symphonie
nom, féminin, /sɛ̃foni/ ou /sɛ̃fɔni/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (2 sens)
Littré (1873)
s. f.
Réunion de voix, ensemble de sons (sens primitif).
Il [Nabuchodonosor] érige sa magnifique statue.... il étourdit tous les sens par le bruit de sa symphonie et par celui des acclamations qu'on fait autour d'elle — Bossuet (1627-1704)
Dans la musique ancienne, accord ou sons concordants, par opposition à la diaphonie ou sons discordants.
Il [Isidore de Séville] ne compte que cinq symphonies ou accords, l'octave, la quarte, la quinte, l'octave et la quinte [la douzième] et la double octave — D'ORTIGUE
Au XVIIe siècle et dans le XVIIIe, depuis le succès des opéras de Lulli, musique exécutée par l'orchestre seul. Fig.
Il est dans nos opéras un genre de symphonie sur lequel nous nous arrêterons un moment, ce sont les ouvertures — D'Alembert (1717-1783)
Je n'en dirai pas autant des symphonies de Lulli [autant de bien que de son récitatif] ; aucune n'approche seulement de l'ouverture du Déserteur — Voltaire (1694-1778)
Depuis la fin du XVIIIe siècle, composition instrumentale pour orchestre dans la forme de la sonate, c'est-à-dire renfermant trois ou quatre morceaux de mouvements et de caractères différents. Symphonie caractéristique, celle qui a pour but de peindre quelque caractère moral ou quelque phénomène physique ; ou bien qui a une couleur bien tranchée, un coloris qui lui est propre, comme la symphonie pastorale de Beethoven.
Aujourd'hui il [le mot symphonie] ne sert plus qu'à désigner les grandes compositions écrites pour orchestre, les symphonies de Haydn, de Mozart — D'ORTIGUE
C'est en 1754, après trois années d'essais et d'études, qu'il [Gossec] fit entendre sa première symphonie ; par un singulier hasard, cette même année où il croyait inventer ce genre, Haydn écrivait sa première symphonie, qui fut suivie de tant d'autres ; mais ce n'est que vingt ans plus tard que ces chefs-d'œuvre immortels furent connus en France, et dans cette période Gossec régna sans partage, et le titre de roi de la symphonie lui fut décerné sans contestation — AD. ADAM
Instruments de musique qui accompagnent les voix. Musique vocale avec symphonie, sans symphonie. Il désigne quelquefois les instruments à cordes dans un orchestre, par opposition aux instruments à vent, qui font ce qu'on appelle l'harmonie.
Corps de symphonistes.
A telles enseignes que j'ai ordre de commander cent bouteilles de Surène pour abreuver la symphonie — Lesage (1668-1747)
Le roi de Sardaigne avait alors la meilleure symphonie de l'Europe — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Étymologie : Συμφωνία, de σὺν, avec, et φωνὴ, voix (voy. PHONÉTIQUE).
Historique : XIVe s. Symphonie est concorde de plusieurs sons ensemble
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Concert d’instruments de musique.
Il se dit aussi d’une Composition musicale destinée à être exécutée par des instruments concertants. La symphonie en ut mineur de Beethoven. La neuvième symphonie ou symphonie avec choeurs. La symphonie héroïque.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- symphonies — pluriel — /sɛ̃fɔni/ ou /sɛ̃foni/
- symphonie — singulier — /sɛ̃fɔni/ ou /sɛ̃foni/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée symphonie#59607.