s. f.
Action de tordre, contorsion.
Ce sont apparemment ces bizarres attitudes et ces tortures naturelles qui ont anciennement frappé les yeux de la superstition, quand elle adopta cet oiseau [le torcol] dans les enchantements — Buffon (1707-1788)
Tourment, supplice.
La torture, le fer et la flamme t'attend — Rotrou (1609-1650)
La Providence nous met quelquefois à la torture, en y employant la pierre, la gravelle, la goutte, le déchirement d'entrailles, les convulsions, et autres exécutions des vengeances de la Providence — Voltaire (1694-1778)
Particulièrement. Tourment auquel on soumettait un accusé pour en obtenir des révélations ; question. La torture a été abolie en France par Louis XVI en 1780.
Quoiqu'il y ait peu d'articles de jurisprudence dans ces honnêtes réflexions alphabétiques, il faut pourtant dire un mot de la torture, autrement nommée question ; c'est une étrange manière de questionner les hommes ; ce ne sont pourtant point de simples curieux qui l'ont inventée — Voltaire (1694-1778)
Il [un conseiller de la Tournelle] se donne le plaisir de l'appliquer [un accusé] à la grande et à la petite torture, en présence d'un chirurgien qui lui tâte le pouls, jusqu'à ce qu'il soit en danger de mort, après quoi or recommence ; et, comme dit très bien la comédie des Plaideurs, cela fait toujours passer une heure ou deux — Voltaire (1694-1778)
Fig. Peine vive, tourment.
Mettra-t-on tous les jours mon âme à la torture ? — Rotrou (1609-1650)
Ce qui m'est un sujet d'éternelle torture, C'est de voir.... — Molière (1622-1673)
Par exagération. Embarras, effort pénible. Mettre quelqu'un à la torture, lui causer un embarras pénible ou une vive impatience. On dit dans le même sens : être à la torture. Mettre son esprit à la torture, donner la torture à son esprit, se donner la torture, être à la torture, s'occuper de quelque chose avec une grande contention d'esprit.
Tandis que ses discours me donnent la torture — Mathurin Régnier (1573-1613)
Et déjà vous croyez dans vos rimes obscures Aux Saumaises futurs préparer des tortures — Boileau (1636-1711)
Fig. Action de fausser quelque chose. Particulièrement. Violence faite aux textes, aux mots.
Il est question présentement de la volonté de Dieu et de la vôtre [pour un voyage à Paris], ma fille, ne lui donnez point la torture — Mme de Sévigné (1626-1696)
Ces auteurs ont corrompu tous les sens et donné la torture à tous les passages — Montesquieu (1689-1755)
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).