sympathie
nom, féminin, /sɛ̃pati/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (2 sens)
Littré (1873)
s. f.
Terme de physiologie. Rapport existant entre deux ou plusieurs organes plus ou moins éloignés les uns des autres, et qui fait que l'un d'eux participe aux sensations perçues ou aux actions exécutées par l'autre. Il y a sympathie entre les parties d'un même organe et entre les organes divers d'un même appareil. Terme de pathologie. Influence morbide qu'un organe malade exerce sur certains autres qui ne sont pas directement attaqués. Fig.
Quand le chef souffre, tous les membres souffrent par sympathie — Bourdaloue (1632-1704)
Penchant instinctif qui attire deux personnes l'une vers l'autre.
L'aveugle sympathie est ce qui fait agir [dans l'amour] — Pierre Corneille (1606-1684)
Il est des nœuds secrets, il est des sympathies, Dont par le doux rapport les âmes assorties S'attachent l'une à l'autre — Pierre Corneille (1606-1684)
Terme de philosophie. La faculté que nous avons de participer aux peines et aux plaisirs des autres.
La sympathie sert de contre-poids à l'égoïsme
Sorte de penchant supposé par les anciens entre différents corps ; aptitude à s'unir, à se pénétrer. Les sympathies entre certains animaux. Le mercure s'unit à l'or par sympathie. Poudre de sympathie, poudre préparée avec du vitriol calciné au soleil, que l'on jetait sur le sang sorti d'une blessure, et que l'on prétendait guérir la personne blessée, quoiqu'elle fût éloignée. Encre de sympathie ou encre sympathique, encre sans couleur qui noircit lorsqu'on la soumet à un certain agent.
Une sympathie, une correspondance singulière n'était pour eux [les anciens] qu'un phénomène ; et c'est pour nous un paradoxe, dès que nous ne pouvons le rapporter à nos prétendues lois du mouvement — Buffon (1707-1788)
Le baume tranquille no faisait plus rien ; c'est ce qui m'a fait courir avec transport à votre poudre de sympathie, qui est un remède tout divin ; ma plaie a changé de figure, elle est quasi sèche et guérie — Mme de Sévigné (1626-1696)
Rapport, convenance que certaines choses ont entre elles. Il y a une sympathie naturelle entre certains sons et les émotions de notre âme. Terme de peinture. Propriété qu'ont certaines couleurs de plaire et de se faire mutuellement valoir, rapprochées ou mêlées ensemble.
Étymologie : Συμπάθεια, de σὺν, avec, et πάθος, affection, passion.
Historique : XVIe s. Et, à fin qu'on ne se moque de cette sympathie que j'ay avecques elles [pour les bestes]
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Penchant instinctif qui attire des personnes les unes vers les autres. Il y a une grande sympathie entre eux. Les effets de la sympathie. éprouver de la sympathie pour quelqu’un. Ne sentir pour quelqu’un aucune sympathie.
Il désigne également notre Accord avec le sentiment d’autrui, le pouvoir que nous avons de participer aux peines et aux plaisirs les un des autres. La sympathie sert en nous de contre poids à l’intérêt personnel.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- sympathies — pluriel — /sɛ̃pati/
- sympathie — singulier — /sɛ̃pati/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée sympathie#59600.