sujet

sujet

adjectif, /syʒɛ/

Définitions

  1. Exposé, enclin à quelque chose de fâcheux ou de récurrent.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Soumis à l'autorité d'un État, d'un souverain ou d'une loi.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  3. Tenu de supporter une charge, une obligation ou un impôt.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) — Académie 1935 (10 sens)

Littré (1873) — entrée 1

adj.

  1. Qui est dans la dépendance, qui est obligé d'obéir. Nous sommes tous sujets aux lois et aux coutumes du pays où nous vivons. Être sujet à l'heure, au coup de marteau, au coup de cloche, au coup de sonnette, se dit des gens qui sont obligés d'être quelque part à heure fixe, ou de faire quelque chose à une heure précise, d'ouvrir leur porte et de laisser entrer quand on frappe, de se rendre où la cloche les appelle, de venir au bruit de la sonnette. Terme de féodalité. Pays sujet, fief dépendant d'un état souverain.

    Volontés sujettes — Pierre Corneille (1606-1684)

    ....que le pape est maître de l'un et de l'autre glaive, tant spirituel que temporel, et que toute humaine créature lui est sujette — Pascal (1623-1662)

  2. Soumis par conquête.

    Rome est sujette d'Albe, et vos fils sont défaits — Pierre Corneille (1606-1684)

    N'eût-il que d'un moment reculé sa défaite, Rome eût été du moins un peu plus tard sujette — Pierre Corneille (1606-1684)

  3. Absolument. Qui est tenu à un service fort assidu. Ce maître tient ses domestiques fort sujets. Qui ne peut s'éloigner, s'écarter. Cette femme est fort sujette auprès de son mari. Il se dit d'un emploi, d'un métier qui exige une grande assiduité. On est fort sujet dans cet emploi. Terme de manége. Tenir un cheval sujet, le soutenir quand il se traverse.

    Les grands du monde tiennent leurs enfants sujets, parce qu'ils font consister leur gloire à les perfectionner selon le monde — Bourdaloue (1632-1704)

  4. Assujetti à supporter quelque charge, à payer certains droits. Tout propriétaire est sujet à l'impôt foncier. Il est sujet à telle redevance, à telle servitude.

    Ils [les Athéniens] créèrent des gouverneurs ou présidents perpétuels, mais sujets à rendre compte de leur administration — Bossuet (1627-1704)

  5. Astreint à quelque nécessité inévitable.

    Dieu, en punition, le rendit [l'homme] sujet à la mort — Pascal (1623-1662)

  6. En péril de.

    La vertu n'était pas sujette à l'ostracisme — Boileau (1636-1711)

  7. Porté à... par inclination ou par habitude. Il est sujet à s'enivrer. On dit de même : sujet au vin ; sujet aux femmes ; sujet à ses goûts ; sujet à ses plaisirs, etc.

    L'ouvrier sujet au vice ne deviendra jamais riche — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

    Certains poëtes sont sujets, dans le dramatique, à de longues suites de vers pompeux — La Bruyère (1645-1696)

  8. Qui est exposé à éprouver fréquemment certains accidents, en parlant des personnes. Il est sujet à caution, se dit d'un homme à qui il ne faut pas trop se fier. Cela est sujet à caution, cela est exposé à ne pas durer. Il se dit, en un sens analogue, des choses. Cette démarche est sujette à bien des inconvénients, cette entreprise est sujette à bien des difficultés, il y a des inconvénients à faire cette démarche, des difficultés à exécuter cette entreprise. Ce passage est sujet à plusieurs interprétations différentes, on peut l'interpréter de plusieurs manières différentes.

    J'ai toujours été sujette à suer — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Je vous plains d'être sujette à des humeurs noires qui vous font assurément beaucoup de mal — Mme de Sévigné (1626-1696)

  9. S. m. et f. Celui, celle qui est soumis à une autorité souveraine, soit qu'il s'agisse d'un roi, d'une république ou de tout autre souverain. Corneille l'a dit d'une ville. Fig. et familièrement. Il est bon prince, il ne foule pas ses sujets (voy. FOULER, n° 5).

    Aussitôt qu'un sujet s'est rendu trop puissant, Encor qu'il soit sans crime, il n'est pas innocent — Pierre Corneille (1606-1684)

    Le monarque prudent et sage De ses moindres sujets sait tirer quelque usage — La Fontaine (1621-1695)

Étymologie : Bourguig. seujai ; provenç. subjet, suget, sosget ; catal. subjecte ; espagn. sugeto ; portug. sujeito ; ital. soggetto ; du lat. subjectus, de sub, sous, et jacere, jeter.

Historique : XIIe s. E tute Ydumée lui fud subjecte e rendid chevage et treüd XIIIe s. À cui doi ge estre souzgiez se à Dieu non ? Li sires et si subjit ont relation ensemble aussi comme uns artiens à son instrument Bestes i ot de grant maniere, Foibles et fors, granz et petites, Qui totes sont au roi sougites Avez-vous guerre à lui emprise, Por ce que il vous aime et prise, Et que il est vostre subgiez ? Ce fu l'omme du monde [St Louis] qui plus se traveilla de paiz entre ses sousgiz XVe s. Nous sommes subgietz à la couronne de France Princes qui ont peuples à gouverner [St Louis] Ne se doivent pas trop h…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

adj.

  1. Qui est soumis, subordonné, qui est dans la dépendance, qui est obligé d’obéir. Nous sommes tous sujets aux lois et aux coutumes du pays où nous vivons. être sujet aux ordres de quelqu’un. Il est vieux en ce sens.

  2. Il signifie spécialement Qui est soumis par la conquête. L’égypte était sujette des Perses.

  3. Il signifie aussi Qui est obligé à supporter certaines charges et à payer certains droits. Tout propriétaire est sujet à l’impôt foncier. Il est sujet à telle servitude. Il est vieux.

  4. Il signifie également Qui est astreint à quelque nécessité inévitable. Tous les hommes sont sujets à la mort. La nature humaine es sujette à beaucoup d’infirmités.

  5. Il signifie encore Qui a accoutumé de faire quelque chose, qui s’y trouve porté par inclination ou par habitude. Il est sujet à boire, à s’enivrer. Il est sujet à cette faute.

  6. Il signifie aussi Qui est exposé à éprouver fréquemment certains accidents. Tout homme est sujet à l’erreur, sujet à se tromper. être sujet à la migraine. Ce pays est sujet aux inondations, aux tremblements de terre. Ces couleurs sont sujettes à changer.

  7. Cette démarche est sujette à bien des inconvénients, cette entreprise est sujette à bien des difficultés, Il y a bien des inconvénients à faire cette démarche, il y a bien des difficultés à surmonter pour réussir dans cette entreprise.

  8. Ce passage est sujet à plusieurs interprétations différentes, Il est susceptible de différentes interprétations.

  9. Fam., Il est sujet à caution se dit d’un Homme auquel il ne faut pas trop se fier.

  10. SUJET s’emploie aussi comme nom et désigne Celui qui est soumis à une autorité souveraine. Il était né sujet de ce roi. C’est un prince qui aime ses sujets. Ce souverain fut le père de ses sujets.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (4)
  • sujettes — pluriel féminin — /syʒɛtə/
  • sujets — pluriel masculin — /syʒɛ/
  • sujette — singulier féminin — /syʒɛtə/
  • sujet — singulier masculin — /syʒɛ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée sujet#59069.

sujet

nom, masculin, /syʒɛ/

Définitions

  1. Matière dont traite un texte, une œuvre ou une conversation.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Cause, motif qui donne lieu à quelque chose.

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  3. Mot ou groupe de mots dont on affirme ou nie quelque chose dans une phrase.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  4. Personne placée sous l'autorité d'un souverain ou d'un État.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Voir aussi : forme féminine sujette

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (12 sens) — Académie 1935 (15 sens)

Littré (1873) — entrée 2

s. m.

  1. Cause, raison, motif.

    Le monde a sujet de se plaindre — Guez de Balzac (1597-1654)

    Lorsqu'il est question d'une certitude métaphysique, on ne peut nier que ce ne soit assez de sujet pour n'en être pas entièrement assuré [de l'existence des corps], que d'avoir pris garde qu'on peut s'imaginer, étant endormi, qu'on a un autre corps — Descartes (1596-1650)

  2. Matière sur laquelle on compose, on écrit, on parle. Être plein de son sujet, l'avoir bien médité, bien pénétré.

    Le sujet [du Menteur] m'en a semblé si spirituel et si bien tourné, que j'ai dit souvent que je voudrais avoir donné les deux plus belles [pièces] que j'ai faites, et qu'il fût de mon invention — Pierre Corneille (1606-1684)

    Vous n'avez point de sujets affectés pour le faire paraître [l'esprit], vous parlez, vous jugez de tout également bien — MÉRÉ

  3. Il se dit des personnes qui sont objet, sujet, motif de quelque chose. Au sujet d'une personne, sur le sujet d'une personne, relativement à elle. Être sur le sujet de quelqu'un ou de quelque chose, en parler, en causer.

    Ce doit vous être assez de m'avoir abusée, Sans faire encor de moi vos sujets de risée — Pierre Corneille (1606-1684)

    De maints tournois elle fut le sujet — La Fontaine (1621-1695)

  4. Il se dit en parlant des arts. Sujet de tableau tiré de la Fable, de l'Écriture, de l'histoire.

  5. Terme de musique. Air sur lequel on fait les parties. Particulièrement. La phrase qui commence une fugue et qui lui sert de thème.

  6. Objet d'une science. Le sujet de la médecine est l'étude des maladies.

  7. En logique et en grammaire, terme essentiel de toute proposition, celui dont on affirme ou nie quelque chose. Sujet grammatical, le mot auquel le verbe se rapporte ; sujet logique, la réunion de tous les mots qui servent à exprimer le sujet. Dans : l'objet de vos moqueries va venir, le sujet grammatical est l'objet, par opposition au sujet logique, qui est l'objet de vos moqueries.

    Il y a quatre sortes de sujets : 1° sujet simple, tant au singulier qu'au pluriel ; 2° sujet multiple ; 3° sujet complexe ; 4° sujet énoncé par plusieurs mots qui forment un sens total et qui sont équivalents à un nom — Dumarsais (1676-1756)

    Le sujet exprime, tantôt une idée universelle et qui convient à plusieurs individus, comme celle d'homme, d'animal ; tantôt une idée singulière, et qui ne convient qu'à un individu, comme celle de Callias, de Socrate — Jean-Jacques Barthélemy (1716-1795)

  8. Terme de philosophie. L'être qui a conscience de lui-même, par opposition à objet. Le sujet et l'objet.

  9. Personne par rapport à sa capacité, à sa conduite. C'est un grand sujet, un digne sujet, un plat sujet, un mince sujet, un pauvre sujet. Il se dit, en ce sens, des femmes. Un bon sujet, un homme qui se conduit bien. Bon sujet se dit aussi, dans les colléges, d'un écolier qui étudie et travaille bien. Mauvais sujet, homme livré au désordre, à l'inconduite. Mauvais sujet se prend quelquefois en un sens moins défavorable, pour étourdi, folâtre, qui fait des sottises, mais dont le cœur reste bon et les manières aimables. On dit de bons, de mauvais sujets, quand on considère les deux mots comme séparés dans la locution ; et des bons, des mauvais sujets, quand on les considère comme unis.

    Il y a encore quelques autres sujets de son âge dont nous devons espérer beaucoup — Guez de Balzac (1597-1654)

    La bonté, qui est si aimable en tous les sujets où elle se trouve — Voiture (1597-1648)

  10. Terme de jardinage. L'arbre qu'on destine à être greffé, ou que l'on soumet à cette opération.

    L'observation des phénomènes que présente l'union de la greffe au sujet — Condorcet (1743-1794)

  11. Terme d'anatomie. Cadavre que l'on dissèque. La difficulté de se procurer des sujets. En termes d'histoire naturelle, un être qu'on examine.

    On avait fait l'honneur au sujet décrit et dessiné par M. Edwards, de lui arracher les pieds et les jambes comme à un véritable oiseau de paradis — Buffon (1707-1788)

  12. Être vivant qui est l'objet des soins de la médecine ou de l'hygiène. Les animaux domestiques sont les sujets de l'hygiène vétérinaire. Ce malade est un bon sujet, un mauvais sujet, il est d'une bonne ou d'une mauvaise constitution.

    On trouve quelquefois des sujets de l'un ou de l'autre sexe, auxquels on ne peut mettre sans danger des vésicatoires avec les cantharides — PORTAL

    Fagon, sujet aux atteintes du haut mal, était un méchant sujet en termes de chirurgie — Saint-Simon (1675-1755)

Étymologie : Sujet 1.

Historique : XIVe s. Et delettacion parfait operacion, non pas comme un habit parfait son subjet en quoy il est XVIe s. Si on n'occupe les esprits à certain subject qui les bride C'est un subject continuel de torment Certes c'est un subject merveilleusement vain, divers et ondoyant, que l'homme : il est malaysé d'y fonder jugement constant et uniforme À peine trouveras-tu jamais la veine porte semblable en deux sujets, pour la varieté de l'individu

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Cause, raison, motif. Il vous a querellé sans sujet, pour un sujet fort léger. Vous ne lui en avez point donné sujet. J’ai sujet de me plaindre. à quel sujet avez-vous fait telle chose? Il lui a donné des sujets de plainte. Il a plus d’un sujet d’affliction. Voilà le sujet de leur querelle, de leur rupture.

  2. Il désigne aussi la Matière sur laquelle on écrit, de laquelle on parle. Quel est le sujet de son livre? Tel était le sujet de leur conversation, de leur entretien, de leur dispute. Un sujet de comédie. Sujet fécond. Sujet stérile. Sujet difficile. Un vieux sujet. Un sujet rebattu, usé. Un sujet neuf, heureux. Traiter un sujet. Méditer un sujet, sur un sujet. Trouver un sujet de poème, de tragédie. Il a pris le sujet de sa pièce dans tel ouvrage. Cette anecdote lui a fourni le sujet de sa nouvelle. On a déjà beaucoup écrit sur ce sujet. Travailler sur un sujet. épuiser un sujet. Sortir de son sujet. Dominer son sujet. être au-dessous de son sujet.

  3. être sur le sujet de quelqu’un, Parler de lui. Quand vous êtes entré, nous étions sur votre sujet.

  4. être plein de son sujet, L’avoir bien médité, en être bien pénétré.

  5. SUJET se dit également en ce sens en parlant des Arts. Le sujet de ce tableau est l’entrée de Notre-Seigneur dans Jérusalem. Les batailles de Louis XII et de François Ier sont les sujets des bas-reliefs qui sont autour de leurs tombeaux. Sujet de tableau tiré de la mythologie, de l’histoire.

  6. En termes de Musique, Sujet d’une fugue, Phrase qui la commence et qui lui sert de thème.

  7. SUJET, en termes de Logique et de Grammaire, désigne le Terme de toute proposition duquel on affirme ou l’on nie quelque chose. Dans cette proposition : Le soleil est grand, Soleil est le sujet, et Grand est l’attribut. Le sujet, le verbe et les compléments.

  8. En termes de Philosophie, il se dit de la Personne qui perçoit, par opposition à l’objet perçu.

  9. SUJET se dit encore d’une Personne qu’on juge d’après sa capacité, ses talents, ses moeurs. L’homme dont vous parlez n’est pas un sujet capable de remplir cet emploi. C’est un sujet précieux pour une administration. C’est un bon sujet. C’est un mauvais sujet, un sujet médiocre.

  10. En termes de Médecine, il désigne la Personne sur laquelle on fait des observations. Ce médecin aliéniste a trouvé un sujet qui lui sert pour ses expériences.

  11. AU SUJET DE

  12. loc. prép.

  13. Relativement à, à cause de. Il a reçu des reproches au sujet de sa conduite.

  14. à son sujet, Sur lui, relativement à lui.

  15. à ce sujet, Relativement à ce dont on vient de parler.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • sujets — pluriel — /syʒɛ/
  • sujet — singulier — /syʒɛ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée sujet#59068.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.