tiède
adjectif, /tjɛdə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
adj.
En parlant des liquides, qui est entre le chaud et le froid. Un bain tiède.
Tous deux, en la trouvant sans fièvre, Dirent qu'elle prendrait huit jours le lait de chèvre, Et que celui de vache après l'allait guérir, Surtout qu'il ne fallait lui donner que mi-tiède — POISSON
Par extension, il se dit d'autre chose que des liquides. Fig.
Un certain loup dans la saison Que les tièdes zéphirs ont l'herbe rajeunie — La Fontaine (1621-1695)
Les hivers y sont tièdes, et les rigoureux aquilons n'y soufflent jamais — Fénelon (1651-1715)
Fig. Sans action, nonchalant, sans ardeur, sans ferveur. Communion tiède, celle qui se fait avec peu de préparation et sans dévotion. Substantivement, en parlant des personnes. L'enfer des tièdes, par allusion au passage de l'Enfer de Dante, III, où il place ceux qui ne sont ni pour Dieu ni pour le diable.
Fi ! ne me parlez point, pour être vrais amants, De ces gens qui pour nous n'ont nuls emportements, De ces tièdes galants, de qui les cœurs paisibles Tiennent déjà pour eux les choses infaillibles — Molière (1622-1673)
Ne craignez point.... que ma joie se refroidisse ; elle a un fond si chaud qu'elle ne peut être tiède — Mme de Sévigné (1626-1696)
Adverbialement. Boire tiède
Étymologie : Poitou, tude ; prov. tebe ; catal. tebi ; espagn. tibio ; ital. tepido, tiepido ; du lat. tepidus, tiède, tepor, chaleur ; sanscr. tapas, chaleur. On remarque que les formes romanes en v ou b font abstraction du d et gardent le p ; c'est l'inverse pour le français tiède.
Historique : XIIIe s. ... Et de vin teve Les plaies que il a lui leve [lave] Prendés un drapiel, si le molliés en ewe tieve XIVe s. Laissier refroidier jusques à tiedc XVIe s. Cela maintenoit les deux parties en ardeur et appetit de nouveaux amoureux, non tiedes, ne languissans Vous avez trop d'esgard, de conseil, de sagesse ; Mon humeur n'est pas propre à si tiede maistresse
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj. des deux genres
Qui est entre le chaud et le froid. De l’eau tiède. Un bain tiède. Un vent tiède. Un corps encore tiède.
Il signifie, au figuré, Qui manque d’ardeur, de ferveur, de zèle. Un amant tiède. Une dévotion tiède. Je l’ai trouvé bien tiède sur cette affaire. Il est devenu bien tiède pour ses amis.
Il s’emploie substantivement en ce sens. Les tièdes ne sont pas agréables à Dieu.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- tièdes — pluriel — /tjɛdə/
- tiède — singulier — /tjɛdə/
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