tendresse
nom, féminin, /tɑ̃dʁɛsə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. f.
Qualité de ce qui est tendre ; il se dit du jeune âge.
Une jeune reine, dans laquelle se rencontrent ensemble l'avantage de l'expérience avec la tendresse de l'âge, le loisir de l'étude avec l'occupation d'une royale naissance.... — Pascal (1623-1662)
Délicatesse des formes. Terme de beaux-arts. S'est dit autrefois de la douceur, de la délicatesse et de la légèreté du pinceau, du ciseau. S. f. pl. Terme de gravure. Endroits légers et qui doivent paraître éloignés.
Nul ciseau, nul tour, nul pinceau ne peut approcher de la tendresse avec laquelle la nature tourne et arrondit ses sujets — Bossuet (1627-1704)
Fig. Sensibilité exquise pour les choses morales.
Cette première tendresse d'une conscience innocente, ah ! que vous l'avez endurcie ! la pénitence, la communion, vous avez appris à les profaner — Bossuet (1627-1704)
À mesure que l'esprit religieux s'en va, une certaine crainte de Dieu s'efface, une certaine tendresse de conscience diminue — Bourdaloue (1632-1704)
Sentiment tendre d'amitié, d'affection. Au plur.
Il me déplaît seulement de penser qu'avec toute cette tendresse que vous me témoignez, il y a quelque occasion pour laquelle vous voudriez que je fusse pendu — Voiture (1597-1648)
J'ai une tendresse de cœur pour ceux que Dieu m'a unis plus étroitement — Pascal (1623-1662)
Particulièrement, l'amour. Au plur.
Et même pour Alceste elle a tendresse d'âme — Molière (1622-1673)
Parmi tant de beautés qui briguent leur tendresse, Ils [les sultans] daignent quelquefois choisir une maîtresse — Jean Racine (1639-1699)
Attendrissement.
On me fit là [chez les Pompone] des réponses si tendres, que je ne pus les soutenir sans une extrême tendresse — Mme de Sévigné (1626-1696)
Tendre et pieux penchant.
Vous lui avez donné [à Mlle de Grignan qui voulait entrer en religion] de la tendresse pour de plus grands desseins et de plus hautes vues — Mme de Sévigné (1626-1696)
Objet d'un tendre attachement.
Vous êtes la véritable et la sensible tendresse de mon cœur — Mme de Sévigné (1626-1696)
Au plur. Paroles tendres, témoignages d'affection.
Ils [M. et Mme de Grignan].... me dirent adieu avec des tendresses et des remercîments infinis — Mme de Sévigné (1626-1696)
J'ai reçu et baisé votre lettre, et lu vos tendresses avec des sentiments qui ne s'expliquent point — Mme de Sévigné (1626-1696)
Étymologie : Provenç. tendreza, tenreza ; espagn terneza ; ital tenerezza ; de tener (voy. TENDRE 1). L'ancienne langue disait tendror, au XVIe siècle tendreur : Il nous fault fortifier l'ouie, et la durcir contre cette tendreur du son cerimonieux des paroles
Historique : XIVe s. Ouquel temps de nostre tendresse [enfance] XVIe s. Dureté, mollesse, douleur, tendresse, renitence Les jeunes gens, pour la tendresse et mollesse de leur aage, sont aisement trompés, facilement croient et reçoivent impression
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Qualité de ce qui est tendre; il ne se dit qu’au sens moral de la Sensibilité à l’amitié, à l’amour, aux affections de la nature. La tendresse d’un père pour ses enfants. Aimer avec tendresse. Tendresse de coeur. Tendresse maternelle. Il lui a donné mille marques de tendresse, de sa tendresse.
Il se dit spécialement de l’Amour. Il a beaucoup de tendresse pour elle. Elle a le coeur plein de tendresse pour lui.
TENDRESSES, au pluriel, signifie Caresses, témoignages d’affection. Il me fait mille tendresses. Défiez-vous de toutes ses tendresses.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- tendresses — pluriel — /tɑ̃dʁɛsə/
- tendresse — singulier — /tɑ̃dʁɛsə/
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