torrent
nom, masculin · /tɔʁɑ̃/ ou /toʁɑ̃/
Usage : d'usage courant (9.40 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Cours d'eau de montagne rapide et impétueux, souvent à débit irrégulier.
Le torrent grossit à la fonte des neiges.
« Comme il n'y a point de fontaine dont la course soit si tranquille, à laquelle on ne fasse prendre par la résistance la rapidité d'un torrent »Bossuet (1627-1704)
« L'Arveiron est un torrent considérable, qui sort de l'extrémité inférieure du glacier des Bois par une grande arche de glace »Horace-Bénédict de Saussure (1740-1799)
Grande quantité de quelque chose qui se déverse avec force et abondance.
Un torrent de larmes coulait sur ses joues.
Synonyme : flot.
« L'homme, entraîné lui-même par le torrent des temps, ne peut rien pour sa propre durée »Buffon (1707-1788)
« Malheur à toi, torrent de la mauvaise coutume des hommes, disait autrefois saint Augustin ; qui te pourra résister ? »Fléchier (1632-1710)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Grammaire et formes (2)
- torrents : pluriel · /tɔʁɑ̃/ ou /toʁɑ̃/
- torrent : singulier · /tɔʁɑ̃/ ou /toʁɑ̃/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 8 sens
s. m.
Courant d'eau très rapide, soit permanent et produit par la grande déclivité du terrain dans les montagnes, soit peu durable et produit par des orages ou des fontes de neige. Fig. Par exagération. Pleuvoir à torrent, pleuvoir avec une force et une abondance extraordinaires.
Avec grand bruit et grand fracas Un torrent tombait des montagnesLa Fontaine (1621-1695)
Comme il n'y a point de fontaine dont la course soit si tranquille, à laquelle on ne fasse prendre par la résistance la rapidité d'un torrentBossuet (1627-1704)
Par extension, il se dit de certaines choses, eu égard à leur abondance, à leur impétuosité. Un torrent de bitume. Un torrent de larmes, des larmes très abondantes.
Ils ont poussé d'abord de gros torrents de feuxPierre Corneille (1606-1684)
Le dieu [le soleil], poursuivant sa carrière, Versait des torrents de lumière Sur ses obscurs blasphémateursLEFRANC DE POMPIGNAN
Il se dit de ce qui coule abondamment en paroles ou en écrit. Un torrent de paroles.
Ce mot aurait suffi sans ce torrent d'injuresPierre Corneille (1606-1684)
Il va nous inonder des torrents de sa plumeBoileau (1636-1711)
Fig. Guerrier, conquérant que rien n'arrête. Personne qu'on ne peut contenir, diriger.
Où sont ces grands guerriers dont les fatales ligues Devaient à ce torrent [Louis XIV] opposer tant de digues ?Boileau (1636-1711)
Ils savent que, sur eux prêt à se déborder, Ce torrent [Rome], s'il m'entraîne, ira tout inonderJean Racine (1639-1699)
Fig. Il se dit des multitudes qui se précipitent.
Une infinité de nations inconnues sortirent du Nord, se répandirent comme des torrents dans les provinces romainesMontesquieu (1689-1755)
Fig. Ce qui s'écoule, ce qui se presse avec la rapidité et la force d'un torrent. Le torrent des affaires, leur grand mouvement.
Les torrents de l'iniquité m'ont rempli de troubleLemaistre de Sacy (1613-1684)
Ainsi le torrent du monde s'écoule, quelque soin qu'on prenne à le retenir ; tout est emporté par cette suite rapide de moments qui passent ; et par ces révolutions continuelles nous arrivons souvent, sans y avoir pensé, à ce point fatal où le temps finit et l'éternité commenceFléchier (1632-1710)
Première impétuosité des sentiments, premier mouvement, premier emportement.
La belle [une veuve] avait un père, homme prudent et sage ; Il laissa le torrent couler ; à la fin, pour la consoler....La Fontaine (1621-1695)
Il me semble que vous avez peur que je ne sois ridicule, et que je ne me répande excessivement sur le sujet [le chagrin de l'absence de Mme de Grignan] ; non, non, ma bonne, ne craignez rien ; je sais gouverner ce torrentMme de Sévigné (1626-1696)
Influence de l'exemple, de la mode, des événements, force des choses.
N'examinons donc plus la justice des causes ; Et cédons au torrent qui roule toutes chosesPierre Corneille (1606-1684)
C'est un torrent ; qu'y faire ? il faut qu'il ait son cours ; Cela fut et sera toujoursLa Fontaine (1621-1695)
Étymologie : Provenç. torrent ; espag. et ital. torrente ; du lat. torrentem, torrent, qui se précipite avec rapidité, de torrere (voy. TORRIDE), au sens de se dessécher : un cours d'eau qui se dessèche l'été.
Historique : XVIe s. Boire à tout torrent, tourner à tout vent Voyez les anciennes considerations qui ont donné le premier bransle à ce fameux torrent [les lois et leur autorité], plein de dignité, d'horreur et de reverence
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Littré (1873) · 1 sens
s. m.
Amas de matières étrangères qui traversent un bloc d'ardoise.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 2 sens
n. m.
Courant d’eau impétueux, qui s’enfle rapidement et qui est souvent à sec. La rapidité, la violence d’un torrent. Un torrent grossi par les pluies ravagea tout le pays. Passer un torrent. Ce n’est pas une rivière, ce n’est qu’un torrent. Ces ravins ont été creusés par des torrents.
Il se dit figurément de Certaines choses qui coulent abondamment, qui se répandent impétueusement. Verser un torrent de larmes. Il pleut à torrents. Un torrent de paroles. Un torrent d’injures. Un torrent d’éloquence. Il est difficile de résister an torrent des passions. Laisser passer le torrent. C’est un torrent qui entraîne tout.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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