tablature

tablature

nom, féminin, /tablatyʁə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Ancien terme de musique. Pièce de musique qui est écrite sur un papier, qui est tirée à cinq ou six lignes, et qui est en notes, en chiffres ou en lettres pour servir à apprendre la musique vocale ou instrumentale. Voilà de la tablature pour la guitare. Enseigner par tablature. Entendre, savoir la tablature. Tablature alphabétique, emploi des lettres de l'alphabet pour noter les parties du luth, de la guitare et de quelques instruments du même genre. Il s'est dit aussi d'un tableau qui représente un instrument à vent et à trous, et qui indique quels trous doivent être bouchés ou bien ouverts, pour former toutes les notes.

    Si quelqu'un pouvait apprendre en un jour à jouer du luth excellemment, par cela seul qu'on lui aurait donné de la tablature qui serait bonne — Descartes (1596-1650)

    Ce Roussel était un des fins danseurs d'Angleterre, je veux dire pour les contredanses ; il en avait un recueil de deux ou trois cents en tablature qu'il dansait toutes à livre ouvert — Antoine Hamilton (1646-1720)

  2. Fig. Ce qui sert d'enseignement (sens figuré qui a vieilli comme le sens propre). Il lui donnerait de la tablature sur cette matière, il est plus habile que lui là-dessus, il lui en remontrerait (locution qui a vieilli). Entendre la tablature, être rusé, capable de mener une intrigue. Figurément et familièrement. Donner de la tablature à quelqu'un, lui causer de la peine, du souci, le mettre en cervelle.

    Le dictateur a été le pédagogue des triumvirs, bien qu'il y ait eu quarante-six ans entre lui et eux ; la première proscription a été la tablature de la seconde : Sylla l'a bien pu ; pourquoi ne le pourrai-je pas ? — Guez de Balzac (1597-1654)

    Ne m'importunez plus de votre tablature ; Sans vos instructions je sais bien mon métier — Pierre Corneille (1606-1684)

Étymologie : Dérivé de table.

Historique : XVIe s. Je lui donnay de la tablature de M. le Grand ; je luy appris à tourner les talons en dedans, à cheminer en oye, et de pareille gravité

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. T. de Musique — Notation musicale spéciale. Tablature de luth.

  2. Fig. et fam., Donner de la tablature à quelqu’un, Lui donner de l’embarras, lui susciter quelque affaire fâcheuse.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • tablatures — pluriel — /tablatyʁə/
  • tablature — singulier — /tablatyʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée tablature#60079.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.