v. a.
Porter, en étant dessous. Un seul pilier supporte toute la voûte.
La première [pièce de bois] qui pesait 188 livres, a supporté, pendant 46 minutes, une charge de 11 475 livres — Buffon (1707-1788)
Fig. Souffrir, endurer.
Ceux qui sont échappés du naufrage disent un éternel adieu à la mer ; et, comme disait un ancien, ils n'en peuvent même supporter la vue — Bossuet (1627-1704)
La faiblesse du corps de sainte Thérèse pouvait à peine supporter la joie de son âme — Fléchier (1632-1710)
Avoir de la patience pour une personne ou une chose. Il y a de la charité à supporter les défauts de son prochain. Absolument. Se faire supporter, obtenir d'être supporté.
Je suis un homme simple, dépourvu de science et plein de faiblesse comme les autres ; c'est beaucoup si vous me supportez — Voltaire (1694-1778)
On supporte si aisément dans une société les gens insupportables — Jean-Jacques Barthélemy (1716-1795)
Ne pas trouver trop mauvais.
Il y a des situations d'esprit favorables à la lecture des ouvrages qui n'ont point d'ordre : quelquefois, par exemple, je lis Montaigne avec beaucoup de plaisir ; d'autres fois, j'avoue que je ne puis le supporter — CONDIL.
Ne pas supporter, avec que et le subjonctif, s'irriter de ce que.
Neptune, quoique favorable aux Phéniciens, ne pouvait supporter plus longtemps que Télémaque eût échappé à la tempête qui l'avait jeté contre les rochers de l'île de Calypso — Fénelon (1651-1715)
Fig. Être assez fort pour s'accommoder à.
Après cela, faut-il s'étonner si Archestrate disait que la Grèce entière n'était pas assez puissante pour supporter deux Alcibiades ? — Fénelon (1651-1715)
Interrogé [Solon] s'il avait donné aux Athéniens les meilleures de toutes les lois, il répondit les meilleures qu'ils pouvaient supporter — Jean-Jacques Barthélemy (1716-1795)
Prendre le parti de, soutenir.
Nous ne sommes pas gens à la supporter dans de mauvaises actions — Molière (1622-1673)
Celui-ci est un grand faux monnayeur et qui supporte certains corsaires — TALLEMANT
Résister à. Ce navire ne supporterait pas la mer.
Les hommes, les animaux et les plantes peuvent supporter pendant quelque temps la rigueur de ce froid extrême, qui est de 60 degrés au-dessous de la congélation ; pourraient-ils également supporter une chaleur qui serait de 60 degrés au-dessus ? — Buffon (1707-1788)
Être assujetti à.
Le gouvernement a voulu rester l'arbitre des frais de douane que les soieries et les cafés destinés pur l'État seraient obligés de supporter — Raynal (1713-1796)
Se supporter, v. réfl. Se souffrir patiemment les uns les autres. Les hommes doivent se supporter les uns les autres.
Avoir pour soi-même de l'indulgence.
Comment nous pouvons-nous supporter nous-mêmes, en croyant de si grands mystères et les déshonorant tout ensemble par un mépris si outrageux ! — Bossuet (1627-1704)
Cette âme, qui s'est tant aimée et tant cherchée, ne se peut plus supporter aussitôt qu'elle est seule avec elle-même — Bossuet (1627-1704)
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).