tenace
adjectif, /tənasə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (6 sens)
Littré (1873)
adj.
Terme de botanique. Il se dit des plantes qui s'attachent, s'accrochent. Une tige, une feuille tenace.
Qui s'attache à, pour ronger, serrer.
L'intrépide lion dans un piége surpris S'irrite du danger, et de sa dent tenace Ronge, en grondant, la toile où lui-même s'enlace — Nicolas Gilbert (1750-1780)
Il se dit d'un corps dont les parties adhèrent fortement les unes aux autres. Du chanvre très tenace. Métal tenace, métal qui supporte une pression, un tiraillement considérable, sans se rompre. Roche tenace, roche qu'on a de la peine à détacher, à casser.
L'eau chaude et surtout bouillante peut prendre plus de sucre en dissolution que l'eau froide, et former un liquide plus épais, plus tenace que le sirop — Fourcroy (1755-1809)
Quoique l'or soit le plus compacte et le plus tenace des métaux, il n'est néanmoins que peu élastique et peu sonore — Buffon (1707-1788)
Dont on ne peut se défaire, qu'on ne peut écarter, en parlant des personnes.
Ce diable-là est furieusement tenace ; c'est celui qui possède ordinairement les femmes, quand elles ont le diable au corps — Regnard (1655-1709)
Non, je ne vis jamais d'animal si tenace [un créancier] — Regnard (1655-1709)
Fig. Qui est attaché opiniâtrément à ses idées, à ses prétentions. Homme tenace. Il se dit des choses. Préjugé tenace. Avoir la mémoire tenace, ne point oublier ce qu'on a appris. Terme de jeux. Demeurer tenace, à l'hombre, avoir deux cartes, l'une inférieure et l'autre supérieure à la plus haute carte de l'adversaire, et cependant faire les deux levées, parce que l'adversaire doit jouer le premier.
On tient beaucoup aux choses dont on est continuellement occupé, témoin l'obstination tenace des mahométans et des juifs, et la facilité qu'ont de changer de religion les peuples barbares et sauvages — Montesquieu (1689-1755)
Fig. Qui ne donne qu'avec peine, avare. Il est d'une humeur fort tenace, on ne saurait en rien tirer.
Sa fille est riche ; mais l'oncle, qui est tuteur, est tenace — Dancourt (1661-1725)
Étymologie : Lat. tenacem, de tenere, tenir.
Historique : XVIe s. La pituite se rendant plus tenace et visqueuse C'est une maladie [l'absence d'un bon jugement] qui n'est jamais où elle se veoid ; elle est bien tenace et forte
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj. des deux genres
Qui est adhérent, qui tient fortement à quelque chose. Une matière tenace et gluante. La poix est plus tenace que la cire.
En termes de Botanique, il se dit des Plantes et des parties de plantes qui s’attachent, s’accrochent à ce qui les touche, telles que les tiges et les semences du grateron.
Il signifie aussi Dont les parties tiennent fortement ensemble, qui peut soutenir une traction, une pression considérable sans s’allonger, sans se rompre. Un métal tenace.
Il signifie aussi, figurément, Qui est attaché fortement à ses idées, à ses projets, à ses prétentions. C’est un homme fort tenace et qui ne renonce pas aisément à ce qu’il désire, à ce qu’il veut.
Il se dit aussi des Choses. Un caractère, une volonté tenace.
Avoir la mémoire tenace, Ne point oublier ce qu’on a appris.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- tenaces — pluriel — /tənasə/
- tenace — singulier — /tənasə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée tenace#60700.