train

train

nom, masculin, /tʁɛ̃/

Définitions

  1. Convoi ferroviaire formé d'une motrice et de voitures ou de wagons.

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  2. Allure, rythme auquel se déroule un déplacement ou une activité.

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  3. Ensemble de mesures ou de dispositions adoptées en même temps.

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  4. Partie arrière du corps d'un animal, notamment la croupe ou la queue d'un quadrupède, ou partie arrière du châssis d'un véhicule.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (21 sens) — Académie 1935 (34 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. En parlant des chevaux et des bêtes de voiture, allure. Le train de ce cheval est doux. Ce cheval n'a point de train, il n'a point d'allure réglée. Train rompu, celui qui est composé de deux allures. À fond de train, se dit d'un cheval qu'on pousse aussi vite qu'il peut aller. Aller bon train, aller fort vite à pied, à cheval, ou en voiture. On dit dans le même sens : Ce cocher mène bon train. Aller son petit train, aller doucement, sans se presser. Fig. Un train de sénateur, un marcher lent et grave. Fig. Au train dont nous allons, nous ne tarderons pas à les dépasser, nous allons si vite que nous ne tarderons pas à les dépasser. En un sens contraire, au train dont nous allons, nous n'arriverons jamais. Fig. Au train dont il va, il aura bientôt fini son travail, ou au train dont il y va, il aura bientôt fini, il avance si vite dans sa besogne qu'elle sera bientôt finie. En un sens contraire, au train dont il va, dont il y va, il n'aura pas fini de s tôt. Fig. Au train dont nous y allons, à la manière dont nous nous conduisons. Aller un train de poste, aller fort vite. Fig. Fig. Mener quelqu'un grand train, lui faire faire vite quelque chose. Fig. et familièrement. Mener quelqu'un bon train, le faire aller bon train, beau train, grand train, ne le point ménager. Tout d'un train, sans retard. Grand train, pris adverbialement, vite.

    Ce que cette femme lui dit de ces gens de cheval qui avaient passé par son hameau, lui donna courage de passer outre, et lui fit hâter le train de sa bête — Scarron (1610-1660)

    Il est plus difficile de réduire à un train modéré un cheval jeune et vigoureux.... que de le laisser aller à bride abattue — Mme de Genlis (1746-1830)

  2. Terme de turf. Vitesse déployée par le peloton des chevaux concurrents.

  3. Marche en général, mouvement. Fig. Aller son train, continuer. Il se dit des choses dans le même sens. Être en train, mettre en train, être en action, en mouvement. Quand il est en train, rien ne lui coûte. On a de la peine à le mettre en train. Être en train, un peu en train, avoir un léger commencement d'ivresse. Être en train de, être disposé à. Être en train de jouer, de courir. Il n'est pas en train de rire, il n'est pas disposé à rire. Il est en train de se ruiner, il mène une vie propre à le ruiner. Mettre en train, exciter. Particulièrement. Mettre en train, exciter à la joie, au plaisir. Se remettre en train, se remettre à une partie de jeu, de table, de plaisir. Mettre une affaire en train, la commencer, la faire commencer. Mettre une affaire en bon train, en avancer le succès. On dit dans le même sens : L'affaire est en bon train. Il est en bon train, il est sur la voie du rétablissement. Se mettre dans le train de, s'habituer à.

    Du reste, en quoi répond au sort toujours divers Ce train toujours égal dont marche l'univers ? — La Fontaine (1621-1695)

    Si les animaux vont toujours un même train comme les eaux et comme les arbres, c'est folie de leur donner un principe dont on ne voit parmi eux aucun effet — Bossuet (1627-1704)

  4. Partie de devant ou de derrière des chevaux, des bœufs et autres quadrupèdes. Ce cheval a le train de devant faible. On dit aussi avant-train et arrière-train en parlant du cheval. Terme de boucherie. Train des côtes, dans le bœuf, Pa vache et le taureau, la partie de l'animal qui contient les côtes et entre-côtes, à partir de la troisième pièce de l'aloyau jusqu'à l'épaule.

    Dans le cerf, le train de derrière est plus haut que celui de devant ; dans l'élan, au contraire, le train de devant est plus haut — Buffon (1707-1788)

  5. Terme de charron. Ce qui porte le corps d'un carrosse, d'un chariot. Faire mettre un train neuf à une voiture.

  6. Terme d'imprimerie. Train de la presse, la partie de la presse sur laquelle on pose la forme, et qui avance sous la platine et s'en retire par le moyen de la manivelle. Mise en train, action de tout disposer pour le tirage d'une forme. Train de devant, tout ce qui roule sur les bandes. Train de derrière, train qui reçoit celui de devant avec toutes ses pièces, quand ce dernier fait son passage sous la platine. uite de valets, de chevaux, de mulets, etc. Fig.

    Don Erancisque ne manqua pas de se rendre le lendemain a Douai... son train était grand ; il avait trente chevaux de main, les plus beaux du monde — Pellisson (1624-1693)

    Grosse maison, grand train, nombre de gens — La Fontaine (1621-1695)

  7. Suite de bêtes destinées soit au transport, soit à la subsistance. Un grand train de bœufs, de chevaux.

  8. Train d'artillerie, troupes d'artillerie chargées de conduire les équipages de siége et de ponts et les approvisionnements d'artillerie. Train des équipages, ou, simplement, train, corps de troupes qui est chargé du transport de tous les approvisionnements autres que les munitions de guerre, nécessaires à une armée en campagne.

    Portier, lieutenant du train, voit dans les mains de l'un d'eux [habitants de Cassano] ses propres pistolets — Paul-Louis Courier (1772-1825)

  9. Terme de chemin de fer. Suite de voitures ou wagons qui se meuvent ensemble. Train de marchandises. Train d'aller. Train de retour. Train de grande vitesse. Train-poste (au plur. des trains-poste), train qui, sur les chemins de fer, emporte le courrier et les lettres. Train express, voy. EXPRESS. Train-éclair, train qui va très vite. Train de plaisir, train destiné à conduire directement un certain nombre de voyageurs dans un lieu déterminé, puis à les ramener.

  10. Long assemblage de bois de chauffage ou de menuiserie, assujetti avec des perches et des liens, et qu'on fait flotter comme un radeau sur les rivières. Train de bateaux, voy. TRAIT DE BATEAUX. Ces mots :

    Pour un train desdits bois de 40 à 44 voies faisant le double de l'éclusée, est dû auxdits officiers 34 livres 9 deniers

    Sur chacun train de sel, ne peuvent être entendus que des bateaux, tireaux et alléges qui passent sous les ponts de ladite ville,

  11. Se dit d'un nombre considérable de métiers, et, particulièrement, en typographie, du nombre de presses que l'on emploie.

  12. Il se dit aussi, dans certains métiers, d'une suite plus ou moins considérable d'objets à confectionner.

    Celui qui vise à la perfection, après avoir fait un train, je ne dis pas de 5 ou 600 volumes, mais seulement de 25 ou 30.... se corrigera, dans les trains suivants, des défauts qu'il aura remarqués dans celui-ci — LESNÉ

  13. Terme de marine. Train de mât, espèce de traîneau dont on se sert dans les arsenaux pour transporter des pièces de mâture. On dit aussi traîneau.

  14. Gens de vie peu exemplaire (sens vieilli). Cet homme a du train, du mauvais train chez lui.

    On sait qu'Orante mène une vie exemplaire ; Tous ses soins vont au ciel ; et j'ai su par des gens, Qu'elle condamne fort le train qui vient céans — Molière (1622-1673)

  15. Par extension, bruit, tapage. On fait beaucoup de train dans cette maison. Faire le train, se réjouir avec bruit. Fig. Faire le train, faire du train, gronder, se fâcher. Fig. Faire du train se dit de quelque objet dont on parle beaucoup, qui agite l'opinion publique.

    Quel train ici tous les matins ! l'antichambre est pleine de marchands, de commissionnaires et de créanciers — Mme de Genlis (1746-1830)

    Si j'étais obligé de passer la nuit dans la forêt, il me ferait un train.... il me ferait un train ! — COLLÉ

  16. Fig. Enchaînement, suite des choses.

    On ne sait plus comment reprendre le train de la journée — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Je m'en vais reprendre le train de mes promenades, interrompues seulement pendant quatre jours — Mme de Sévigné (1626-1696)

  17. Tournure que prennent les événements, les affaires. Prendre le train de, prendre une certaine tournure. L'affaire va bon train, va grand train, elle avance rapidement.

    Nous verrons dans peu de jours quel train prendra le reste de la campagne — Pellisson (1624-1693)

    Sitôt que les choses furent dans le train qu'il voulait — Antoine Hamilton (1646-1720)

  18. Habitude, manière d'être. Prendre le train, prendre une certaine manière d'être. Mener un train d'enfer, faire une grande dépense, user rapidement la vie.

    Voilà le train du monde et de ses sectateurs ; On s'y sert du bienfait contre les bienfaiteurs — La Fontaine (1621-1695)

    Mon Dieu ! nous savons le train des enfants dont les pères se remarient, et de quel œil ils ont coutume de regarder ce qu'on appelle belle-mère — Molière (1622-1673)

  19. Genre de vie.

    Si j'ai dit que je voulais corriger ma conduite et me jeter dans un train de vie exemplaire — Molière (1622-1673)

    À l'égard de la cour de France, tout y était comme à l'ordinaire ; il y a un certain train qui ne change point ; toujours les mêmes plaisirs, toujours aux mêmes heures, et toujours avec les mêmes gens — Mme de La Fayette (1634-1693)

  20. Terme de fauconnerie. Faire le train à un oiseau, lui donner pour compagnon un oiseau tout dressé, afin de l'accoutumer à la chasse.

Étymologie : Provenç. trahi ; cat. tragi ; espagn. tragin, tragino ; ital. traino ; dérivés du lat. trahere, tirer (voy. TRAIRE). Le mot est de deux syllabe, tra-in, jusque vers le XVe siècle.

Historique : XIIIe s. Por ce qu'erent [ils étaient] si d'un traïn, Estoit Renart niés [neveu d'] Ysengrin Se il le trovent, seront li [à lui] mal voisin, De lui feront molt doleros trahin XIVe s. Et que, l'iver passé, Bertran ira de là à toute la poissance des François par deça ; Parmi la grant Guienne un tel traïn fera, de quoi jusqu'à mil ans parlé il en sera XVe s. Il issit hors du chastel tout armé, atout quarante compagnons d'armes, et suivit couvertement le dernier train [de l'armée qui venait de passer] Et amena avec lui quarante lances ; dont on en eut grand joye de sa venue ; car il fut mis au tra…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Allure; il se dit principalement des Chevaux et des autres bêtes de trait. Le train de ce cheval est doux, est incommode, est rude. Ce cheval va grand train, bon train. Il a un grand train.

  2. Ce cheval va à fond de train, Il va aussi vite qu’il peut aller.

  3. Ce cheval n’a point de train, Il n’a point d’allure réglée.

  4. Train rompu, Celui qui est composé de deux allures.

  5. Aller bon train se dit d’une Personne qui va vite, soit à pied, soit à cheval, soit en voiture. Il se fait tard, allons bon train. Il y a loin d’ici au terme de notre voyage, il faut aller meilleur train pour arriver de jour. On dit dans le même sens : Ce cocher mène bon train.

  6. Fig. et fam., Mener quelqu’un bon train, le faire aller bon train, grand train, Ne le point ménager dans une affaire, l’obliger à faire ce qu’on veut, remporter sur lui l’avantage en peu de temps.

  7. Au train dont nous allons, nous ne tarderons pas à les dépasser, Nous allons si vite, que nous arriverons bientôt.

  8. Fig., Au train, du train dont il va, il aura bientôt fini son travail, ou Au train, du train dont il y va, il aura bientôt fini, Il va si vite en besogne, qu’il aura bientôt fini son travail.

  9. Fig. et fam., Mener sa fortune grand train, Se ruiner.

  10. TRAIN, en parlant des Chevaux, des mulets, des boeufs, etc., désigne aussi la Partie de devant, de derrière d’où partent leurs mouvements. Ce cheval a le train de devant faible. Il est estropié du train de derrière.

  11. En parlant d’une Voiture, d’un chariot, il désigne la Partie qui porte le corps de la voiture, du chariot. Faire mettre un train neuf à une voiture.

  12. En termes d’Imprimerie, Train de la presse, Partie de la presse sur laquelle on pose la forme et qui avance sous la platine et s’en retire.

  13. Mise en train, Action de tout disposer pour l’exécution d’un travail. Il se dit spécialement, en termes d’Imprimerie, des Opérations qui précèdent le tirage d’une forme.

  14. TRAIN se disait autrefois, en termes militaires, de la Troupe qui conduisait les engins d’artillerie.

  15. Il se dit aujourd’hui de l’Arme destinée à conduire les équipages attelés ou les automobiles chargées du ravitaillement et du transport des troupes. Train des équipages. Soldat du train.

  16. En termes militaires, Train de combat, Ensemble des voitures affectées à un bataillon pour transporter les approvisionnements, les munitions, le matériel nécessaire au combat. Train régimentaire, Ensemble des voitures affectées à un régiment pour transporter les vivres.

  17. TRAIN se dit aussi d’une File, d’une suite de personnes, d’animaux ou de choses allant d’un même mouvement. Un train de boeufs, de chevaux. Un train de bateaux, de wagons. Un train d’ondes.

  18. Avoir un grand train de maison, Avoir de nombreux domestiques.

  19. Train de bois, Long assemblage de bois de chauffage, de charpente ou de menuiserie, en forme de radeau et qu’on fait flotter sur un canal ou une rivière.

  20. En termes d’Automobilisme, Train de pneus, Ensemble des pneus équipant une voiture.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • trains — pluriel — /tʁɛ̃/
  • train — singulier — /tʁɛ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée train#61858.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.