teinture

teinture

nom, féminin, /tɛ̃tyʁə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Liqueur préparée pour teindre. Préparer de la teinture. Mettre des étoffes à la teinture.

  2. Couleur que cette liqueur laisse sur les choses que l'on teint. Drap d'une belle teinture. Cette étoffe a bien pris la teinture. Fig.

    D'aussi bonne teinture Que jamais on en vit sortir des Gobelins — Mathurin Régnier (1573-1613)

    ....un vieux chapeau gras de mauvaise teinture — Mathurin Régnier (1573-1613)

  3. Action, art de teindre, fixation de particules colorantes à la surface des fibres textiles.

    La teinture est un art qui ne se peut apprendre que par un long temps et beaucoup d'expérience

    L'art de la teinture s'est emparé de l'oxyde de fer ; il en a fait un principe colorant très précieux — CHAPTAL

  4. Terme de pharmacie et de chimie. Solution d'une ou de plusieurs substances simples ou composées, plus ou moins colorées, dans un menstrue convenable : de là les noms de teinture aqueuse, alcoolique, éthérée, suivant que ce menstrue est l'eau, l'alcool ou l'éther. Teinture de tournesol. Teinture d'or, liquide qu'on obtient en versant une huile volatile dans une dissolution de chlorure d'or, et qu'on regardait autrefois comme cordial. Teinture de mars, tartrate de potasse et de fer liquide. Teinture âcre de tartre, combinaison de la potasse ou de la soude caustiques avec l'alcool. Chez les alchimistes, teinture se dit de la pierre philosophale, parce qu'elle teint les métaux moins nobles de la couleur des métaux plus nobles.

    Elle faisait des élixirs, des teintures, des baumes — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

    Je crois que les personnes qui ont pris de la teinture d'or ne peuvent prendre de mauvais air [maladie contagieuse] — Voiture (1597-1648)

  5. Fig. Connaissance superficielle d'une science, d'un art.

    L'auditeur, qui communément n'a qu'une teinture superficielle de l'histoire — Pierre Corneille (1606-1684)

    Il a une teinture de Paris et de l'opéra ; il chante, il est familier — Mme de Sévigné (1626-1696)

  6. Fig. Impression conservée d'une première éducation.

    Il faudrait qu'ils n'eussent aucune teinture d'humanité, si une clémence si peu attendue ne dissipait toute leur haine — Pierre Corneille (1606-1684)

    L'air du monde change en bonnes qualités Ces teintures qu'on prend aux universités — Pierre Corneille (1606-1684)

  7. Fig. Apparence légère.

    Je vous eusse offensée par mes compliments, qui ne pouvaient que retenir la teinture de ma mauvaise humeur — Guez de Balzac (1597-1654)

    Les choses humaines ne sont pas encore si désespérées que les vices, qui ne sont que vices, qui montrent toute leur laideur sans aucune teinture d'honnêteté, soient honorés dans le monde — Bossuet (1627-1704)

  8. Fig. Influence reçue.

    Il faut du temps pour que l'homme reçoive la teinture du ciel ; il en faut plus encore pour que la terre transmette ses qualités — Buffon (1707-1788)

    Le style prend la teinture du caractère — D'Alembert (1717-1783)

Étymologie : Wallon, teinteur ; provenç. tentura ; espagn. et ital. tintura ; du lat. tinctura, de tingere, teindre.

Historique : XIIIe s. Nus ne puet ne ne doit joindre voire [verre] en couleur de cristal pour tainture ne pour painture nule ; quar l'œuvre est fause, et doit estre quassée Et la fenestre estoit overte, Dont il veoit à sa tainture Com ele estoit et nete et pure XIVe s. C'est medecine cordiale Et tainture plus qu'aureale Se tu les vuels avoir noirs [les cheveux], sy comme les Grecs ou les Espaigneux les desirent, fay ceste tainture.... XVIe s. Car fermeté c'est le noir par droicture, Pour ce que perdre il ne peut sa tainture À quoy s'adjoustent raports, soupçons et calomnies, de maniere que, quand quelqu'un…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Liquide préparé pour teindre. Préparer de la teinture. Mettre des étoffes à la teinture.

  2. Il se dit aussi de la Couleur que ce liquide laisse sur les étoffes et sur les autres choses que l’on teint. Du drap d’une belle teinture, d’une bonne teinture. Ce drap a bien pris la teinture.

  3. Il se dit encore de l’Action, de l’art de teindre. Envoyer à la teinture. La teinture est un art fort ancien. La teinture demande beaucoup de soin.

  4. Il se dit, en termes de Chimie et de Pharmacie, de la Dissolution d’une substance dans l’alcool, dans l’éther, etc. Teinture de tournesol. Teinture d’iode.

  5. Il signifie, au figuré, Connaissance superficielle dans quelque science, dans quelque art. Il avait déjà quelque teinture de philosophie. Avoir une légère teinture des belles-lettres.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • teintures — pluriel — /tɛ̃tyʁə/
  • teinture — singulier — /tɛ̃tyʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée teinture#60646.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.