supplice
nom, masculin · /syplisə/
Usage : d'usage courant (8.57 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Souffrance physique ou morale intense qui se prolonge dans le temps.
Attendre ce diagnostic fut un supplice pour toute la famille.
Synonymes : torture, calvaire.
« Quiconque aima jamais porte une cicatrice ; Chacun l'a dans le sein, toujours prête à s'ouvrir ; Chacun la garde en soi, cher et secret supplice, Et mieux il est frappé, moins il en veut guérir »Alfred de Musset (1810-1857)
« J'étais au supplice, quand, pour m'achever, le maître de la maison me rappela.... »Charles Pinot Duclos (1704-1772)
Histoire. Peine corporelle particulièrement douloureuse infligée autrefois à un condamné.
Le supplice de la roue était réservé aux crimes les plus graves.
« Comme on traînait au supplice ces deux fidèles témoins de Jésus-Christ ressuscité.... »Bossuet (1627-1704)
« On a toujours remarqué que les pays où les supplices sont le plus terribles, sont aussi ceux où ils sont le plus fréquents »Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Littéraire. Dans l'expression dernier supplice, peine de mort : condamner quelqu'un au dernier supplice.
À l'aube, on conduisit le condamné au dernier supplice.
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : être au supplice
Grammaire et formes (2)
- supplices : pluriel · /syplisə/
- supplice : singulier · /syplisə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 5 sens
s. m.
Punition corporelle ordonnée par arrêt de la justice. Par extension. Condamner au dernier supplice, condamner à mort. Mener quelqu'un au supplice, le mener à un supplice qui est suivi de la mort. Les supplices éternels, les peines des damnés.
Je vais, comme au supplice, à cet illustre emploiPierre Corneille (1606-1684)
[Qu'il] De sa rébellion reçoive le suppliceRotrou (1609-1650)
Il signifie quelquefois simplement la mise à mort, sans idée de jugement.
Le fils d'Agamemnon vient hâter son supplice [du fils d'Hector]Jean Racine (1639-1699)
Par extension, tout ce qui cause une vive douleur de corps, et qui dure quelque temps. La goutte est un supplice. Familièrement. Être au supplice, souffrir beaucoup de quelque mal, de quelque incommodité. Fig. Être au supplice, avoir quelque inquiétude, ou être impatienté. On dit de même : mettre au supplice.
Si messieurs vos maris vous aimaient tant, mesdames, voudraient-ils vous faire souffrir tous les ans un plus grand supplice que ne sont ceux des roués ?Mme de Sévigné (1626-1696)
Je veux.... Des souliers où mes pieds ne soient point au suppliceMolière (1622-1673)
Fig. Grande peine d'esprit, grande souffrance morale. L'ambition a ses supplices. Porter le supplice, porter la peine.
.... tu veux donc vivre en d'éternels supplices ?Pierre Corneille (1606-1684)
Je vois bien que ma vue est pour elle un suppliceMolière (1622-1673)
Fig. et poétiquement. Personne qui cause le supplice, le tourment.
Ceux-là partout à charge et les vivants supplices De qui se condamne à les voir, Mais plus encore à charge à leurs propres caprices, Se donnent plus de mal qu'ils n'en font recevoirPierre Corneille (1606-1684)
Étymologie : Lat. supplicium, supplice, proprement offrande, prière, de supplicare (voy. SUPPLIER), ainsi dit parce que, quand on allait exécuter à mort un citoyen romain, le rex sacrorum dévouait le coupable aux dieux au moyen d'une prière et d'un sacrifice, afin de laver le peuple romain des suites du sang versé.
Historique : XVIe s. Nule vie sans son suplice Tel vie, tel supplice
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 8 sens
n. m.
Peine corporelle ordonnée par la justice. Le supplice de la roue, du fouet, de la marque, du carcan, du gibet. Le supplice des parricides. Des instruments de supplice. L’instrument du supplice.
Condamner quelqu’un au dernier supplice, Le condamner à mort. Mener quelqu’un au supplice, Le mener à l’endroit où il doit être exécuté.
Les supplices éternels, Les peines de l’enfer.
SUPPLICE se dit d’une façon générale des Souffrances corporelles infligées aux vaincus, aux prisonniers, à toute sorte de victimes. Malheur à celui qui tombe aux mains de ces peuples barbares : ils le feront périr dans d’atroces supplices.
Il se dit, par extension, de Tout ce qui cause une vive douleur de corps et qui dure quelque temps. La goutte est un supplice, un supplice cruel.
Fig. et fam., être au supplice, Souffrir beaucoup de quelque mal, de quelque incommodité, de quelque douleur physique ou morale. J’ai une migraine violente, je suis au supplice. Ne vous voyant pas revenir, j’étais au supplice. Témoin de son embarras, j’étais au supplice. Je suis au supplice quand il faut que je l’écoute. On dit de même, par exagération : Avec ses discours fastidieux, il me met au supplice.
SUPPLICE se dit figurément de Tout ce qui cause une peine, une affliction, une inquiétude violente et de quelque durée. C’est un supplice pour moi que d’entendre cet homme-là. Depuis la dernière lettre de mon fils, le manque de nouvelles me met au supplice. Le supplice de l’absence. Le supplice de l’attente.
Fig., Supplice de Tantale, état d’une personne obligée de se priver d’une chose qui s’offre à sa vue et qui la tente.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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