superbe

superbe

adjectif, /sypɛʁbə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens)

Littré (1873) — entrée 1

adj.

  1. Qui est orgueilleux, d'un orgueil qui apparaît dans l'air et l'extérieur. Substantivement. Il se prend quelquefois en bonne part.

    En accordant à un homme qu'il est savant, on ne laissera pas de le convaincre qu'il a tort d'être superbe — Pascal (1623-1662)

    Le plus parfait de tous [les anges déchus] qui avait été aussi le plus superbe, se trouva le plus malfaisant, comme le plus malheureux — Bossuet (1627-1704)

  2. Qui a le caractère de la superbe, de l'orgueil.

    Alexandre reçut des lettres de Darius conçues en termes si superbes qu'il s'en offensa — Vaugelas (1585-1650)

    Modeste en ma couleur, modeste en mon séjour, Franche d'ambition, je me cache sous l'herbe ; Mais, si sur votre front je puis me voir un jour, La plus humble des fleurs sera la plus superbe — DESMARETS

  3. Il se dit des animaux qui semblent orgueilleux de leur force.

    Cependant un sanglier, monstre énorme et superbe, Tente encor notre archer.... — La Fontaine (1621-1695)

    Ses superbes coursiers, qu'on voyait autrefois, Pleins d'une ardeur si noble, obéir à sa voix — Jean Racine (1639-1699)

  4. Terme d'anatomie. Le muscle superbe, le muscle droit supérieur, ou releveur de l'œil, qui entre en action lorsque cet organe exprime l'orgueil.

  5. Il se dit des grands monuments dont la hauteur semble être un orgueil.

    L'arche qui fit tomber tant de superbes tours — Jean Racine (1639-1699)

  6. Beau, grand, magnifique, riche, somptueux. Une forêt superbe. Il se dit aussi des hommes en ce sens. C'est un homme superbe en habits, en bâtiments, en équipages. Un homme superbe, un très bel homme. Ironiquement et familièrement. Vous êtes superbe, vous avez des idées singulières, bizarres.

    Encore que la vanité tâche, en quelque sorte, d'en couvrir la honte [de la mort] par les honneurs de la sépulture, il se voit peu d'hommes assez insensés pour se consoler de leur mort par l'espérance d'un superbe tombeau — Bossuet (1627-1704)

    Tous mes sots, à l'instant changeant de contenance, Ont loué du festin la superbe ordonnance — Boileau (1636-1711)

  7. En parlant des ouvrages d'esprit, très beau. Un superbe discours. Un ouvrage superbe.

  8. Il se dit de la magnificence du temps, du ciel. Il fait un temps superbe.

    Figaro : Comment trouvez-vous cette nuit ? - Le comte : Superbe pour un amant — Beaumarchais (1732-1799)

    Oh oui ! la terre est belle et le ciel est superbe — Victor Hugo (1802-1885)

  9. S. f. La superbe, espèce de liliacée, lilium superbum, L.

Étymologie : Ital. superbo ; du lat superbus, de super, sur, et le suffixe bus (comparez acer-bus, mor-bus, etc.), qui répond au radical sanscrit bhû, être, lat. fui, grec, φύω, qui est au-dessus.

Historique : XIIIe s. Cil qui se vante et monstre d'avoir touz biens et deprise les autres, est apelez superbes et orguilleus XVIe s. Avec de si grands et superbes ennemis que sont les Turcs Il nous fit faire à Poictiers à chacun une houpelande fort superbe Tarquinius, le premier, eleva les triumphes en ceste superbe magnificence Se devoyant es façons de faire de monarchie superbe et odieuse à chascun Es-tu point superbe ? es-tu point iraconde ? [c'est un curé pédant qui parle] Voyez un peu ce bastelage des deifications anciennes : aprez la grande et superbe pompe de l'enterrement....

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (2)
  • superbes — pluriel — /sypɛʁbə/
  • superbe — singulier — /sypɛʁbə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée superbe#59124.

superbe

nom, /sypɛʁbə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens) — Académie 1935 (1 sens)

Littré (1873) — entrée 2

s. f.

  1. Orgueil avec faste et vaine gloire.

    Assez et trop longtemps l'arrogance de Rome A cru qu'être Romain c'était être plus qu'homme ; Abattons sa superbe avec sa liberté — Pierre Corneille (1606-1684)

    Si l'on ne se connaît plein de superbe, d'ambition, de concupiscence, de misère et d'injustice, on est bien aveugle — Pascal (1623-1662)

Étymologie : Provenç. superbia ; espagn. soberbia ; ital. superbia ; du lat. superbia, de superbus (voy. SUPERBE 1).

Historique : XIIe s. La superbe d'icels chi tei haïrent, munte tutes hores XVIe s. Voilà la route [déroute] qu'eut M. d'Aussun plus pour une superbe de vouloir faire quelque chose grande, que non pour faute de cœur ni de conduite

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Orgueil, arrogance. L’esprit de superbe. La superbe précipita le démon dans les enfers. Il n’est guère usité qu’en termes de Dévotion, et il a vieilli dans l’usage ordinaire.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • superbes — pluriel — /sypɛʁbə/
  • superbe — singulier — /sypɛʁbə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée superbe#59123.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.