tiré
adjectif, /tiʁe/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (19 sens)
Littré (1873)
part. passé
Mû, amené vers soi ou après soi. La voiture tirée par les chevaux.
Tiré à quatre chevaux, écartelé. Par un jeu de mots qui est une allusion à ce supplice.
Il [le gazetier Marin devenu riche] a tant fait par ses journées, qu'enfin nous avons vu de nos jours le corsaire allant à Versailles, tiré à quatre chevaux sur la route — Beaumarchais (1732-1799)
Mis hors. L'épée tirée du fourreau. Ils sont à couteaux tirés, aux couteaux tirés, voy. COUTEAU, n° 6.
Dans l'antre de la bête féroce.... devant elle, sous ses yeux étincelants, ses ongles tirés — Diderot (1713-1784)
Rideau tiré, rideau écarté. Le rideau tiré, on vit la scène. Rideau tiré, rideau avancé pour cacher quelque chose.
Les rideaux de son lit étaient tirés, de manière que je pouvais entrer sans être aperçue — Mme de Genlis (1746-1830)
Il se dit d'une liqueur qu'on fait couler du réservoir qui la contient. Le vin est tiré, mettons-nous à table. Fig. Le vin est tiré, il faut le boire, l'affaire est engagée, il n'y a plus moyen de reculer.
Mme Anderson a souvent observé que le lait le premier tiré ne ressemblait point au dernier — PARMENTIER
Valère au marquis qui refuse de se battre : Oh ! vin est tiré, monsieur, il faut le boire — Regnard (1655-1709)
Familièrement. Être tiré à quatre épingles, être ajusté avec soin.
Qu'on a fait sortir, délivré. Fig. Tiré d'affaire, qui a échappé à une difficulté, à un péril, à une maladie.
Le pieux Henoc, miraculeusement tiré du monde qui n'était pas digne de le posséder — Bossuet (1627-1704)
Vous avez cru comme moi, sans fondement, que l'abbé de Condillac était mort : heureusement il est tiré d'affaire, et reviendra bientôt chez nous jouir de la fortune et de la réputation qu'il mérite — D'Alembert (1717-1783)
Il se dit d'un coup d'arme à feu. Tué à coups de fusil, en parlant de gibier.
Le dernier coup tiré des remparts [de Maestricht] lui ôta la vie [au comte de Bissi] — Voltaire (1694-1778)
Un de ses officiers des chasses écrivit par ses ordres que c'était de la chasse de Son Altesse, et du gibier tiré de sa propre main — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Visage tiré, visage amaigri, allongé. Substantivement.
Tout son visage, tiré et rétréci [d'Astarbé], faisait des grimaces hideuses — Fénelon (1651-1715)
Les masques de Bouligneux et de Martigny avaient la pâleur et le tiré des personnes qui viennent de mourir — Saint-Simon (1675-1755)
Fig. Qu'on a fait sortir de la bouche d'une personne.
Après cet aveu tiré de sa propre bouche — Rollin (1661-1741)
Qui a été extrait de, en parlant de compositions d'esprit.
Ces pensées, quoique tirées d'Homère, n'en sont pas moins plates — Lesage (1668-1747)
La tragédie d'Othello, tirée du roman de Cintio et de l'ancien théâtre de Milan — Voltaire (1694-1778)
Imprimé.
Le prix de la feuille tirée ne diminue qu'à raison du nombre des exemplaires — CAMUS
Tracé. Un retranchement tiré au-devant du village.
Ces rues sont larges, tirées au cordeau, et formées par des maisons un peu basses, mais agréablement bâties — Raynal (1713-1796)
Représenté par la peinture.
Cette beauté [Angélique, de l'Arioste].... ne fut qu'un portrait mal tiré des merveilles que nous devions admirer en vous [Mme de Saintot] — Voiture (1597-1648)
Et moi je suis réellement capucin ; j'en ai la patente avec le portrait de saint François tiré sur l'original — Voltaire (1694-1778)
Déduit, conclu.
Il l'a trouvée [cette conséquence] toute tirée dans Vasquez — Pascal (1623-1662)
Affecté. Forcé. On dit dans un sens analogue : tiré de loin, tiré par les cheveux.
Tout en lui [le prince de Conti] coulait de source ; jamais rien de tiré, de recherché — Saint-Simon (1675-1755)
Vous nous payez ici d'excuses colorées, Et toutes vos raisons, monsieur, sont trop tirées — Molière (1622-1673)
S. m. Terme de droit commercial. Celui qui est désigné pour payer une lettre de change.
Celui qui fournit la lettre de change s'appelle souscripteur ou tireur ; celui sur qui elle est fournie s'appelle tiré, ou accepteur lorsque la lettre de change lui a été présentée et qu'il l'a revêtue de son acceptation
S. m. chasse au fusil. On fit hier un beau tiré. On dit dans le même sens : chasse au tiré. On écrit aussi tirer.
Comme la bécassine part de loin et très rapidement, et qu'elle fait plusieurs crochets avant de filer, il n'y a pas de tiré plus difficile — Buffon (1707-1788)
Les trois frères Lorrains avaient été au tirer du roi — Saint-Simon (1675-1755)
Nom donné, dans certains bois, à des taillis maintenus au-dessous de la hauteur d'homme, afin qu'on puisse y exercer la chasse à tir.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Grammaire et formes (4)
- tirées — pluriel féminin
- tirés — pluriel masculin
- tirée — singulier féminin
- tiré — singulier masculin
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