tolérance
nom, féminin, /tolɛʁɑ̃sə/ ou /tɔleʁɑ̃sə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens) — Académie 1935 (7 sens)
Littré (1873)
s. f.
Condescendance, indulgence pour ce qu'on ne peut pas ou ne veut pas empêcher.
Leurs premiers succès que j'ai favorisés par ma tolérance — Guez de Balzac (1597-1654)
Notre surprise.... ne cessa que pour faire place à l'étonnement que nous donna la tolérance de cette proposition [de mariage] par Mlle d'Alerac — Mme de Sévigné (1626-1696)
En matière de religion, tolérance théologique ou ecclésiastique ou religieuse, la condescendance qu'on a les uns pour les autres touchant certains points qui ne sont pas regardés comme essentiels à la religion. L'Église latine a toujours usé de tolérance pour l'Église grecque sur le mariage des prêtres. Tolérance civile, la permission qu'un gouvernement accorde de pratiquer d'autres cultes que le culte reconnu par l'État.
La tolérance civile, c'est-à-dire l'impunité accordée par le magistrat à toutes les sectes.... est liée nécessairement avec la tolérance ecclésiastique — Bossuet (1627-1704)
Au point de vue philosophique, admission du principe qui oblige à ne pas persécuter ceux qui ne pensent pas comme nous en matière de religion.
Si vous souffrez l'erreur qui attaque ces deux attributs divins [la spiritualité et l'immutabilité], de l'un à l'autre on vous poussera sur tous les points ; et, dussiez-vous en périr, il vous faudra avaler tout le poison de la tolérance — Bossuet (1627-1704)
Introduire parmi eux la confusion de Babel et l'indifférence des religions sous le nom de tolérance — Bossuet (1627-1704)
Disposition de ceux qui supportent patiemment des opinions opposées aux leurs.
Or connaissez-vous en France Certain couple sauvageon, Prisant peu la tolérance, Messieurs La Harpe et Naigeon ? — Marie-Joseph Chénier (1764-1811)
Maison de tolérance, se dit, à la police de Paris, d'une maison de prostitution.
Terme de monnayage. Ce que la loi permet de donner aux monnaies d'or et d'argent en plus ou en moins que le titre ou le poids réel.
La tolérance de titre en dessus ou en dessous du titre droit de 900 millièmes est de 2 millièmes pour les pièces d'or comme pour les pièces d'argent ; la tolérance de poids en dessus ou en dessous est également de 2 millièmes pour les pièces d'or ; quant aux pièces d'argent, elle est de 3 millièmes pour celles de 5 francs et plus forte pour celles de moindre valeur — Benjamin Legoarant (1792-1863)
Différence que la loi tolère dans le poids légal des denrées (pain, viande, etc.). S. f. plur. Limites en plus ou en moins, dans les proportions ou dimensions d'armes, de projectiles ou autres objets.
Terme de médecine. Faculté qu'ont les malades de supporter certains remèdes. Au bout de quelques doses la tolérance pour le tartre stibié s'établit d'ordinaire.
Étymologie : Prov. tolleransa ; esp. tolerancia ; ital. tolleranza ; du lat tolerantia, de tolerare, tolérer.
Historique : XIVe s. Par tolérance XVIe s. Ce precepte qui ordonne un maintien desdaigneux et posé à la tollerance des maulx La matiere des Estats estoit la tolerance ou non tolerance de deux religions L'Escriture loue les saints de tolerance, quand ils sont tellement affligez de la dureté de leurs maux, qu'ils n'en sont pas rompus pour deffaillir Le chancelier de l'Hospital fist permettre par tollerance aux ministres de faire presches publicques
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Condescendance, indulgence, action de supporter ce qu’on ne peut empêcher ou qu’on croit ne devoir pas empêcher. Longue tolérance. Ce n’est pas un droit, c’est une tolérance. Il ne jouit de cela que par tolérance. Il n’en jouit que par la tolérance de ceux qui le pourraient empêcher. User de tolérance.
En termes d’Administration, Maison de tolérance, Maison de prostitution.
TOLÉRANCE s’emploie particulièrement en matière de religion et se dit de l’Action de supporter des idées, des sentiments différents des nôtres. Pratiquer la tolérance. Voltaire a été l’apôtre de la tolérance.
Tolérance théologique ou religieuse, Condescendance qu’on a les uns pour les autres, touchant certains points qui ne sont pas regardés comme essentiels à la religion. L’église latine a toujours usé de tolérance pour l’église grecque sur le mariage des prêtres. La tolérance est prescrite aux théologiens touchant les opinions des diverses écoles.
Tolérance civile, Permission qu’un gouvernement accorde de pratiquer, dans l’état, d’autres religions que celles qui y sont établies, reconnues par les lois, pratiquées par le plus grand nombre des citoyens. La tolérance civile est quelquefois restreinte à certains cultes, à certaines croyances. Tolérance générale, universelle. édit de tolérance.
TOLÉRANCE, en termes de Monnayage, se dit de Ce que la loi permet de donner aux monnaies d’or et d’argent en plus ou en moins que le titre ou le poids réel.
En termes d’Administration et d’Arts, il se dit de Certains écarts tolérés dans la dimension, la quantité, etc., des marchandises fournies.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- tolérances — pluriel — /tɔleʁɑ̃sə/ ou /tolɛʁɑ̃sə/
- tolérance — singulier — /tɔleʁɑ̃sə/ ou /tolɛʁɑ̃sə/
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