tenté · tente

tenté

adjectif

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens)

Littré (1873)

part. passé

  1. Mis en usage pour faire réussir. Une entreprise tentée infructueusement.

  2. Sollicité à quelque péché.

    Femme tentée et femme vaincue, c'est tout un — Marivaux (1688-1763)

    Un homme tenté résiste une fois, parce qu'il est fort, et succombe une autre fois, parce qu'il est faible — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  3. Qui éprouve le désir de quelque chose. Être tenté, être bien tenté de faire quelque chose, en avoir envie, une extrême envie.

    Ces sollicitations furent bien reçues d'un prince déjà tenté de cette conquête — Voltaire (1694-1778)

    Je serais tentée de vous envoyer une grande lettre de Mme de Moussy — Mme de Sévigné (1626-1696)

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée TENTÉ, ÉE.

tente

nom, féminin, /tɑ̃tə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens) · 1873 (1 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873) — entrée 1

s. f.

  1. Pavillon de peau, de toile et autres substances dont on se sert pour se mettre à couvert. Fig. Fig. Se retirer sous sa tente, cesser, par contrariété, de prendre part à quelque chose, par allusion à Achille, qui, irrité contre les Grecs, cessa de prendre part aux combats. Chez les Juifs, fête des Tentes, voyez SCÉNOPÉGIE.

    Il [Louis XIV] est venu camper dans un guéret, sous des tentes même assez petites, les grandes étant demeurées à Grave l'année dernière — Pellisson (1624-1693)

    Nous allons faire planter au bout de la grande allée, du côté du mail, une petite espèce de tente — Mme de Sévigné (1626-1696)

  2. Au plur. Les tentes, le camp, les troupes.

    Qu'ils viennent vous chercher sous les tentes d'Achille — Jean Racine (1639-1699)

    Le ciel qui m'a conduit dans les tentes du Maure — Voltaire (1694-1778)

  3. Fig. La guerre, à cause que c'est surtout en campagne que l'on se sert des tentes.

    Il étudiait la géométrie jusques dans sa tente — Fontenelle (1657-1757)

    Il [Bonaparte] fit du glaive un sceptre et du trône une tente, Tout son règne fut un combat — Victor Hugo (1802-1885)

  4. Tente-abri, petite tente légère que les soldats peuvent dresser instantanément en réunissant ensemble plusieurs des morceaux de toile dont chacun d'eux est muni. Au plur. Des tentes-abris.

  5. Terme de marine. Toile tendue sur une partie d'un navire, ou sur ce navire dans toute son étendue, pour mettre le pont à l'abri du soleil. Tente de nage, toile que l'on tend au-dessus des bancs dans quelques embarcations.

  6. Terme de chasse. Sorte de filet que l'on tend pour prendre des bécasses et autres oiseaux de passage.

  7. Dans quelques provinces, barrage en menues branches soutenues par des pieux que l'on fait dans une rivière, et auquel on adapte, devant un petit passage laissé exprès, la gueule d'une nasse pour prendre du poisson.

  8. Terme d'anatomie. Tente du cervelet, repli de la dure-mère tendu entre le cerveau et le cervelet.

Étymologie : Tendre 2 ; provenç. tenda ; espagn. tienda ; ital. tenda

Historique : XIIIe s. Al jardin orent fait dresser la maistre tente Il chevauchent tant qe il furent venu en plain là ù les enimis estoient à tendes XIVe s. Comme fait l'yraigne qui prend les mouches en ses rets et en ses tentes XVIe s. Les Arabes que l'on surnomme Scenites (comme qui diroit Tenteniers), pour ce que c'est un peuple vagabond, qui n'a point d'autres maisons que des tentes qu'il porte tousjours quant et soy Sçavoir au vray les devis qu'il [Brutus] tenoit en sa tente à quelqu'un de ses privez amis, la veille d'une bataille

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 2

s. f.

  1. Terme de chirurgie. Faisceau de charpie longue, dont les filaments sont disposés parallèlement et liés par le milieu avec un fil, et dont on se sert pour les plaies, pour dilater certaines ouvertures, etc.

Étymologie : Tenter. La tente est proprement une sonde ; et l'on disait tenter une plaie pour la sonder : XVe s. Et luy tenterent ses playes, et vont mettre sus ce qu'elles sceurent que bon feust

Historique : XIVe s. Medecine ne tente ne doit toucier sans moien le nerf blecié, fors vin eschaufé XVIe s. Et sera mis en la playe une tente d'or ou d'argent.... Faut mettre une tente de linge delié en quatre ou cinq doubles, trempé en syrop rosat

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Sorte de pavillon fait ordinairement de toile, d’étoffe tendue, dont on se sert à la guerre, à la campagne, pour se mettre à couvert. Les mâts, les cordages, les piquets, les murailles d’une tente. Camper sous la tente. La caravane ne faisait que de dresser ses tentes quand les Arabes arrivèrent. Les marchands avaient tendu leurs tentes à la foire.

  2. Fig. et fam., Se retirer sous sa tente, Se tenir à l’écart par dépit, par mauvaise humeur.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • tentes — pluriel — /tɑ̃tə/
  • tente — singulier — /tɑ̃tə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée tente#60758.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.