subtilité

subtilité

nom, féminin, /syptilite/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Qualité de ce qui est subtil, ou de celui qui est subtil. La subtilité du poison. La subtilité d'un escamoteur. Subtilité d'esprit.

    On dira que je cède à la difficulté, Que je me trouve à bout de ma subtilité — Molière (1622-1673)

    J'admirai sur ces passages de voir que la piété du roi emploie sa puissance à défendre le duel dans ses États ; et que la piété des jésuites occupe leur subtilité à le permettre et à l'autoriser dans l'Église — Pascal (1623-1662)

  2. Ruse dans les affaires. La subtilité en affaires est bien voisine de la friponnerie.

    Il [M. le Tellier] s'appliqua à séparer les formalités nécessaires d'avec ces procédures obliques et ces malignes subtilités que l'avarice a introduites dans les affaires — Fléchier (1632-1710)

  3. Raisonnement, distinction subtile et difficile à comprendre.

    Ces subtilités admirables qui sont propres à notre compagnie [jésuites], et que nos pères de Flandres appellent de pieuses et saintes finesses et un saint artifice de dévotion — Pascal (1623-1662)

    .... une conversation d'une après - dînée de chez Gourville, où étaient Mme Scarron et l'abbé Testu, sur les personnes qui ont le goût au-dessus ou au-dessous de leur esprit ; nous nous jetâmes dans des subtilités où nous n'entendions plus rien — Mme DE LA FAYETTE

Étymologie : Bourg. sutillitai ; prov. sublilitat, sotiledat ; esp. sutilidad ; ital. sottilità ; du lat. subtilitatem, de subtilis, subtil. On disait aussi subtillesse.

Historique : XIIe s. La suptiliteit de la deventriene [intérieure] parole XIIIe s. Lorsque il [saint Jean l'évangéliste] reposa sor le piz [le sein] Jhesu Crist, en but il aussi com d'une fontaine ; ce fu la haute sotilleté de l'evangile Car tex [telles] gens vuelent groses choses Sans grant sottiveté de gloses Li vins, quand il vint [vient] en le [la] forcele [estomac], par subtilité ne demeure mie tant qu'il soit cuit XIVe s. L'en n'est pas tenu assavoir les difficultés ou subtilités de droit Par l'ennortement et soutiveté de l'ennemi XVe s. Comment on pourroit tous les pilotis oster et traire hors par f…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Caractère de ce qui est subtil, aux divers sens du mot. La subtilité des atomes, des parties de la matière. La subtilité de l’air. La subtilité d’un poison. La subtilité des sens. Subtilité d’esprit. Trop de subtilité dans les affaires ne sert qu’à les gâter. Il argumente, il discute, il raisonne avec beaucoup de subtilité.

  2. Il se dit aussi, surtout au pluriel, des Distinctions, des raisonnements qui sont trop raffinés et qui échappent à l’intelligence. Je ne suis point la dupe de ses subtilités. De pareilles subtilités sont indignes de lui.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • subtilités — pluriel — /syptilite/
  • subtilité — singulier — /syptilite/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée subtilité#58930.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.