testament

testament

nom, masculin, /tɛstamɑ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (6 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Acte authentique par lequel on déclare ses dernières volontés. Par menace. Testament olographe, celui qui est écrit, daté et signé de la main du testateur. Testament mystique ou secret, testament écrit ou au moins signé par le testateur, et remis par lui clos et scellé à un notaire, en présence de six témoins. Testament inofficieux, testament dans lequel le testateur ne fait aucune mention de quelqu'un de ses plus proches héritiers de droit. Testament ab irato, celui qui est fait par un motif de haine ou de colère. Testament militaire, testament fait à l'armée, sans toutes les formalités nécessaires aux autres testaments. Droit de testament, droit que les évêques s'arrogèrent sur les legs pieux.

    [La Mort au vieillard] J'aurais trouvé ton testament tout fait, Ton petit-fils pourvu, ton bâtiment parfait — La Fontaine (1621-1695)

    Les mourants qui parlent dans leurs testaments peuvent s'attendre à être écoutés comme des oracles ; chacun les tire de son côté et les interprète à sa manière, je veux dire selon ses désirs ou ses intérêts — La Bruyère (1645-1696)

  2. Testament de mort, déclaration libre et volontaire d'un criminel après sa condamnation à mort (locution aujourd'hui peu usitée). Par extension. Testament de mort, écrit ou discours qui atteste les derniers sentiments d'une personne.

    Celui qui conseilla au philosophe de laisser un testament de mort, eut une idée utile et grande — Diderot (1713-1784)

    Ce discours que vous venez d'entendre, leur dit-il, est mon testament de mort — Adolphe Thiers (1797-1877)

  3. Testament politique, se dit d'écrits politiques posthumes attribués à certains hommes d'État, et contenant leurs vues et leurs projets.

    C'est lui [Antoine Aubri] qui le premier fit connaître la fourberie de l'auteur du testament politique du cardinal de Richelieu — Voltaire (1694-1778)

    Le Testament politique du cardinal Alberoni, recueilli de divers mémoires, lettres et entretiens de Son Éminence, est imprimé à Lausanne en Suisse — Melchior Grimm (1723-1807)

  4. L'Ancien Testament, les livres saints qui ont précédé la naissance de Jésus-Christ ; le Nouveau Testament, les livres saints postérieurs à sa naissance (on met des majuscules). Ils se disent l'un et l'autre de l'alliance de Dieu avec les hommes. L'Ancien Testament n'était que la figure du Nouveau. Grasse cuisine, maigre testament.

    Pour prouver tout d'un coup les deux Testaments, il ne faut que voir si les prophéties de l'un sont accomplies en l'autre — Pascal (1623-1662)

    Jésus-Christ, que les deux Testaments regardent, l'Ancien comme son attente, le Nouveau comme son modèle ; tous deux comme leur centre — Pascal (1623-1662)

Étymologie : Provenç. testament ; espagn. et ital. testamento ; du lat. testamentum, de testari (voy. TESTER), avec le suffixe mentum (voy. MENT). C'est Tertullien qui, traduisant διαθήϰη par testamentum, a introduit ce mot pour signifier les livres de l'ancienne et de la nouvelle alliance.

Historique : XIIIe s. Et trouva sa mere moult malade si come au lit de la mort et fist son testament Li septimes cas qui appartient à sainte Eglise, si est des testamens Plus disoit Jehans, que, quant ses peres se senti malades, il fist son testament crier en pleine paroisse Philippe son filz, et li commanda à garder comme par testament touz les enseignemens que il lessa XVIe s. Le pain est testament ou ratification que le corps de Jesus Christ nous est donné

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Acte authentique par lequel on déclare ses dernières volontés. Testament fait, passé par-devant notaire. Testament solennel. Testament dicté mot à mot. Testament clos et scellé. Ce testament pèche dans la forme. On est demeuré d’accord de la nullité du testament. Faire son testament. Donner, léguer par testament. Disposer de ses biens par testament. Signer un testament. Les héritiers se sont pourvus contre le testament. On a fait casser le testament. Les notaires qui ont reçu le testament. Le testament a été exécuté. Révoquer un testament. Confirmer un testament. Il l’a mis dans son testament. Tous ses domestiques sont sur son testament. Coucher quelqu’un sur son testament. Il l’a oublié dans son testament. Trouvez-vous à l’ouverture du testament.

  2. Testament olographe, Celui qui est écrit, daté et signé de la main du testateur. Testament public ou authentique, Celui qui est reçu par deux notaires en présence de deux témoins, ou par un notaire en présence de quatre témoins. Testament mystique ou secret, Testament écrit ou au moins signé par le testateur, et remis par lui clos et scellé à un notaire, en présence de six témoins. Testament militaire, Testament fait à l’armée, sans toutes les formalités nécessaires aux autres testaments.

  3. Testament ab irato, Celui qui est fait par un motif de haine ou de colère.

  4. Testament politique se dit d’écrits politiques posthumes, attribués à certains hommes d’état, contenant les vues, les projets, les motifs qui ont dirigé ou qu’on suppose avoir dirigé leur conduite. Le testament politique de Richelieu, de Colbert.

  5. TESTAMENT se dit encore de l’Alliance de Dieu avec les hommes. L’Ancien Testament n’était que la figure du Nouveau.

  6. L’Ancien Testament se dit aussi des Livres saints qui ont précédé la naissance de JÉSUS- CHRIST; Le Nouveau Testament, se dit des Livres saints postérieurs à la naissance de JÉSUS- CHRIST. Il a traduit le Nouveau Testament. Il a fait des notes sur l’Ancien Testament.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • testaments — pluriel — /tɛstamɑ̃/
  • testament — singulier — /tɛstamɑ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée testament#60861.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.