tragédie

tragédie

nom, féminin, /tʁaʒedi/ ou /tʁaʒɛdi/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Pièce de théâtre en vers, dans laquelle figurent des personnages illustres, dont le but est d'exciter la terreur et la pitié, et qui se termine ordinairement par un événement funeste. Les tragédies de Sophocle, de Corneille, de Racine, etc. les tragédies composées par ces poëtes. La tragédie de Cinna, d'Athalie, etc. la tragédie dont Cinna, Athalie, etc. est le sujet. Fig. Muse tragique.

    Le bonhomme Pyrante disait que vous étiez en philosophie, qu'il n'était encore qu'en cinquième, et qu'à la tragédie du collége il jouait Cupidon quand vous représentiez l'empereur — Hauteroche (1617-1707)

    La première de toutes les tragédies françaises est la Cléopâtre de Jodelle ; elle est d'une simplicité fort convenable à son ancienneté — Fontenelle (1657-1757)

  2. Art de composer, de jouer des tragédies ; le genre tragique.

    La tragédie, informe et grossière en naissant, N'était qu'un simple chœur où chacun en dansant, Et du dieu des raisins entonnant les louanges, S'efforçait d'attirer de fertiles vendanges ; Là, le vin et la joie éveillant les esprits, Du plus habile chantre un bouc était le prix — Boileau (1636-1711)

    Je ferais voir que, pour la tragédie, nous sommes beaucoup supérieurs aux Latins, qui ne sauraient opposer à tant d'excellentes pièces tragiques que nous avons en notre langue, que quelques déclamations plus pompeuses que raisonnables d'un prétendu Sénèque, et un peu de bruit qu'ont fait en leur temps le Thyeste de Varius et la Médée d'Ovide — Boileau (1636-1711)

  3. Fig. Événement funeste.

    La tragédie d'Angleterre [l'exécution de Charles Ier] — Descartes (1596-1650)

    En un temps où la fortune joue des tragédies par tous les endroits de l'Europe — Voiture (1597-1648)

Étymologie : Lat. tragœdia, de τραγῳδία, de τράγος, bouc (voy. TRAGIQUE), et ᾠδὴ, chant (voy. ODE).

Historique : XIVe s. Malvestiés et injustices que l'on raconte es tragedies XVIe s. Voyez vous quelles tragedies sont excitées par certains pastophores [prêtres] ? Prol. de l'aut. Cette tragedie [l'exécution de Horn et d'Egmont] que le duc d'Albe nous feit voir à Bruxelle Les tragedies latines de Bucanan

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Pièce de théâtre qui offre une action importante et des personnages illustres, qui est propre à exciter la terreur ou la pitié, et qui se termine ordinairement par un événement funeste. Composer, représenter une tragédie. Cet acteur est admirable dans la tragédie.

  2. Les tragédies de Sophocle, d’Euripide, de Corneille, de Racine, Les tragédies composées par ces auteurs. La tragédie d’OEdipe, de Cinna, de Brutus, La tragédie dont OEdipe, Cinna, Brutus est le sujet et à laquelle il a donné son nom.

  3. TRAGÉDIE se dit aussi du Genre tragique. La tragédie a atteint son plus haut point de perfection en France au XVIIe siècle. Les chefs- d’oeuvre de la tragédie grecque. Cet acteur excelle dans la tragédie.

  4. Il se dit figurément d’un événement funeste. Il s’est passé d’horribles tragédies dans cette cour. Il est à craindre que cette affaire ne finisse par quelque tragédie.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • tragédies — pluriel — /tʁaʒedi/ ou /tʁaʒɛdi/
  • tragédie — singulier — /tʁaʒedi/ ou /tʁaʒɛdi/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée tragédie#61851.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.