tréteaux — pluriel — /tʁeto/ ou /tʁɛto/
  • tréteau — singulier — /tʁeto/ ou /tʁɛto/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée tréteau#62736.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.