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sujétion

sujétion

nom, féminin · /syʒesjɔ̃/ ou /syʒɛsjɔ̃/

Usage : peu fréquent (0.59 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Soutenu. État de dépendance ou de soumission à une autorité, à un pouvoir.

    Le peuple vivait dans la sujétion d'un pouvoir lointain.

    Synonyme : soumission.

    « Il gouverna sa province avec beaucoup de prudence, et y bâtit Carthage la neuve, qui tenait l'Espagne en sujétion »Bossuet (1627-1704)

    « L'esprit d'orgueil qui le domine, n'a pu supporter la moindre sujétion, ni la moindre humiliation »Bourdaloue (1632-1704)

  2. Contrainte astreignante liée à une charge, un emploi ou une situation, qui limite la liberté de celui qui y est soumis.

    Ce métier impose de lourdes sujétions d'horaires.

    Synonyme : contrainte.

    « L'affaiblissement de ma santé, les visites à rendre ou à recevoir, la sujétion des académies auxquelles malheureusement ma subsistance est attachée, me rendent la vie de Paris insupportable »D'Alembert (1717-1783)

    « Et voilà, en l'état où je suis, toute la cour que je fais, et la seule sujétion que je m'oblige de rendre »Guez de Balzac (1597-1654)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Grammaire et formes (2)
  • sujétions : pluriel · /syʒesjɔ̃/ ou /syʒɛsjɔ̃/
  • sujétion : singulier · /syʒesjɔ̃/ ou /syʒɛsjɔ̃/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 6 sens

s. f.

  1. Domination qui subjugue.

    Il [un conquérant] mettra tout sous sa sujétionPascal (1623-1662)

    Il gouverna sa province avec beaucoup de prudence, et y bâtit Carthage la neuve, qui tenait l'Espagne en sujétionBossuet (1627-1704)

  2. État de celui qui est sujet d'un prince, d'un chef.

    Le prince veut-il que je sois son sujet, quand je ne retire rien de la sujétion ?Montesquieu (1689-1755)

    Il [l'individu] devenait sujet, sans qu'on pût donner une époque de sa sujétionMontesquieu (1689-1755)

  3. État de celui qui est astreint, obligé. Il est dangereux de se faire des habitudes, elles deviennent des sujétions. Il s'est fait une sujétion de se lever tous les jours à la même heure.

    Sitôt que l'âge me permit de sortir de la sujétion de mes précepteursDescartes (1596-1650)

    Je crois que le mois d'août sera encore plus long, puisque ce sera le temps des états ; n'en déplaise à la bonne compagnie, c'est toujours une sujétion pour moi d'aller les trouver à Vitré, ou de craindre qu'ils ne viennent iciMme de Sévigné (1626-1696)

  4. L'assiduité qui est exigée ou nécessaire auprès d'une personne. C'est un homme auprès duquel il faut une grande sujétion. La sujétion d'un domestique auprès de son maître, d'une garde auprès d'un malade, d'une femme auprès de son mari.

  5. Assiduité exigée par une charge, par un emploi.

    Et voilà, en l'état où je suis, toute la cour que je fais, et la seule sujétion que je m'oblige de rendreGuez de Balzac (1597-1654)

    Les dames du palais sont dans une grande sujétionMme de Sévigné (1626-1696)

  6. Incommodités, servitudes auxquelles une maison est sujette. C'est une maison où il y a de grandes sujétions.

Étymologie : Prov. subjection ; esp. sujecion ; ital. suggezione ; du lat. subjectionem (voy. SUJET 1).

Historique : XIIe s. Li evesques de Lundres une epistle enveia Saint Thomas ultre mer.... Amur, subjectiun e saluz li manda XIIIe s. En subjection pardurable puissent il vivre ! Sers ne sours, ne mus, ne sous aagiés, ne hons qui soit en subjection d'autrui par religion, sans l'autorité de son par-dessus, ne poent recevoir arbitrage sor eus XIVe s. Bien [il] le deffenderoit encontre le glouton Qui nous cuide tenir en se [sa] subgession Pour ce est ce forte chose de tenir en subjection et de moderer telle passion laquelle nous avons dès le commencement XVe s. Ces gens d'armes prirent plusieurs villes et peti…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 4 sens

n. f.

  1. Dépendance, état de celui qui est soumis à un pouvoir, à une domination. Vivre dans la sujétion. Tenir dans la sujétion. S’affranchir de la sujétion. Demeurer dans la sujétion qu’on doit aux lois.

  2. Il se dit aussi de l’état de celui qui est astreint à quelque nécessité, obligé à quelque chose. Tous les besoins de la vie sont de grandes sujétions. Il est dangereux de se faire certaines habitudes, elles deviennent ensuite des sujétions. L’obligation de veiller une partie de la nuit lui est une dure sujétion.

  3. Il se dit encore de la Nécessité où l’on est de ne pas s’éloigner d’un endroit, de ne pas quitter une personne. La surveillance de cet établissement m’a été confiée : c’est pour moi une grande sujétion. Cette mère n’a personne pour s’occuper de ses enfants : c’est pour elle une sujétion de tous les instants.

  4. Il se dit également de l’Assiduité que demande une charge, un emploi. C’est un emploi qui comporte une grande sujétion. Je n’ai pas accepté ce poste en raison de la sujétion à laquelle on y est astreint.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée sujétion#59070.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.