superflu
adjectif, /sypɛʁfly/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
adj.
Qui est de trop. Des ornements superflus. Terme de botanique (système de Linné). Polygamie superflue, ordre qui comprend des fleurs hermaphrodites au disque et femelles à la circonférence. Rimes superflues, celles qui embrassent non-seulement la syllabe consonante tout entière, mais tout ou partie de la syllabe précédente, comme jalousie et Andalousie.
Un rude hiver achève de dépouiller la princesse Anne de ce qui lui restait de superflu — Bossuet (1627-1704)
Elle [Mme d'Aiguillon] donna ce qu'elle avait de superflu..., elle se retrancha de ce que d'autres auraient pris pour nécessaire — Fléchier (1632-1710)
Inutile.
Vous ne vouliez pas me rendre un office superflu — Guez de Balzac (1597-1654)
Refusa-t-il à quelqu'un la liberté de lui dire des choses nécessaires ? n'accorda-t-il pas à plusieurs la consolation de lui en dire de superflues ? — Fléchier (1632-1710)
S. m. Ce qui est de trop. Par plaisanterie.
C'est [la purgation des capucins] un remède pour ôter le superflu bien superflu — Mme de Sévigné (1626-1696)
Le point principal n'est pas d'avoir du superflu en hommes, mais de rendre ce que nous en avons le moins malheureux qu'il est possible — Voltaire (1694-1778)
Ce qui est, pour la vie, au delà du nécessaire.
Pour le pourvoir de ce nécessaire qu'il [le pauvre] n'a pas, vous emploierez ce superflu que vous avez — Bourdaloue (1632-1704)
Les hommes veulent tout avoir, et ils se rendent malheureux par le désir du superflu — Fénelon (1651-1715)
Étymologie : Provenç. superflu ; espagn. et ital. superfluo ; du lat. superfluus, de super, au-dessus, et fluere, couler (voy. FLUER).
Historique : XIVe s. Et dient en tel cas lez expositeurs, que une negacion est superflue J'entens art humain par science De philosophie et prudence, Qui vienne des mains preparer La matiere, puis separer Le superflu XVe s. Le vray deduit estoit de regarder la belle pucelle qui ordonnée estoit pour le pris ; car tant estoit superflue en toutes exquises beaultez, qu'elle rassasioit tous ceulx qui la regardoient XVIe s. Je ne seray point superflu [prolixe] en ramassant ici ce qu'on peut trouver en leurs livres L'homme superflu et excessif en s'aimant trop, se va apauvrissant Quand le peu suffit, le beaucoup d…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj.
Qui est de trop. Ces meubles, ces ornements sont superflus. Dépense superflue. Train superflu.
Il signifie aussi Qui est inutile. Des paroles superflues. Des raisonnements superflus. Regrets superflus. Soins superflus.
SUPERFLU s’emploie aussi comme nom masculin et désigne Ce qui est de trop, ce qui est au-delà du nécessaire. Les sages ne désirent que le nécessaire, ils se mettent peu en peine du superflu. Le superflu, chose si nécessaire. Donner un peu de son superflu.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (4)
- superflues — pluriel féminin — /sypɛʁfly/
- superflus — pluriel masculin — /sypɛʁfly/
- superflue — singulier féminin — /sypɛʁfly/
- superflu — singulier masculin — /sypɛʁfly/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée superflu#59135.