tenable
adjectif, /tɛnablə/ ou /tənablə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
adj.
Où l'on peut se tenir, demeurer. La campagne n'est pas tenable.
On avait cru y être un jour de plus, pour aller voir le lieu de la bataille ; mais les chemins sont si peu tenables qu'on a changé d'avis — Pellisson (1624-1693)
Quand vous viendrez, les eaux seront grandes, et la place ne sera plus tenable — Mme de Sévigné (1626-1696)
Terme de guerre. Il se dit d'un poste où l'on peut se défendre.
Elles [les lois de la guerre] ne permettent pas de se défendre contre une armée dans une place ou un château qui n'est pas tenable — Saint-Foix (1698-1776)
Jérusalem est dominée de toutes parts ; pour la rendre tenable contre une armée régulière, il faudrait faire de grands ouvrages avancés, à l'ouest et au nord — Chateaubriand (1768-1848)
Étymologie : Tenir.
Historique : XIIe s. Paiz fine e entiere e tenable, Certaine, seüre e estable XIIIe s. N'est-ce donc choso bien provable, Que sa roe [de la fortune] n'est pas tenable ? Car Platon dist, c'est chose voire, Que plus tenable est la memoire De ce qu'on aprent en enfance, De quiconques soit la science XVe s. Et disoit bien que ce n'estoit pas forteresse tenable contre un ost XVIe s. Aucun douaire n'estoit tenable, quand il surpassoit la moitié du vaillant de celui qui doue
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj. des deux genres
En termes de Guerre, il se dit d’un Lieu, d’un poste, d’une place où l’on peut se défendre, où l’on peut demeurer sans un trop grand péril; il s’emploie principalement avec la négation. Cette place n’est pas tenable. Ce poste n’est pas tenable.
Il se dit aussi, dans l’usage ordinaire, avec la négation, d’un Lieu, d’un endroit où l’on ne peut demeurer commodément. Il fait trop froid ici, on étouffe de chaleur dans cette chambre, la place n’est pas tenable.
Il se dit figurément, avec la négation, d’une Fonction que l’on quitte parce qu’on y éprouve des désagréments, parce qu’on y trouve de grandes difficultés. Le ministère se retira; sa position n’était plus tenable.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- tenables — pluriel — /tənablə/ ou /tɛnablə/
- tenable — singulier — /tənablə/ ou /tɛnablə/
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