tradition
nom, féminin, /tʁadisjɔ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (6 sens)
Littré (1873)
s. f.
Terme de jurisprudence et de liturgie. Action par laquelle on livre quelque chose à quelqu'un. La vente se consomme par la tradition de la chose vendue. L'ordre de portier, dans l'Église, se confère par la tradition des clefs. Fig.
La tradition réelle, qui se faisait par le sceptre, constatait le fief, comme fait aujourd'hui l'hommage — Montesquieu (1689-1755)
L'obligation de livrer la chose est parfaite par le seul consentement des parties contractantes ; elle rend le créancier propriétaire, et met la chose à ses risques dès l'instant où elle a dû être livrée, encore que la tradition n'en ait point été faite
Transmission de faits historiques, de doctrines religieuses, de légendes, etc. d'âge en âge par voie orale et sans preuve authentique et écrite. Les faits mêmes ainsi transmis. Beaucoup de traits d'histoire ne sont que de fausses traditions. Traditions judaïques, les interprétations que les docteurs juifs avaient données à la loi de Moïse, et les additions qu'ils y avaient faites, lesquelles ont été depuis recueillies par les rabbins.
La religion juive.... dans la tradition du peuple — Pascal (1623-1662)
Une tradition aussi ancienne que le monde — Rollin (1661-1741)
Particulièrement, dans l'Église catholique, transmission de siècle en siècle de la connaissance des choses qui concernent la religion et qui ne sont point dans l'Écriture sainte. La religion catholique est fondée sur l'Écriture sainte et la tradition. Les choses mêmes que l'on sait par la voie de la tradition. Ce point de discipline ne se trouve pas dans l'Écriture sainte, ce n'est qu'une tradition.
La tradition, c'est-à-dire la suite toujours manifeste de la doctrine laissée et continuée dans l'Église — Bossuet (1627-1704)
C'était la tradition qui interprétait l'Écriture ; on croyait que son vrai sens était celui dont les siècles passés étaient convenus, et nul ne croyait avoir droit de l'expliquer autrement — Bossuet (1627-1704)
Tout ce que l'on sait ou pratique par tradition, c'est-à-dire par une transmission de génération en génération à l'aide de la parole ou de l'exemple. Ce jeu de scène est une tradition, est de tradition.
Laissez-en la décision aux Étruriens, qui ont la tradition des plus anciens oracles, et qui sont inspirés pour être les interprètes des dieux — Fénelon (1651-1715)
On croit.... que des désordres manifestes, qui nous sont venus par tradition, sont des droits incontestables attachés à nos charges — Massillon (1663-1742)
Étymologie : Provenç. tradition ; espagn. tradicion ; ital. tradizione ; du latin traditionem, qui a donné, dans l'ancienne langue, trahison (voy. ce mot).
Historique : XVIe s. L'usage commun de parler est tel, que tous edicts procedez des hommes touchant le service de Dieu, soyent nommez traditions humaines Dessaisine et saisine faite en presence de notaires et temoins vaut et equipolle à tradition et delivrance de possession On fait bien fascher les huguenots, quand on leur monstre que l'autorité de l'Eglise et les traditions nous apprennent à reconnoistre les Escritures
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
T. de Jurisprudence et de Liturgie — Action par laquelle on livre une chose à quelqu’un. La vente se consomme par la tradition de la chose vendue. L’ordre de portier dans l’église se confère par la tradition des clefs.
En termes de Théologie, il désigne la Voie par laquelle la connaissance des choses qui concernent la religion et qui ne sont point dans l’écriture sainte se transmet de siècle en siècle. La religion catholique est fondée sur l’écriture sainte et sur la tradition. Il y a une tradition écrite et une tradition non écrite ou orale. Tradition authentique. Tradition apocryphe.
Il se dit, par extension, des Choses mêmes que l’on sait par la vole de la tradition. Ce point de discipline ne se trouve pas dans l’écriture sainte, ce n’est qu’une tradition.
Traditions judaïques, Interprétations que les docteurs juifs avaient données à la loi de Moïse, et additions qu’ils y avaient faites, lesquelles ont été depuis recueillies par les rabbins.
TRADITION se dit, dans le langage courant, de la Transmission des doctrines, des procédés, des coutumes, des faits historiques, etc., qui s’est faite de génération en génération, spécialement par la parole et par l’exemple. Ce sont des faits que la tradition seule nous a appris.
Il se dit aussi de ces Doctrines, de ces procédés, de ces coutumes, de ces faits, etc., qui sont un legs du passé. Beaucoup de traits d’histoire ne sont que de fausses traditions. Les traditions religieuses de l’Inde, de la Chine. Les traditions de cette province. Cet acteur possède parfaitement toutes les traditions du théâtre. Ce jeu de scène est une tradition, est de tradition.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- traditions — pluriel — /tʁadisjɔ̃/
- tradition — singulier — /tʁadisjɔ̃/
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