tombereau
nom, masculin, /tɔ̃bəʁo/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (2 sens)
Littré (1873)
s. m.
Charrette entourée de planches servant à porter du sable, des pierres, etc.; on le décharge en trébuchant.
Le sable de rivière à Paris se mesure au tombereau contenant vingt-sept boisseaux — Mme de Genlis (1746-1830)
Comme le manant enlève dans son tombereau les boues et les ordures de nos cités — Chateaubriand (1768-1848)
Ce qui est contenu dans un tombereau. Un tombereau de sable.
Par extension, voiture lourde et grossière.
Thespis fut le premier qui.... Et, d'acteurs mal ornés chargeant un tombereau, Arausa les passants d'un spectacle nouveau — BOIL.
Charrette sur laquelle on menait au supplice les grands coupables. Le fatal tombereau, la charrette qui conduit les condamnés au lieu de l'exécution.
À six heures on l'a menée [la Brinvilliers] nue, en chemise et la corde au col, à Notre-Dame, faire l'amende honorable, et puis on l'a mise dans le même tombereau, où je l'ai vue, jetée à reculons, sur de la paille — Mme de Sévigné (1626-1696)
Ceux qui ont eu la lâcheté barbare de le conduire [Lally] à la Grève dans un tombereau d'ordures avec un bâillon à la bouche — Voltaire (1694-1778)
Terme de pêche. Sorte de retranchement que l'on pratique derrière la bonde d'un étang, pour y pêcher, quand la bonde perd de l'eau.
Petite claie avec laquelle on prend les oiseaux, en hiver.
Étymologie : Tomber, un tombereau étant une charrette disposée de manière à pouvoir trébucher ; de là encore un tombereau en termes d'oiseleur est une sorte de trébuchet ; de là aussi le sens de chute qu'a ce mot dans les anciens textes.
Historique : XIIIe s. Et tunberaus [machines de guerre] y avoit six, et tinrent le chastel moult destroit Qu'il orent assez mangoniaus, Et trebukès et tumeriaus XIVe s. El chemin à un lait pas vint... Et fist un si lait tumberel, Qu'il se rompi le haterel [cou] Toute l'estendue de la verge d'un tumberel Illec seront tendus plusseurs engins, à quoy on prent les faisans : c'est assavoir à une caige, à ung tomberel Philippon estant en la compaignie d'un sien charreton qui menoit un tumerel à un sien cheval; liquel tumeriaus versa XVe s. Or refault aler aux charrons Pour roes et pour tumeriaux Henri de Maltrai…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Sorte de charrette entourée de planches, servant à porter du sable, des pierres, des matériaux, etc. Conduire un tombereau.
Il se dit aussi de Ce qui est contenu dans un tombereau. Un tombereau de sable.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- tombereaux — pluriel — /tɔ̃bəʁo/
- tombereau — singulier — /tɔ̃bəʁo/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée tombereau#61384.