tentation
nom, féminin, /tɑ̃tasjɔ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) — Académie 1935 (2 sens)
Littré (1873)
s. f.
Mouvement intérieur par lequel on est porté à des choses soit indifférentes, soit mauvaises.
Je n'ai jamais eu de si basse tentation que celle du gain — Guez de Balzac (1597-1654)
Il me prend des tentations d'accommoder tout son visage à la compote — Molière (1622-1673)
En matière de religion, sollicitation au mal par la suggestion du diable ou par celle de la concupiscence. Particulièrement. La tentation d'ève et d'Adam par le serpent.
La flamme est l'épreuve du fer, La tentation l'est des hommes — Pierre Corneille (1606-1684)
Vous êtes donc bien tendre à la tentation — Molière (1622-1673)
Étymologie : Wallon, temmtâssion, provenç. temptacio, tentacio ; espagn. tentacion ; ital. tentazione ; du lat. tentationem, de tentare, tenter.
Historique : XIIe s. Sulunc le jurn de temptacium el desert Si la temptacions ravist aulcune foiz la pense juske al delit [plaisir] Avient à la fois ke al tens de temptation fiert si grant folie nostre savoir.... XIIIe s. Ne nos moine mie en tentation, mès delivre nos de mal XIVe s. Les stoyciens disoient que celui qui est vertueux ne sent nulle passion ne temptacion de ire ne de concupiscence XVe s. Temps de doleur et de temptacion ; Age de plour, d'envie et de tourment XVIe s. Le despit est la plus forte tentation de toutes les autres
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Attrait vers une chose défendue. Il se dit particulièrement, en termes religieux, du Mouvement intérieur qui excite l’homme au mal. Grande, forte tentation. Résister à la tentation. Succomber, céder à la tentation. C’est une tentation du démon. Les tentations de la chair. Les âmes les plus saintes et les plus pures ne sont pas exemptes de tentations. Il faut chasser cette pensée de votre esprit comme une tentation. Induire en tentation. Les tentations des anachorètes, de saint Antoine dans le désert.
Il se dit, par extension, du Mouvement par lequel on est porté, sollicité à des choses qui sont d’elles-mêmes indifférentes. Il résista à la tentation de répondre, d’écrire, de voyager. Il a bien de la peine à se défendre de la tentation de manger de la viande, des fruits.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- tentations — pluriel — /tɑ̃tasjɔ̃/
- tentation — singulier — /tɑ̃tasjɔ̃/
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