superficie

superficie

nom, féminin, /sypɛʁfisi/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. L'étendue d'une surface. La superficie d'un champ. Terme de droit. La superficie cède au fonds, la surface du terrain et, en conséquence, tout ce qui est bâti ou planté dessus appartient au propriétaire du fonds. Droit de superficie, droit de propriété de la superficie et de ce qui est bâti dessus, détaché, par convention, du droit de propriété du fonds.

    Comme on dit que la superficie du royaume contenait trente mille lieues carrées et chaque lieue 550 personnes au moins — Vauban (1633-1707)

  2. Particulièrement, en termes de géométrie, surface d'un corps considéré quant à sa longueur et à sa largeur, sans égard à sa profondeur. La superficie de la terre.

    La superficie la plus égale n'est, par rapport aux petits corps qui composent la lumière, qu'un amas de montagnes, de cavités, d'intervalles — Voltaire (1694-1778)

    Si la superficie d'un corps est comme le carré de son diamètre, la solidité de ce corps est comme le cube de ce même diamètre — Voltaire (1694-1778)

  3. Surface des corps considérée comme ayant quelque profondeur. Enlever la superficie d'un corps.

  4. Par extension, l'apparence extérieure du corps.

    Qui ne voit avec quelle pompe elles [les dames] étalent cette beauté qui ne fait que colorer la superficie ? — Bossuet (1627-1704)

  5. Fig. Ce qui est comparé dans les objets moraux à la superficie des objets physiques. S'arrêter à la superficie, ne point aller au fond des choses.

    L'honnêteté, la douceur, une superficie de confiance, la causerie — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Feu M. du Hamel, qui ne jugeait pas les hommes par la superficie — Fontenelle (1657-1757)

  6. Fig. Il se dit d'apparences morales, sans que le fonds s'y trouve.

    Cette vaine et fastueuse religion qui se répand toute au dehors, et qui n'a que le corps et la superficie des bonnes œuvres — Fléchier (1632-1710)

    Celui-là [le peuple] a un bon fonds et n'a point de dehors ; ceux-ci [les grands] n'ont que des dehors et qu'une simple superficie — La Bruyère (1645-1696)

  7. Fig. Connaissance superficielle, légère, imparfaite. Son esprit manque de profondeur, il n'a qu'une simple superficie.

    C'est une liseuse [Mme de Kerman] ; elle sait un peu de tout ; j'ai aussi une petite teinture ; de sorte que nos superficies s'accommodent fort bien ensemble — Mme de Sévigné (1626-1696)

    ....Ma foi, la cour m'ennuie ; L'esprit de ce pays n'est qu'en superficie — Regnard (1655-1709)

Étymologie : Prov. superficia ; esp. et ital. superficie ; du lat. superficies, de super, sur, et facies, face.

Historique : XIIe s. Cant [quand] nos ostons la superfice de vertut des oes [œuvres] de nostre pense XIIIe s. Mès s'il eussent des yex de lins [lynx], Ja por lor mantiaus sebelins.... Ne por lor luisans superfices.... Ne lor semblassent estre beles XIVe s. [Le crâne] dehors plains [uni] en la superfice XVIe s. La superficie exterieure du cerveau est molle Superficie est qui a longueur et largeur tant seulement

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. T. de Géométrie — Surface, étendue d’un corps solide, considéré quant à sa longueur et à sa largeur, sans égard à sa profondeur, à son épaisseur. La superficie des corps. La superficie de la terre. Mesures de superficie.

  2. Il s’emploie, dans le langage ordinaire, comme synonyme d’étendue. La superficie d’un champ, d’un jardin.

  3. En termes de Droit, La superficie cède au fonds, La surface du terrain et, en conséquence, tout ce qui est bâti ou planté dessus appartiennent au propriétaire du fonds.

  4. SUPERFICIE se dit aussi de la Surface des corps, considérée comme ayant quelque épaisseur, quelque profondeur. Enlever la superficie d’un corps.

  5. Il se dit figurément d’une Légère connaissance des choses, du manque de profondeur. Cet homme ne connaît que la superficie de beaucoup de choses. C’est un homme qui n’approfondit rien, il s’arrête à la superficie.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • superficies — pluriel — /sypɛʁfisi/
  • superficie — singulier — /sypɛʁfisi/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée superficie#59130.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.