tas

tas

nom, masculin, /ta/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) · 1873 (4 sens) · 1877 (0 sens) — Académie 1935 (7 sens)

Littré (1873) — entrée 2

s. m.

  1. Matrice dont se servent les boutonniers (ce qui est le sens ancien).

  2. Petite enclume portative, placée quelquefois sur le même billot qu'une grande.

  3. Terme de monnayage. Bloc d'acier sur lequel on essaye la sonorité des monnaies frappées.

    Les ayant brisés [des boutons de platine] dans un mortier d'agate et sur un tas d'acier — Buffon (1707-1788)

Étymologie : D'après Scheler, tas représente le radical de tasseau ; mais tasseau est le lat. taxillus, osselet, et de là on ne peut tirer tas. Le sens propre est instrument à faire des boutons ; et c'est de là qu'il a pris dans d'autres métiers le sens de petit bloc, de petite enclume. Il semble probable que ce n'est pas autre chose que le mot tas 1.

Historique : XIIIe s. Nus [nul] bouclier de fer ne peut ferir boucles en tas, quar elles ne sont ne bonnes ne loiaus XIVe s. Que nuls orfevres ne puissent faire planches de boutons ferues en tas, qui ne se reviennent massives et toutes pleines, Statuts des orfévres de Paris

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 1

s. m.

  1. Accumulation de choses de la même espèce. Un tas de papiers. Mettre en tas, en un tas. Populairement. Mettre plusieurs choses ablativo tout en un tas, les mettre ensemble confusément. Familièrement. Se mettre tout en tas, se ramasser et se mettre en un peloton. Fig. Crier famine sur un tas de blé, se plaindre au milieu de l'abondance. Il ferait rire un tas de pierre, se dit d'un plaisant. Fig. et familièrement. Un tas de, beaucoup de.

    Là sur des tas poudreux de sacs et de pratique Hurle tous les matins une sibylle étique, On l'appelle chicane — Boileau (1636-1711)

    Il s'agit [dans une guerre], dit le philosophe, de quelques tas de boue grands comme votre talon ; ce n'est pas qu'aucun de ces millions d'hommes qui se font égorger prétende un fétu sur ces tas de boue — Voltaire (1694-1778)

  2. Multitude de gens, en mauvaise part, par mépris. Tirer dans le tas, lâcher son coup de fusil sur une masse d'hommes ou d'animaux, sans en viser un en particulier.

    Certes, c'est lâchement qu'un tas de médisants.... De frivoles soupçons nos courages étonnent — Malherbe (1555-1628)

    Un tas d'hommes perdus de dettes et de crimes, Que pressent de mes lois les ordres légitimes — Pierre Corneille (1606-1684)

  3. Au trictrac, se dit de l'amas de dames qu'on fait avant de commencer le jeu.

  4. Terme d'architecture. Se dit de la masse d'un ouvrage en construction. Approcher des matériaux sur le tas, les monter de sorte qu'ils soient prêts à être employés. Tas de charge, dans les voûtes gothiques, se dit des coussinets à branches, d'où partent les ogives, formerets, arcs doubleaux, etc. Terme de maçonnerie. Tailler sur le tas, se dit lorsque la taille, au lieu de se faire au chantier, s'exécute au bâtiment. Terme de charpentier. La place sur laquelle on raccorde, dans le bâtiment, une pièce que l'on pose. On dit faire une mortaise, un tenon, un coupement, une entaille sur le tas. Terme de ponts-et-chaussées. Tas ou tas droit, rangée de pavés en ligne droite, sur le milieu d'une chaussée.

Étymologie : Berry, à tas : il y avait du monde à tas dans l'assemblée ; provenç. tatz ; du germanique : anglo-sax. tass ; néerlandais, tas, amas de blé ; anc. haut-allem. zas ; ou du celtique : gaélique, tas ; kymri, dâs ; bas-breton, dastum.

Historique : XIIIe s. Et quant crestiien virent le roi ensi maintenir, si se ferirent tout à un tas en mer et prirent terre XIVe s. Un tas.... De fain [foin] en une grange qu'on ot fait entasser XVe s. [Les François] ocioient [les Flamands] à grands tas en la boue et ès maisons où ils se traioient Et feroit à tas de son espée sur le bassinet et sur le dos du seigneur de Sconnevort Lesquelx se bouterent et musserent tous ensemble en une tasse de boys Et comme furent traictez ung tas de povres francs archiers qui avoient esté prins dedans Neelle XVIe s. Soubdain vindrent à tas saiges femmes de tous coustez B…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré — Supplément (1877) — entrée 3

s. m.

    Étymologie : Forme normande de tac, salamandre (voy. TAC, n° 3).

    Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, Supplément — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

    Académie française, 8e édition (1935)

    n. m.

    1. Monceau, amas de quelque chose. Tas de foin, de blé, de pommes, de fagots, de papiers, de pierres. Faire un tas. Mettre en tas. Assembler, amasser en un tas. Il y a tant de sauterelles dans la campagne qu’on les trouve par tas.

    2. Fig. et fam., Crier famine sur un tas de blé, Se plaindre comme si l’on manquait de tout, quoiqu’on soit dans l’abondance.

    3. Fig. et fam., Il a fait un tas de mensonges, de friponneries, Il a fait beaucoup de mensonges, de friponneries les unes sur les autres. On dit de même : Elle a eu un tas d’aventures. Etc.

    4. TAS se dit figurément et familièrement d’une Multitude de gens amassés ensemble; et alors il ne s’emploie guère qu’en mauvaise part et par mépris. Un tas de coquins, de fainéants, de fripons, de filous.

    5. Fam., Taper, frapper, tirer dans le tas, à travers une foule, au hasard.

    6. TAS se dit encore d’une Enclume portative, qui sert aux orfèvres et à divers autres ouvriers.

    7. En termes d’Architecture, Tas de charge, Assise de pierre horizontale placée sur une colonne, un pilier, etc., et qui supporte un arc, une voûte, etc.

    Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

    Grammaire et formes (1)
    • tas — forme de base — /ta/

    Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée tas#60478.

    Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.