torture
nom, féminin · /tɔʁtyʁə/
Usage : fréquent (15 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Souffrance physique intense infligée volontairement à quelqu'un, notamment pour le punir ou lui extorquer des aveux.
Le régime a pratiqué la torture contre ses opposants.
Synonyme : supplice.
« On prétend qu'en faisant donner la torture aux accusés, il [Louis XI] était caché derrière une jalousie, pour entendre les interrogatoires »Charles Pinot Duclos (1704-1772)
Épreuve psychologique ou morale très pénible, souvent prolongée, causant une souffrance intense.
Cette attente interminable est une vraie torture.
Synonymes : supplice, calvaire.
« J'ai beau donner la torture à mon esprit, je ne devine point le sujet de plaintes que vous pouvez avoir contre moi »Lesage (1668-1747)
« Tandis que ses discours me donnent la torture »Mathurin Régnier (1573-1613)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Grammaire et formes (2)
- tortures : pluriel · /tɔʁtyʁə/
- torture : singulier · /tɔʁtyʁə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 6 sens
s. f.
Action de tordre, contorsion.
Ce sont apparemment ces bizarres attitudes et ces tortures naturelles qui ont anciennement frappé les yeux de la superstition, quand elle adopta cet oiseau [le torcol] dans les enchantementsBuffon (1707-1788)
Tourment, supplice.
La torture, le fer et la flamme t'attendRotrou (1609-1650)
La Providence nous met quelquefois à la torture, en y employant la pierre, la gravelle, la goutte, le déchirement d'entrailles, les convulsions, et autres exécutions des vengeances de la ProvidenceVoltaire (1694-1778)
Particulièrement. Tourment auquel on soumettait un accusé pour en obtenir des révélations ; question. La torture a été abolie en France par Louis XVI en 1780.
Quoiqu'il y ait peu d'articles de jurisprudence dans ces honnêtes réflexions alphabétiques, il faut pourtant dire un mot de la torture, autrement nommée question ; c'est une étrange manière de questionner les hommes ; ce ne sont pourtant point de simples curieux qui l'ont inventéeVoltaire (1694-1778)
Il [un conseiller de la Tournelle] se donne le plaisir de l'appliquer [un accusé] à la grande et à la petite torture, en présence d'un chirurgien qui lui tâte le pouls, jusqu'à ce qu'il soit en danger de mort, après quoi or recommence ; et, comme dit très bien la comédie des Plaideurs, cela fait toujours passer une heure ou deuxVoltaire (1694-1778)
Fig. Peine vive, tourment.
Mettra-t-on tous les jours mon âme à la torture ?Rotrou (1609-1650)
Ce qui m'est un sujet d'éternelle torture, C'est de voir....Molière (1622-1673)
Par exagération. Embarras, effort pénible. Mettre quelqu'un à la torture, lui causer un embarras pénible ou une vive impatience. On dit dans le même sens : être à la torture. Mettre son esprit à la torture, donner la torture à son esprit, se donner la torture, être à la torture, s'occuper de quelque chose avec une grande contention d'esprit.
Tandis que ses discours me donnent la tortureMathurin Régnier (1573-1613)
Et déjà vous croyez dans vos rimes obscures Aux Saumaises futurs préparer des torturesBoileau (1636-1711)
Fig. Action de fausser quelque chose. Particulièrement. Violence faite aux textes, aux mots.
Il est question présentement de la volonté de Dieu et de la vôtre [pour un voyage à Paris], ma fille, ne lui donnez point la tortureMme de Sévigné (1626-1696)
Ces auteurs ont corrompu tous les sens et donné la torture à tous les passagesMontesquieu (1689-1755)
Étymologie : Prov. esp. et it. tortura ; du lat. tortura, de tortum, supin de torquere, torturer et tordre.
Historique : XIIe s. Ne à ceste fieie ne mist mie li peires en respit la torture, comme faisoit al fil ; car li peires aimet lo fil XIVe s. Tore ture [distorsion] des eux [yeux], des oreilles, des levres et semblables XVIe s. Au coupable il semble [suivant les défenseurs de la question] qu'elle [la conscience] ayde à la torture pour lui faire confesser sa faulte, et qu'elle l'affoiblisse ; et de l'aultre part, qu'elle fortifie l'innocent contre la torture
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 4 sens
n. f.
Souffrance cruelle, tourment qu’on fait souffrir. D’horribles tortures. Des instruments de torture.
Il se dit spécialement de la Souffrance physique qu’on infligeait à quelqu’un par voie de justice. Mettre à la torture. Appliquer à la torture. Souffrir la torture. être condamné à la torture. La torture a été abolie en France par Louis XVI. Dans cette acception, on se sert plus ordinairement du mot Question.
Fig., Mettre quelqu’un à la torture, Lui causer un trouble, un embarras pénible, ou une vive impatience. On dit également : être à la torture.
Fig., Mettre son esprit à la torture, être à la torture, Travailler avec une grande contention d’esprit à la recherche, à l’examen, à la discussion de quelque chose.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée torture#61575.