sueur

sueur

nom, féminin, /syœʁ/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Humeur aqueuse versée à la surface de la peau et condensée en gouttelettes, par suite d'élévation de la température extérieure, de suspension momentanée de la respiration, de mouvements ou d'efforts énergiques et prolongés, de certaines émotions et de certaines conditions morbides. Sueur fétide, sueur de la fièvre typhoïde, de la suette et d'autres maladies, durant lesquelles cette sécrétion exhale une odeur désagréable. Sueur bleue, sueur qui tache le linge en bleuâtre, ou en verdâtre. Fig. Gagner sa vie, gagner son pain à la sueur de son corps, à la sueur de son front, à la sueur de son visage, le gagner en travaillant beaucoup.

    Seigneur, voyez ses yeux.... Cette affreuse sueur qui court sur son visage, Cette gorge qui s'enfle — Pierre Corneille (1606-1684)

    Sueur de sang découla d'elle — Scarron (1610-1660)

  2. La sortie de cette humeur. Cela provoque la sueur. Son mal s'en ira par les sueurs. Fig. Couvrez-vous, la sueur vous est bonne, se dit à celui qui se couvre devant des gens à qui il doit du respect.

    La sueur dont il [Tschirnhaus] fait grand cas, et à laquelle il a toujours recours, est en même temps une précaution et un remède — Fontenelle (1657-1757)

  3. Au plur. Fig. Les peines qu'on s'est données pour réussir. Une terre fécondée par les sueurs de l'homme. Il se dit aussi en ce sens au singulier.

    J'apporte quelque argent, le fruit de mes sueurs — Thomas Corneille (1625-1709)

    Plusieurs empereurs chinois, assez sages, assez humains pour épargner la sueur et ménager la vie de leurs sujets, ont défendu l'extraction des mines dans toute l'étendue de leur domination — Buffon (1707-1788)

Étymologie : Wallon, souweur ; provenç. suzor, suor ; espagn. sudor ; ital. sudore ; du lat. sudorem ; anglo-sax. swât ; anc. haut-allem. sveiz ; sansc. svêdâ.

Historique : XIIe s. Chescun i out la char moillie de suor N'i a Normant tant pros [preux] qui en suor ne fut XIIIe s. Mult issoit sovent grant puor De lor robes por la suor XVe s. Les grosses goutes de sueur Lui saillent de peine et labeur Cette derniere maniere qu'il avoit apprinse à la sueur de sa bourse Lors le bon homme la couvre bien, que le vent n'y entre, pour lui faire boire sa sueur, et lui dit : m'amie, gardés bien vostre sueur, et je feroy bien faire la besongne XVIe s. Et quand ils ont prou esté en ceste sueur [frayeur], ils trouvent à la fin que ce n'est rien Les fievres pestilentes, les epid…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Humeur aqueuse qui sort par les pores de la peau. Sueur abondante. Sueur fétide. Sueur rentrée. Une sueur froide. La sueur de la mort. La sueur me vint au front. La sueur inondait mon visage. Il était tout en sueur, tout dégouttant de sueur.

  2. Fig., Gagner son pain à la sueur de son front, Gagner sa vie en travaillant beaucoup, en se donnant beaucoup de peine.

  3. SUEUR se dit aussi de l’Action de suer. Cela provoque la sueur. Il lui prit une petite sueur.

  4. Sueur de sang, Sang qui sort par les pores dans certaines maladies.

  5. SUEURS se dit figurément, au pluriel, des Peines qu’on s’est données pour réussir à quelque chose. Après bien des fatigues et des sueurs, il est venu à bout de son entreprise. Une terre fécondée par les sueurs de l’homme.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • sueurs — pluriel — /syœʁ/
  • sueur — singulier — /syœʁ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée sueur#59003.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.