tourbe

tourbe

nom, féminin, /tuʁbə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens) · 1873 (1 sens) — Académie 1935 (1 sens)

Littré (1873) — entrée 1

s. f.

  1. Charbon très hétérogène qui se forme dans la vase des marais par la décomposition des débris végétaux qui y existent. Tourbe carbonisée, dite charbon double, pour fourneaux. Tourbe mottière, nom, dans la Loire-Inférieure, de la tourbe employée à faire des mottes. Se dit, par extension, des tourteaux que l'on fait avec le tan.

    La tourbe est bien véritablement un résidu de plantes ou herbes à demi décomposées, à demi brûlées, réduites en un état presque charbonneux, analogue, dans son genre, au bois fossile également charbonné — Fourcroy (1755-1809)

    On a trouvé dans la tourbe beaucoup de monuments de l'industrie humaine, des armes, des outils de bûcheron et d'agriculture, des bois de construction, des chaussées — Alexandre Brongniart (1770-1847)

Étymologie : Wallon, trouf ; picard, troube, trouble ; espagn. turba ; ital. torba, de l'anc. haut-all. zurf, anglo-sax. turf ; all. Torf.

Historique : XIIe s. Pour lagne [bois] et pour tourbes acater à departir as poures de le [la] ville XVe s. Il y a [en Flandre] pou de bois pour ardoir, et font leur feu de tourbes de terre qu'ilz prennent es marois Une povre maisonnelle.... aussi noire que airement [encre] pour la fumée des tourbes qui s'y ardoient XVIe s. Le prince Maurice fait un dessein sur Breda par le moien d'un bateau qui portoit ordinairement des tourbes à la garnison, sous lesquelles on pouvoit eacher des soldats

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 2

s. f.

  1. Troupe, avec un sens de dénigrement.

    Princes et rois, et la tourbe menue — La Fontaine (1621-1695)

    Ce bel adage, si rebattu par la tourbe philosophique — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

Étymologie : Provenç. espagn. et ital. turba ; du lat. turba .

Historique : XIIe s. Li Caldeu fistrent trois tuerbes, si envaïrent les chamoz XIIIe s. Et tantost s'assanbla une grande tourbe de gens entor eus Maintenant que il s'en furent alez, se feri en nostre paveillon une grant tourbe de gent de joenes Sarrazins XIVe s. Cil qui, à leur grant peril, cheïrent en celle tourbe de gens XVIe s. Suivant les avis de maistres Jean le Coq, Pierre le Sec et autres anciens sages sur ce ouis par tourbes [comme témoins dans une enquête sur les coutumes].... Coutume se doit verifier par deux tourbes, et chacune d'icelles par dix temoins M. de Guyse, ayant appellé 25 ou 30 des pr…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Substance combustible spongieuse, légère, brune ou noirâtre, qui est formée par l’accumulation des débris de végétaux. Tourbe de marais. Se servir de tourbe pour se chauffer. Brûler de la tourbe.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • tourbes — pluriel — /tuʁbə/
  • tourbe — singulier — /tuʁbə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée tourbe#61653.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.