s. f.
Instrument de fer composé de deux espèces de mâchoires qui s'ouvrent et se resserrent pour saisir. Apportez la tenaille. Plus usité au plur. Arracher un clou avec des tenailles. Mors de la tenaille, les deux demi-cercles qui sont à un de ses bouts. Tenailles justes, celles avec lesquelles on saisit un lopin peu volumineux ; tenailles goulues, celles qui sont plus ouvertes et avec lesquelles on forge quelques instruments.
Le parlement condamna Poltrot à être déchiré avec des tenailles ardentes, tiré à quatre chevaux et écartelé, supplice réservé aux assassins des rois — Voltaire (1694-1778)
Instrument de maréchalerie avec lequel on tient le fer pour le travailler sur l'enclume. On distingue la tenaille à mettre au feu, qui sert à tenir le fer placé dans le foyer, et les tenailles à main, plus petites, avec lesquelles on tient le fer pour le frapper et lui donner la forme convenable.
Terme de serrurier. Tenaille à chanfrein, espèce de mordache. Tenaille à vis, petit étau à main, qui sert pour tenir une clef, pour en arrondir la tige.
Terme de treillageur. Outil de fer acéré ayant deux branches avec tête aplatie, servant à couper les pointes et à ployer les tringles.
Dans les manufactures de glaces, on appelle tenailles un cadre de fer avec lequel on embrasse les cuvettes qui tiennent le verre en fusion pour le verser sur la table de cuivre.
Instrument de chirurgie dont on se sert pour couper des esquilles ou des cartilages ; c'est une espèce de pince dont les mors ont beaucoup de force, et sont tranchants dans l'endroit où ils se touchent.
En fortification permanente, petit ouvrage bas, situé en avant de la courtine des fronts bastionnés, à deux faces qui présentent un angle rentrant vers la campagne. Double tenaille, celle qui a un angle saillant au milieu, entre deux angles rentrants. En fortification passagère, combinaison de quatre droites formant un angle rentrant entre deux saillants obtus. Lignes à tenailles, ligne de fortification dont les éléments présentent cette combinaison.
Deux grandes places d'armes rentrantes, ayant chacune un bon réduit, et, derrière elles, de bonnes tenailles, avec caponnières et poternes de communication au corps de la place — Raynal (1713-1796)
Terme d'entomologie. Nom donné aux crochets recourbés qui terminent l'abdomen des labidoures ou perce-oreilles, et chez les mâles de certaines libellules ou demoiselles.
Poisson des Indes.
Ancien terme de marine. Dans les galères, tenailles de poupe, deux pièces en forme d'arceau surbaissé, dont l'une est à l'entrée de la poupe et l'autre à son extrémité.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).