tombé · tombe

tombé

adjectif, /tɔ̃be/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens)

Littré (1873)

part. passé

  1. Qui a été entraîné de haut en bas. Un fruit tombé. Fig.

    Un sceptre si tôt tombé d'une royale main — Bossuet (1627-1704)

    On lui a souvent [à Louis XIV] ouï parler des temps de son enfance avec amertume, jusque-là qu'il racontait qu'on le trouva un soir tombé dans le bassin du jardin du Palais-Royal à Paris, où la cour demeurait alors — Saint-Simon (1675-1755)

  2. Tombé des nues, survenant à l'improviste.

    De quelle façon tu recevrais un gueux qui, tout à coup tombé des nues, viendrait te saluer au milieu d'une rue — Lesage (1668-1747)

  3. Déchu.

    L'homme ne sait à quel rang se mettre ; il est visiblement égaré, et tombé de son vrai lieu, sans le pouvoir retrouver — Pascal (1623-1662)

    Elle [Mme de Vins, après la disgrâce de Pompone] est plus tombée qu'une autre, ne peut plus souffrir tous ces pays [la cour] où elle n'est plus — Mme de Sévigné (1626-1696)

  4. Que l'âge a affaissé.

    Je suis furieusement tombé, et il n'y a plus de société pour moi — Voltaire (1694-1778)

  5. Qui a péché. S'est dit, substantivement, des chrétiens qui, effrayés par les tortures, consentaient à offrir de l'encens aux idoles.

    Pourrions-nous nous plaindre, nous trop justement punis, tandis que vous, ève encore non tombée, vous souffrez les persécutions des hommes ? — Chateaubriand (1768-1848)

  6. Un auteur tombé, auteur dont la pièce n'a pas réussi. Il se dit, dans le même sens, d'une pièce de théâtre.

    Figaro : Mais les efforts de la cabale.... - Almaviva : Ah ! la cabale, monsieur l'auteur tombé ! — Beaumarchais (1732-1799)

    Voilà donc Athalie encore tombée ! le malheur poursuit tout ce que je protège et que j'aime — Mme de Maintenon (1635-1719)

  7. Humilié.

    Voilà mon glorieux bien tombé ! sa hauteur Avait, ma foi, besoin d'un pareil précepteur — Destouches (1680-1754)

  8. Se disait d'une montre, quand elle avait filé toute sa chaîne.

  9. Pas tombé, ou, substantivement, un tombé, pas que l'on exécute en s'élevant d'abord sur la pointe des pieds et pliant après le pas.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • tombées — pluriel féminin — /tɔ̃be/
  • tombés — pluriel masculin — /tɔ̃be/
  • tombée — singulier féminin — /tɔ̃be/
  • tombé — singulier masculin — /tɔ̃be/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée tombé#61389.

tombe

nom, féminin, /tɔ̃bə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (6 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Grande table de marbre, de pierre, de cuivre, etc. dont on couvre la fosse qui contient un mort.

    Mes cheveux gris me font déjà frémir ; Dessous la tombe il faut toujours dormir ; Elle est un lit où jamais on ne veille — MAINARD

    Que des plus nobles fleurs leur tombe soit couverte — Pierre Corneille (1606-1684)

  2. Par extension, tombeau.

    Ma flamme par Hector fut jadis allumée ; Avec lui dans la tombe elle s'est renfermée — Jean Racine (1639-1699)

    Je meurs, et sur ma tombe où lentement j'arrive, Nul ne viendra verser des pleurs — Nicolas Gilbert (1750-1780)

  3. Fig. et poétiquement. La mort. La tombe, pour le more même.

    Ta gloire est en danger, ta tombe est entr'ouverte — Voltaire (1694-1778)

    Nous [chrétiens] demandons des sourires au berceau et des pleurs à la tombe — Chateaubriand (1768-1848)

Étymologie : Berry, tumbe ; provenç. tomba ; espagn. tumba ; ital. tomba ; du latin, tumba, qui vient, avec changement de genre, de τύμϐος, tombeau.

Historique : XIIIe s. Et li fu faite tombe biele et riche, tele qu'il afferoit à roi, Dame, fait-il, car me menés à sa tombe [de ma mie], se le savés Et ordonnons et prions'et commandons estroitement à nos executeurs, que eus ne mettent pas plus de cinquante livres tournois en toutes choses à fere tombe sur nostre cors, ne plus de trente livres tournois à faire tombe sur nostre cuer De saint Robiert enquist la vie, Si en a la tombe ravie ; L'oissemente qu'il i trova, Plus d'avoir n'en porter rouva XIVe s. Si celuy eprouvé est tel qu'il doive estre orfevre.... il le sera ; mais il n'ouvrera ne fera ouvrer j…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Fosse recouverte d’une table de pierre, de marbre, de cuivre, etc., qui renferme un ou plusieurs morts.

  2. Il se dit, en général, de Tout lieu où un mort est enseveli.

  3. Fig., Avoir un pied dans la tombe, être très âgé, très malade, être sur le point de mourir.

  4. Fig., Descendre dans la tombe, Mourir.

  5. TOMBE se dit figurément, surtout dans le langage soutenu, de la Mort. Chaque instant de la vie est un pas vers la tombe.

  6. Fig., Suivre quelqu’un dans la tombe, Mourir peu de temps après lui.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • tombes — pluriel — /tɔ̃bə/
  • tombe — singulier — /tɔ̃bə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée tombe#61380.

tombé

nom, masculin, /tɔ̃be/

Voir aussi : forme féminine tombée

Grammaire et formes (2)
  • tombés — pluriel — /tɔ̃be/
  • tombé — singulier — /tɔ̃be/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée tombé#61388.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.