superstition

superstition

nom, féminin, /sypɛʁstisjɔ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Sentiment de vénération religieuse, fondé sur la crainte ou l'ignorance, par lequel on est souvent porté à se former de faux devoirs, à redouter des chimères, et à mettre sa confiance dans des choses impuissantes.

    La piété est différente de la superstition ; soutenir la piété jusqu'à la superstition, c'est la détruire — Pascal (1623-1662)

    [M. de Montausier] chrétien de bonne foi, sans superstition et sans hypocrisie — Fléchier (1632-1710)

  2. Pratique superstitieuse, croyance superstitieuse. La confiance qu'on avait aux oracles chez les anciens était une superstition. Particulièrement. Vaine observation religieuse pratiquée par les anciens et défendue par l'Église.

    Laissons là de Joad l'audace téméraire, Et tout ce vain amas de superstitions Qui ferment votre temple aux autres nations — Jean Racine (1639-1699)

    La superstition, en général, est toujours une erreur ; mais les superstitions particulières ont quelquefois un fondement raisonnable — Buffon (1707-1788)

  3. Vain présage que l'on tire d'accidents purement fortuits. Il ya de la superstition à croire qu'une salière renversée présage un malheur.

  4. Fig. Tout excès d'exactitude, de soin, en quelque matière que ce soit.

    Ceux qui l'avaient pratiqué [l'art des fortifications], ou qui en avaient écrit, s'étaient attachés servilement à certaines règles établies, quoique peu fondées, et à des espèces de superstitions, qui dominent toujours longtemps en chaque genre, et ne disparaissent qu'à l'arrivée de quelque génie supérieur — Fontenelle (1657-1757)

    Une si petite attention s'ennoblissait par son principe ; et combien ne serait-il pas à souhaiter que le bien public fût toujours aimé avec autant de superstition ? — Fontenelle (1657-1757)

Étymologie : Lat. superstitionem, d'un verbe archaïque superstitare, protéger, de super, au-dessus, et stare, se tenir : superstitio, la crainte des dieux, le respect de leur protection, et, en mauvaise part, superstition.

Historique : XVe s. Qu'à la superstition de vos ydoles renoncez, et au vray Dieu qui vous a creé vous convertissez XVIe s. Il me semble que la superstition a esté nommée de ce qu'en ne se contentant pas de ce qui estoit ordonné de Dieu, elle a fait un amas superflu de choses vaines

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Vaine croyance, qui prête un caractère sacré à certains phénomènes, à certains actes, à certaines paroles. La superstition est ennemie de la religion. Rien n’est plus opposé à la véritable dévotion que la superstition.

  2. Il se dit aussi des Pratiques inspirées par cette croyance. La confiance qu’on avait aux devins, aux oracles était une superstition païenne. Chez ce peuple, le culte religieux n’est qu’un amas de superstitions.

  3. Il se dit particulièrement du Vain présage qu’on tire de certains accidents qui sont purement fortuits. Il y a de la superstition à croire qu’une salière renversée et le sel répandu sur la table présagent un malheur. Croire que, lorsqu’on se trouve treize à table, il doive mourir un des convives dans l’année est une superstition.

  4. Il se dit figurément de Tout excès d’exactitude, de soin, en quelque matière que ce soit. Pousser le souci de l’exactitude jusqu’à la superstition. Avoir la superstition de l’étiquette.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • superstitions — pluriel — /sypɛʁstisjɔ̃/
  • superstition — singulier — /sypɛʁstisjɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée superstition#59155.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.