supposition
nom, féminin, /sypɔzisjɔ̃/ ou /sypozisjɔ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (6 sens)
Littré (1873)
s. f.
Action de supposer.
Proposition que l'on suppose comme vraie ou comme possible, afin d'en tirer quelque conséquence. Familièrement et absolument. Une supposition, pour dire : je propose l'hypothèse suivante.
Il faut vivre autrement dans le monde selon ces diverses suppositions : si l'on pouvait y être toujours ; s'il est sûr qu'on n'y sera pas longtemps, et incertain si on y sera une heure ; cette dernière supposition est la nôtre — Pascal (1623-1662)
Comme il [Montaigne] a voulu chercher quelle morale la raison devrait dicter sans la lumière de la foi, il a pris ses principes dans cette supposition — Pascal (1623-1662)
Conjecture, opinion qui n'est pas appuyée de preuves positives. Une supposition hasardée.
On veut déshonorer par une indigne supposition tout ce qu'il y a de plus auguste dans le royaume — Olivier Patru (1604-1681)
Du souhait à la supposition, le trajet est facile — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Production d'une pièce fausse, allégation d'un fait controuvé. Supposition de testament. Supposition de nom, de personne, l'action de mettre un nom, une personne à la place d'une autre. Supposition d'enfant, action frauduleuse ayant pour but de faire reconnaître un enfant pour fils ou fille de ceux dont il n'est pas né. Supposition de part, voy. PART 1.
Je suis la victime de l'infidélité et de la supposition la plus condamnable [une édition de l'Essai sur les mœurs] — Voltaire (1694-1778)
Il traita leurs discours d'impostures et de lâches suppositions — RICCOBONI
Attribution d'un ouvrage à des temps ou à un auteur auquel il n'appartient pas.
Le dernier critique qui a fait voir évidemment la supposition [du Testament de Richelieu], est le savant Lamonnoye ; on veut récuser aujourd'hui son témoignage, parce qu'il est trop décisif — Voltaire (1694-1778)
Voilà cette lettre vraie ou supposée du roi de Prusse au marquis d'Argens.... il est sûr qu'elle est de son style ; mais cette preuve suffit-elle contre un grand nombre d'autres qui semblent constater la supposition ? — Diderot (1713-1784)
Terme de musique. Artifice d'harmonie imaginé et ainsi dénommé par Rameau, qui consiste à faire entendre, au-dessous d'un accord complet, une note de basse qui lui est étrangère, et qui le transforme en un tout autre accord.
Étymologie : Lat. suppositionem, de supponere, de sub, sous, et ponere, poser. On disait aussi supposement.
Historique : XIVe s. Supposition false XVe s. Malement pouvons nous savoir, car les Anglois sont couverts, quelle chose ils feront, ni où ils se trairont, fors que par supposition
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Proposition que l’on suppose comme vraie ou comme possible, afin d’en tirer quelque induction. Dans la supposition que vous faites, il faudrait qu’il ne m’eût pas dit la vérité. Cette supposition est inadmissible. Dans la supposition qu’il agira comme vous le dites, je dois éviter de le voir. Dans cette supposition, il aurait tort d’agir ainsi.
Il signifie aussi Conjecture, opinion favorable ou défavorable qui ne résulte pas de preuves positives. Ce qu’il dit là est une pure supposition. C’est une supposition gratuite. Cette supposition est fort injurieuse pour lui. Celle supposition est peu obligeante pour moi, est très honorable pour moi. Vous faites des suppositions singulières, d’étranges suppositions. Cette supposition n’a rien qui doive, qui puisse le blesser.
Il signifie encore Production d’une fausse pièce, allégation d’un fait controuvé. La supposition d’un contrat, d’un testament, d’un titre. La supposition d’un fait.
Supposition de personne, de nom, Action de mettre une personne, un nom à la place d’une autre.
Supposition d’enfant, Action de celui qui veut faire passer, faire reconnaître un enfant pour fils ou fille de ceux dont il n’est pas né.
En termes de Jurisprudence, Supposition de part, Crime qui se commet en attribuant un enfant à une femme qui n’est point accouchée, ou en en substituant un à celui dont elle est mère.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- suppositions — pluriel — /sypɔzisjɔ̃/ ou /sypozisjɔ̃/
- supposition — singulier — /sypɔzisjɔ̃/ ou /sypozisjɔ̃/
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