tourment
nom, masculin, /tuʁmɑ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. m.
Violente douleur corporelle. Fig.
Dans les tourments inouïs de sa dernière maladie, la princesse Anne n'a eu à se repentir que d'avoir une seule fois souhaité une mort plus douce — Bossuet (1627-1704)
Le superbe animal [un taureau], agité de tourments, Exhale sa douleur en longs mugissements — Boileau (1636-1711)
Tortures qu'on fait souffrir à quelqu'un.
Il [Pierre] estime déjà ses oreilles coupables D'entendre ce qui sort de leurs bouches damnables, Et ses yeux d'assister aux tourments qu'on lui fait [à Jésus] — Malherbe (1555-1628)
Dans les tourments ils laissèrent la vie — Jean Racine (1639-1699)
Fig. Grande peine d'esprit.
Qu'elle soit le tourment et le plaisir des cœurs — Mathurin Régnier (1573-1613)
La cruelle chose que d'avoir une tête aussi délicate et aussi épuisée que la sienne [de Pascal], qui a fait le tourment de sa vie, et l'a coupée enfin au milieu de sa course — Mme de Sévigné (1626-1696)
Étymologie : Picard et Berry, torment ; wallon, tourmain ; provenç. torment, turment ; espagn. et ital. tormento ; du lat. tormentum, tourment, proprement engin à tordre, de torquere (voy. TORDRE).
Historique : XIe s. En France en ad mult mervellus turment [orage] Et [sauvas] Daniel del mervellus turment Enz en la fosse.... XIIe s. Que je sui cil qui plus a de torment Deus en prist vengement [du roi d'Angleterre Guillaume le Roux], Al berser [coup de flèches] fu ocis e fina malement, Li corz en est purriz e l'aneme en turment Engleterre est enclose et de terre et de vent ; Ne crient Deu ne ses sains pur un poi de turment [orage] XIIIe s. Adonc s'apaisa li tourmens, e fu la mer coie Car puis en ai soufert grant peine et grief tourment Il vint à nous qui l'attendions en la chambre ou palais, et nous di…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Supplice, torture. Les tourments des martyrs. On le fit mourir dans d’horribles tourments.
Il se dit aussi d’une Grande, d’une violente douleur corporelle. La goutte, la pierre sont de cruels tourments.
Il désigne, au figuré, une Grande peine morale, un grand souci. Les tourments de la jalousie, de l’ambition, etc. Il s’est donné beaucoup de tourment et n’a pu réussir. Cette affaire m’a donné bien du tourment.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- tourments — pluriel — /tuʁmɑ̃/
- tourment — singulier — /tuʁmɑ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée tourment#61683.