terreur
nom, féminin · /tɛʁœʁ/
Usage : fréquent (21 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Peur extrême et violente.
Les enfants ont fui dans la terreur.
Synonymes : effroi, épouvante.
« Dans le camp du prince de Condé, on ne connaît point les vaines terreurs qui fatiguent et rebutent plus que les véritables »Bossuet (1627-1704)
« En faisant dire à notre conscience : j'ai péché, il y répand avec empire la terreur de ses jugements »Bourdaloue (1632-1704)
Au figuré, personne qui inspire une crainte extrême à son entourage ou à ceux qu'elle menace : ce juge sévère est la terreur des coupables.
Ce petit voyou était la terreur du quartier.
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : équilibre de la terreur · être la terreur du quartier · semer la terreur
Grammaire et formes (2)
- terreurs : pluriel · /tɛʁœʁ/
- terreur : singulier · /tɛʁœʁ/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 4 sens
s. f.
Crainte violente que l'on ressent. Terreur panique, voy. PANIQUE.
Cet Achille de qui la pique Faisait aux braves d'Ilion La terreur que fait en Afrique Aux troupeaux l'assaut d'un lionMalherbe (1555-1628)
Mais bientôt, malgré nous, leurs princes les rallient, Leur courage renaît, et leurs terreurs s'oublientPierre Corneille (1606-1684)
La terreur de quelque chose, la terreur que quelque chose inspire. Il remplit tout de la terreur de son nom, se dit d'un conquérant dont le nom répand de la terreur partout.
La terreur de son nom rendra nos villes fortesMalherbe (1555-1628)
Et, ce que n'avait pu la terreur du supplice....Pierre Corneille (1606-1684)
Fig. Objet d'épouvante. Il est la terreur des coupables, se dit d'un juge sévère.
Rodrigue maintenant est notre unique appui.... Le soutien de Castille et la terreur du MaurePierre Corneille (1606-1684)
Vous avez vu M. de Bâville, la terreur du LanguedocMme de Sévigné (1626-1696)
La terreur, se dit absolument de l'époque de la Révolution française pendant laquelle le tribunal révolutionnaire et l'échafaud furent en permanence. La terreur blanche, se dit des massacres que firent les royalistes dans le Midi après la chute de Robespierre, et en 1815 sous la Restauration.
Les hommes sensés n'imputeront jamais à la philosophie les horreurs commises en son nom sous le régime de la terreurGRÉGOIRE
Les effroyables immolations de la terreur et les stériles agitations du directoireLANFREY
Étymologie : Prov. et esp. terror ; ital. terrore ; du lat. terrorem, terrere, faire trembler, que les étymologistes rattachent au sanscrit tras, trembler.
Historique : XIVe s. Que il voulsissent de celles terreurs delivrer la chose publique Une soubdaine terreur XVIe s. Il faut que quelques uns soyent chastiez rudement, à fin que cela apporte terreur aux autres S'appelans les bras de la patrie, les gardiens des armes et la terreur des ennemis Il leur faudroit si peu de bon succès pour mettre en terreur toute la chrestienté, que desja j'apprehende un tel inconvenient
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 6 sens
n. f.
émotion profonde causée dans l’âme par la présence, l’annonce, la peinture d’un grand mal ou d’un grand péril; épouvante, crainte violente. Jeter la terreur parmi les ennemis. Répandre, semer la terreur. Faire régner la terreur. Il portait la terreur partout. être saisi, glacé de terreur. La terreur est au comble. L’idée de la mort lui a causé une terreur salutaire. Il a la terreur de la mort. Inspirer la terreur. L’intérêt de la tragédie se fonde sur la pitié et sur la terreur.
Il remplit tout de la terreur de son nom se dit d’un Conquérant dont le nom imprime la terreur partout.
Terreur panique, Terreur subite, dont on est troublé sans sujet, Il lui prit une terreur panique. Il se répandit une terreur panique dans l’armée.
Régime de terreur politique, Régime qui use d’une rigueur impitoyable et inspire une grande crainte.
La Terreur se dit absolument de l’époque la plus violente de la Révolution française. Le régime de la Terreur. Il périt pendant la Terreur.
TERREUR se dit, par extension, d’un Objet de crainte, d’épouvante. Ce grand capitaine était la terreur des ennemis. Ce juge est la terreur des coupables.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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