transport
nom, masculin, /tʁɑ̃spɔʁ/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (10 sens) — Académie 1935 (6 sens)
Littré (1873)
s. m.
Action par laquelle on transporte quelque chose ou quelqu'un d'un lieu dans un autre. Transport des marchandises, de l'artillerie, de l'argent. Ce malade n'est pas en état de souffrir le transport. Terme de marine. Action de porter des hommes, des marchandises, des vivres, etc. d'un lieu à un autre
Tous les transports de peuples faits à Constantinople n'ont jamais réussi — Montesquieu (1689-1755)
La vertu suppose la liberté, comme le transport d'un fardeau suppose la force active — Voltaire (1694-1778)
Par extension, voitures servant au transport des choses nécessaires à une armée. Un transport lourd et considérable. En marine, un transport se dit pour : bâtiment de transport. Les transports manquaient.
Action d'une personne qui, par autorité de justice, se rend, se transporte sur les lieux pour procéder à une vérification, à une visite. Transport d'un expert sur les lieux. Droit de transport, indemnité accordée aux juges, aux greffiers, aux témoins et aux officiers ministériels, en cas de déplacement
Terme de géologie. Terrain de transport, terrain d'alluvion.
Action de porter le montant d'une addition du bas d'une page au commencement de la suivante. On dit plus souvent report.
Jouer par transport, se dit, au trictrac, lorsqu'on joue toutes les dames qui sont abattues des piles, et qu'on en fait des cases et des demi-cases.
Fig. Transport ou transport-cession, cession d'un droit qu'on a sur quelque chose. Faire le transport d'une rente. Je lui ai fait un transport de ma créance. Fig.
Le cessionnaire d'un titre exécutoire ne peut poursuivre l'expropriation qu'après que la signification du transport a été faite au débiteur
C'est un don [la justification du pécheur] que le Père a fait à son Fils, et ce Fils miséricordieux nous le cède ; il veut que nous jouissions de son droit ; nous l'avons de lui par transport — Bossuet (1627-1704)
Fig. Mouvement violent de passion qui nous met hors de nous-mêmes. Absolument. Tout mouvement passionné.
J'ai pour lui des transports de haine Que je ne conserve pas bien — Pierre Corneille (1606-1684)
Je me livre en aveugle au transport qui m'entraîne — Jean Racine (1639-1699)
Enthousiasme.
Sentiez-vous, dites-moi, ces violents transports Qui d'un esprit divin font mouvoir les ressorts ? — Boileau (1636-1711)
D'est lui qui vous dira par quels transports heureux Quelquefois dans sa course un esprit vigoureux, Trop resserré par l'art, sort des règles prescrites — Boileau (1636-1711)
Transport au cerveau, ou, simplement, transport, délire, égarement de l'esprit causé par la maladie.
Mlle de Guise n'a rien à se reprocher que la mort de son neveu ; elle n'a jamais voulu qu'il ait été saigné ; la quantité du sang a causé le transport au cerveau — Mme de Sévigné (1626-1696)
Souffrirai-je mille et mille douleurs, qui me feront mourir désespérée ? aurai-je un transport au cerveau ? mourrai-je d'un accident ? — Mme de Sévigné (1626-1696)
Étymologie : Subst. verbal de transporter ; provenç. transport ; esp. transporte, trasporte ; it. trasporto.
Historique : XVIe s. Simple transport [d'une obligation] ne saisit pas [le nouveau possesseur doit le signifier à l'obligé] Qu'il se feroit transport de la matiere des poumons à la teste
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Action de porter d’un lieu à un autre. Le transport de ses meubles lui a coûté cher. Le transport de ces marchandises se fait par bateau. Moyens de transport. Payer les frais de transport. Le transport des terres est d’une grande dépense. Ce malade n’est pas en état de supporter le transport. Le transport de l’énergie électrique.
Il se dit, spécialement en termes de Procédure, de l’Action d’une personne qui, par autorité de justice, se rend, se transporte sur les lieux où sont les choses sujettes à un examen, à une vérification, à une visite. Transport d’un juge, d’un commissaire, d’un expert sur les lieux.
En termes de Marine, il se dit d’un Bâtiment chargé de transporter des troupes, des munitions, etc.
Il se dit figurément de la Cession d’un droit qu’on a sur quelque chose. Il m’a fait transport de ce qui lui est dû par un tel. Faire le transport d’un billet, d’une rente. Accepter un transport. Je n’ai point consenti au transport qu’il voulait me faire.
Il se dit encore d’un Mouvement passionné, d’un élan qui nous met en quelque sorte hors de nous-mêmes. éprouver un transport de joie. Se livrer à des transports de colère. Transport d’amour. Transport amoureux. Transport de jalousie. Transport jaloux. Je l’ai trouvé dans un transport extraordinaire. Il avait peine à contenir, à modérer ses transports. Il fut accueilli, écouté, applaudi avec transport. Transport poétique. Transport prophétique.
En termes de Médecine, Transport au cerveau ou, absolument, Transport, Délire, égarement d’esprit causé par la maladie. Il a une grosse fièvre et on craint un transport au cerveau.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- transports — pluriel — /tʁɑ̃spɔʁ/
- transport — singulier — /tʁɑ̃spɔʁ/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée transport#62039.