tonnerre

tonnerre

nom, masculin, /tɔnɛʁə/ ou /tonɛʁə/

Définitions

  1. Bruit violent et prolongé qui accompagne un éclair, produit par la dilatation rapide de l'air.

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  2. Fig. Bruit très fort et soudain, comparable à celui de la foudre.

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  3. Décharge électrique atmosphérique produisant un éclair et un bruit violent, souvent perçue comme un phénomène météorologique unique.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) — Académie 1935 (7 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Bruit plus ou moins fort et plus ou moins prolongé qui accompagne la foudre. Fig. Voix de tonnerre, voix très forte, très éclatante. Fig. C'est un tonnerre, se dit d'un homme dont la voix est assourdissante. Fig. Un coup de tonnerre, coup fatal. En un autre sens, événement étonnant. Familièrement. Il est fait en coup de tonnerre, il est mal bâti, tout de travers, par allusion à la forme en zigzag des traits de la foudre qui éclate.

    Un jour, un jour viendra que par toute la terre Rome se fera craindre à l'égal du tonnerre — Pierre Corneille (1606-1684)

    Je veux suivre l'Écriture de mot à mot et de parole à parole ; il ne faut point que l'homme parle, et je ne veux pas ici contrefaire la voix de Dieu, ni imiter le tonnerre — Bossuet (1627-1704)

  2. Par extension, la foudre. Le tonnerre est tombé sur l'église. Fig. Attirer le tonnerre, attirer les malheurs, et, en particulier, ceux de la guerre.

    [Dans la Fable] Ce n'est plus la vapeur qui produit le tonnerre, C'est Jupiter armé pour effrayer la terre — Boileau (1636-1711)

    Dieu fit choix de Cyrus avant qu'il vît le jour.... Le fit naître et soudain l'arma de son tonnerre — Jean Racine (1639-1699)

  3. Image du tonnerre.

    Il sera dieu ; même je veux Qu'il ait en sa main un tonnerre — La Fontaine (1621-1695)

    Les anciens peignaient Jupiter prenant le tonnerre composé de trois flèches brûlantes dans la patte de son aigle, et le lançant sur ceux à qui il en voulait ; la saine raison n'est pas d'accord avec ces idées poétiques — Voltaire (1694-1778)

  4. Poétiquement, le séjour, la région du tonnerre, le ciel. Le maître du tonnerre, le dieu qui lance le tonnerre, Jupiter. L'oiseau qui porte le tonnerre, l'aigle, oiseau de Jupiter.

    C'est le pur sang du dieu qui lance le tonnerre — Jean Racine (1639-1699)

    J'ai vu [à l'Opéra] le maître du tonnerre, Attentif au coup de sifflet, Pour lancer les feux sur la terre, Attendre l'ordre d'un valet — PANARD

  5. Par analogie et poétiquement, canon.

    Cent/tonnerres de bronze ont donné le signal — Voltaire (1694-1778)

  6. Fig. Il se dit de tout ce qui renverse comme la foudre.

    Mélanchthon l'avait pris du beau côté, et voulait croire au commencement que, pour réveiller le monde, il ne fallait rien moins que les violences et le tonnerre de Luther — Bossuet (1627-1704)

    Et sur le couple pâle et déjà demi-mort Fait tomber à deux mains l'effroyable tonnerre [un énorme in-folio] — Boileau (1636-1711)

  7. Partie renforcée du canon des armes à feu portatives, qui correspond à l'emplacement de la charge. Dans certains obusiers, la partie qui est autour de la chambre.

  8. Pierre de tonnerre, sorte de pierre qu'on croyait tomber avec le tonnerre, et qu'au XVIIe siècle on appelait carreau.

  9. Un des noms du malapterurus electricus, poisson électrique. Toutes les fois qu'il tonne, le tonnerre ne tombe pas, c'est-à-dire des menaces ne sont pas toujours suivies d'effet.

Étymologie : Wallon, tonîr, bourg. tonnarre ; namur. tonoire ; prov. toneire, tonedre ; du lat. tonitru.

Historique : XIe s. Orez [orages] i ad de tuneire e de vent XIIIe s. Cel jour [il] fist moult mal temps de tonnoirre et d'ecliste N'il ne cort mie doucement, Ains descent si hideusement, Qu'il tempeste l'air en son oire [sa marche] Plus que nul orrible tonnoire Et quant espar [éclair] vient en tonnoire, Si repuet l'en sovent veoir Des vapeurs les pierres cheoir, Qui ne monterent mie pierres Chascun de ces deux anemis A l'un de cels sur son col mis ; D'iluec s'en tornerent grant oire ; Lor petit pas sanble tonoirre XVe s. Lors, comme se le tonnoire cheist du ciel....

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Bruit éclatant causé par la décharge des nuages électrisés. Le tonnerre commençait à gronder. Un coup de tonnerre. Un grand éclat de tonnerre.

  2. Prov. et fig., Toutes les fois qu’il tonne, le tonnerre ne tombe pas, Des menaces ne sont pas toujours suivies d’effet.

  3. Fig., C’est un tonnerre, c’est une voix de tonnerre se dit d’un Homme dont la voix est très forte et très éclatante.

  4. Fig., Ce fut un coup de tonnerre pour lui se dit d’un événement imprévu et fatal qui a frappé quelqu’un tout à coup.

  5. Poétiquement, Le maître du tonnerre, Jupiter. L’oiseau qui porte le tonnerre, L’aigle, qui était l’oiseau de Jupiter.

  6. TONNERRE se dit aussi de la Foudre. Le tonnerre tombe d’ordinaire sur les lieux les plus élevés.

  7. En termes d’Armurerie, il désigne l’Endroit du canon d’un fusil, d’un pistolet où se met la charge et où se produit l’explosion au moment du tir.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • tonnerres — pluriel — /tɔnɛʁə/ ou /tonɛʁə/
  • tonnerre — singulier — /tɔnɛʁə/ ou /tonɛʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée tonnerre#61442.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.