tenaillé · tenaille

tenaillé

adjectif, /tənaje/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens)

Littré (1873)

part. passé

  1. Un criminel tenaillé. Fig.

    Voilà encore quatre ou cinq jours que je serai tenaillée, déchiquetée — Mme de Maintenon (1635-1719)

  2. Fortification tenaillée, système de fortification, dû à Montalembert, dont le tracé général est fait suivant une série de triangles équilatéraux réunis à angle droit ; le flanquement est obtenu par des casemates placées dans les rentrants.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (1)
  • tenaillé — singulier masculin — /tənaje/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée tenaillé#92632.

tenaille

nom, féminin, /tənajə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (10 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Instrument de fer composé de deux espèces de mâchoires qui s'ouvrent et se resserrent pour saisir. Apportez la tenaille. Plus usité au plur. Arracher un clou avec des tenailles. Mors de la tenaille, les deux demi-cercles qui sont à un de ses bouts. Tenailles justes, celles avec lesquelles on saisit un lopin peu volumineux ; tenailles goulues, celles qui sont plus ouvertes et avec lesquelles on forge quelques instruments.

    Le parlement condamna Poltrot à être déchiré avec des tenailles ardentes, tiré à quatre chevaux et écartelé, supplice réservé aux assassins des rois — Voltaire (1694-1778)

  2. Instrument de maréchalerie avec lequel on tient le fer pour le travailler sur l'enclume. On distingue la tenaille à mettre au feu, qui sert à tenir le fer placé dans le foyer, et les tenailles à main, plus petites, avec lesquelles on tient le fer pour le frapper et lui donner la forme convenable.

  3. Terme de serrurier. Tenaille à chanfrein, espèce de mordache. Tenaille à vis, petit étau à main, qui sert pour tenir une clef, pour en arrondir la tige.

  4. Terme de treillageur. Outil de fer acéré ayant deux branches avec tête aplatie, servant à couper les pointes et à ployer les tringles.

  5. Dans les manufactures de glaces, on appelle tenailles un cadre de fer avec lequel on embrasse les cuvettes qui tiennent le verre en fusion pour le verser sur la table de cuivre.

  6. Instrument de chirurgie dont on se sert pour couper des esquilles ou des cartilages ; c'est une espèce de pince dont les mors ont beaucoup de force, et sont tranchants dans l'endroit où ils se touchent.

  7. En fortification permanente, petit ouvrage bas, situé en avant de la courtine des fronts bastionnés, à deux faces qui présentent un angle rentrant vers la campagne. Double tenaille, celle qui a un angle saillant au milieu, entre deux angles rentrants. En fortification passagère, combinaison de quatre droites formant un angle rentrant entre deux saillants obtus. Lignes à tenailles, ligne de fortification dont les éléments présentent cette combinaison.

    Deux grandes places d'armes rentrantes, ayant chacune un bon réduit, et, derrière elles, de bonnes tenailles, avec caponnières et poternes de communication au corps de la place — Raynal (1713-1796)

  8. Terme d'entomologie. Nom donné aux crochets recourbés qui terminent l'abdomen des labidoures ou perce-oreilles, et chez les mâles de certaines libellules ou demoiselles.

  9. Poisson des Indes.

  10. Ancien terme de marine. Dans les galères, tenailles de poupe, deux pièces en forme d'arceau surbaissé, dont l'une est à l'entrée de la poupe et l'autre à son extrémité.

Étymologie : Prov. tenalha ; esp. tenaza ; it. tanaglia ; du lat. tenacula, lien, attache, pluriel neutre pris en forme de nom féminin, de tenere, tenir.

Historique : XIIIe s. Ansois [auparavant] fu martez [marteau] et tenaille, Que ne fu li fevres sans faille XIVe s. Pour une tenaille, unes pincettes, et un tirtifeu XVe s. Dan Nichodem, venez o mei, Alum despendre notre rei [Jésus attaché à la croix] ; Nel refusum, tut seit il mort.... Tanailles et martel portez, Dunt li clou serunt derivez XVIe s. Dandelot fit reconnoistre la breche par le capitaine Normand, lequel ayant fidellement rapporté les retranchements, faicts en tenaille dans le ravelin et un plus grand dans la courtine.... Ils sauterent le fossé environ les deux tiers, et viennent mesler dans la…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Instrument de fer composé de deux branches croisées, tenant l’une à l’autre par une goupille, et terminées par des mâchoires qui s’ouvrent et se resserrent de manière à saisir et à serrer quelque objet. Tenaille de menuisier, de forgeron, d’emballeur. Apportez la tenaille. Il s’emploie le plus souvent au pluriel. Le serrurier apporta ses tenailles. Arracher un clou avec des tenailles.

  2. En termes de Fortification, il se dit d’un Ouvrage composé de deux faces qui présentent un angle rentrant vers la campagne et qui sert à couvrir une courtine.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • tenailles — pluriel — /tənajə/
  • tenaille — singulier — /tənajə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée tenaille#60702.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.